Histoire d’une réforme

Autres informations / 24.06.2009

Histoire d’une réforme

Nouveau Jockey Club”…

 

 

Lorsque France Galop a réformé la filière classique, il l’a

fait au nom d’une philosophie d’ensemble : assurer une progression graduelle

des distances. Voici les principaux arguments qui expliquaient la réforme.

Chacun pourra, avec le recul de cinq années, se faire son idée sur le sujet.

- Une augmentation progressive des distances

Le raccourcissement du Prix du Jockey Club s’inscrit dans

une perspective   d’augmenter  progressivement la distance de la sélection

classique des 3ans, en fonction de la maturité et de l’aguerrissement des

compétiteurs : plutôt 1.600m en début d’année, autour de 2.000m dans la suite

du premier semestre, puis 2.400m à partir de l’été et surtout à l’automne.

- L’intensité de la compétition appelle le progressif

L’animal et la concurrence se sont modifiés, et très rares

sont les compétiteurs qui sont aujourd’hui capables d’affronter victorieusement

plusieurs courses éprouvantes sur de longues distances. L’intensité de la

compétition, inter- nationale à ce niveau, demande une gradation des efforts.

Les 2.400m au début du mois de juin peuvent être une épreuve marquante pour les

compétiteurs qui y participent, à qui l’on demande d’aller au bout de leurs

possibilités physiques et psychiques.

- Un test complet de sélection

Les 2.100m de Chantilly demeurent cependant un test de

tenue. Un cheval qui serait dépourvu de toute tenue ne peut gagner sur les

2.100m de Chantilly, du fait du profil de la piste qui monte vers l’arrivée. Un

“Jockey Club” sur 2.100m appelle toutes les qualités, vitesse et tenue,

requises par la sélection classique, sans pour autant demander aux compétiteurs

un effort excédant leur possibilité à cette époque de la saison. Couru sur

2.100m, le Prix du Jockey Club devient un test classique idéal dans le contexte

du début juin, dans la mesure où il demande à la fois tenue et classe.

- 2.100m de Chantilly : un parcours très sélectif

Dans la même direction, l’argument principal qui autorise la

réduction de distance du “Jockey Club” est la sélectivité intrinsèque de la

piste de Chantilly. Jamais les dirigeants de France Galop n’auraient émis

l’hypothèse de courir un Prix du Jockey Club sur 2.100m à Longchamp ou à Saint

Cloud.

Les 2.400m de Chantilly ont toujours eu la réputation d’être

plus difficiles que les 2.400m d’Epsom, ce qui pourrait surprendre mais est

vrai. Pour preuve de cette opinion unanime parmi les “anciens”, la France a eu

la chance d’avoir, dans les années 1970, des champions tels Blushing Groom et

Irish River. Or les entourages de ces cracks, confrontés à l’échéance du test

classique, n’étant pas assuré de la tenue de leur champion, ont décidé d’aller

à Epsom plutôt qu’à Chantilly.

- Attirer plus de partants

La réforme a aussi pour but déclaré d’attirer vers le Prix

du Jockey Club les gagnants et placés de la Poule d’Essai et des Guinées. Il

est clair qu’un “Jockey Club” sur 2.100m représente une possibilité plus

“accessible” pour ceux qui veulent s’essayer.

La conséquence de cette “attirance” a été de revaloriser le

prestige du “Jockey Club” qui a regroupé une quantité de partants supérieure

avec les challengers venant de 1.600m comme Shamardal en 2005, Lawman et

Literato en 2007, et Silver Frost et Le Havre cette année.

 

Nouveau Jockey Club”… HISTOIRE…

Un “Jockey Club” correspondant aux critères de la sélection

des étalons potentiels

Cette revalorisation du “Jockey Club” a été le signe d’une

relance du niveau global de nos courses et de notre élevage. Il est trop tôt

pour mesurer les effets de la réforme en matière de sélection de grands

reproducteurs, si ce n’est que les débuts de Shamardal sont bons, ainsi que les

yearlings d’Hurricane Run.

 

Quels sont les facteurs qui dominent actuellement dans le

choix des futurs étalons en Europe ? Une majorité d’éleveurs apprécie le

critère classique de la preuve de tenue d’un futur étalon, mais cette tenue

n’est réellement valorisée qu’à la condition que cet animal ait fait preuve de

vitesse (comme Sea the Stars), soit dans sa façon de cou- rir, soit dans les

distances sur lesquelles il a excellé. C’est pourquoi le test de Chantilly sur

2.100m apparaît comme une conjugaison des critères que recherchent actuellement

les éleveurs : un cheval de tenue capable d’avoir suffisamment de vitesse pour

gagner sur 2.100m.

 

2.100m : distance classique… dans le “Diane”

La distance de 2.100m est-elle, oui ou non, une distance

classique ? La réponse peut être positive au regard du Prix de Diane, dont le

classicisme n’a jamais été remis en cause, malgré ses trois cents mètres de

moins par rapport aux Oaks d’Epsom (2.400m).

 

Le carrefour classique

La modification réalisée confère un statut de “carrefour“ à

ce test classique sur 2.100m. La course fonctionne alors comme une pré-zone de

“bifurcation” qui décidera de la spécialisation du cheval :

- ou bien il montera vers 2.400m (Hurricane Run, Zambezi

Sun, Montmartre)

- ou bien il restera sur les distances intermédiaires entre

le mile et 2.000m (Shamardal, Aussie Rules, Lawman, Literato, Le Havre et

Silver Frost qui vont sur le “Jacques Le Marois”)

Ce statut de “carrefour de bifurcation”, conféré par la

distance de 2.100m, permet de lutter contre une filiarisation précoce des

compétiteurs.

L’instauration d’un “Jockey Club” sur 2.100m retarde ces

cloisonnements qui sont contraires à l’esprit de la sélection. En laissant

ouvertes toutes les options, il est une antidote à la

filiarisation-spécialisation précoce qui affadit la compétition et qui enfreint

la vraie sélection qui est de faire émerger les meilleurs capables de gagner

sur toutes les distances.

 

Resituer  le  Prix 

du  Jockey  Club 

par   rapport au Grand Prix de

Paris

Le nouveau Grand Prix de Paris (Gr1) en juillet sur 2.400m,

permet aux meilleurs chevaux d’aborder, pour ceux qui le veulent, les 2.400m

traditionnels avec plus de maturité et donc plus de résistance (cf. Rail Link).