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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

La plus grande œuvre d’art connoisseur

Autres informations / 21.06.2009

La plus grande œuvre d’art connoisseur

Golden Jubilee Stakes (Gr1)

Progressivement, les

étrangers et favoris J J The Jet Plane (Jet Master), présenté par Mike de Kock,

et Sacred Kingdom (Encosta de Lago), champion sprinter d’Hongkong, ont perdu de

leur superbe dans la phase finale des Golden Jubilee Stakes (Gr1). Le duel

attendu n’a pas eu lieu, certes, mais l’épreuve n’a pas été vaine, puisqu’elle

a remis en lumière le talent d’Art Connoisseur (Lucky Story), qui avait un peu

disparu de la circulation ces derniers temps. Et pour cause, ce 3ans n’avait disputé

qu’une course cette année (7e de l’European Free Handicap (L) à Newmarket). En

fait il fallait se souvenir du début de carrière fulgurant de ce sprinter et de

son impressionnante victoire dans les Coventry Stakes (Gr2) en juin 2008 à…

Royal Ascot.

Le caractère le plus

remarquable de cette victoire est qu’elle offre les honneurs à un 3ans. La

tâche était ardue et Art Connoisseur rejoint au palmarès une palette de

sprinters de grands talents qui ont réussi cette prouesse au même âge. Figurent

dans ce cas Kingsgate Native (Mujadil) l’an dernier, Danehill (Danzig), en

1989, ou autres Big Shuffle (Super Concorde), en 1987. « C’était un garçon qui

courait contre des hommes » commentait Michael Bell, son entraîneur. Mais

depuis samedi, Art Connoisseur est devenu un “homme“ en accédant au niveau

Groupe 1.

 

Où l’on reparle des Coventry

Stakes

Les Coventry Stakes (Gr2),

disputés le premier jour de Royal Ascot sont une course très prisée pour 2ans.

Cette année, ils ont mis en avant le talent naissant de Canford Cliffs

(Tagula), qui s’y est imposé de six longueurs et, en 2007, c’était

Henrythenavigator (Kingmambo) qui s’y imposait au prix d’une performance

extraordinaire (un cheval s’était “appuyé” sur lui tout au long des 400

derniers mètres). Entre eux deux, c’est Art Connoisseur qui a glané

 

 

Art Connoisseur rattrape le

temps perdu

Après sa victoire dans les

Coventry Stakes, Art Connoisseur avait terminé deuxième de M a s t e r c r a f

t s m a n (Danehill Dancer) dans les Phoenix Stakes (Gr1), rappelait Michael

Bell, son entraîneur, avant d’ajouter : « Ensuite, il s’est blessé à un os du

canon dans les Gimcrack Stakes (Gr2 – le 22 août), ce qui a clôturé sa saison.

Pour sa rentrée, nous l’avons couru dans le Free Handicap (1.400m – Newmarket),

pour voir s’il tenait le mile en vue d’une participation aux Guinées. Mais il

nous a clairement montré lors de cette course que c’était un pur sprinter. Dès

lors, les Golden Jubilee sont devenus sa cible. Mais j’aurais été plus confiant

s’il n’avait connu un léger contretemps dans sa préparation il y a un mois en

raison d’un problème de santé. Il a bénéficié d’une phase de convalescence,

pendant deux semaines, durant lesquels il a nagé deux fois par jour. Puis il

est revenu à la maison. »

 

Une victoire qui donne raison

à Michael Bell

Toujours sur l’histoire de

son cheval Michael Bell poursuivait : « L’an dernier, après sa victoire dans

les Coventry Stakes, nous avions reçu des propositions d’achat importantes. Son

copropriétaire, Richard Green, et moi – je possède une partie du cheval – les

avons déclinées et, durant l’hiver, je regrettais ce choix. Mais maintenant, je

vois que j’ai pris la bonne décision. »

 

 

 

Un retour en boulet…de

Cannonball

À mi-course, Olivier Peslier,

en selle sur l ’ a m é r i c a i n C a n n o n b a l l (Catienus) ne semblait

pas devoir jouer les premiers rôles. Mais, mètre après mètre, le cheval a pris

son action et a “grignoter” ses rivaux pour venir échouer à une encolure d’Art

Connoisseur. On peut même penser que, si la course s’était prolongée un peu, Cannonball

aurait pu s’imposer. Après cette deuxième place, Olivier Peslier nous

expliquait : « Il fallait y croire. J’ai “poussé” toute la route, car il est

très froid. Plus ça allait, plus il avançait, “grignotant” du terrain sur les

premiers. Cette deuxième place est excellente. » Ce pensionnaire de l’américain

Wesley Ward n’a donc pu imiter les deux autres “yankees”, victorieux cette

semaine. Cannonball figurera pourtant au tableau d’or de Royal Ascot 2009.

C’est le seul concurrent – tous pays d’entraînement confondus – à avoir foulé

deux fois la piste pendant le meeting. Il avait, en effet, participé aux King’s

Stand Stakes (Gr1, 1.000m), mardi dernier, y prenant la sixième place.

L’audacieux et récompensé Wesley Ward a commenté cette course. « J’étais très

excité à l’idée de participer à cette course et je voulais vraiment la gagner

pour M. Ramsey (propriétaire de Cannonball, ndlr). J’étais un peu déçu que John

Velasquez n’ait pu le monter mais Olivier (Peslier, ndlr), a fait du très bon

boulot. »

 

 

 Golden Jubilee Stakes (Gr1)

Du côté des battus et des

déçus

J J The Jet Plane a montré le

chemin et, après avoir paru com plètement battu, il est revenu, au courage,

reprendre la quatrième place. Il dominait ainsi Sacred Kingdom, cinquième. Ce

dernier n’a jamais fait sérieusement illusion pour un bon clas sement. Son

jockey attitré depuis trois couses, Brett Prebbles, expliquait cette

contre-performance : « Il a bien couru, bien que nous soyons un peu déçus de ne

pas avoir gagné. Je pense que les tracés plats conviennent mieux à mon cheval,

qui est un pur sprinter. A Hongkong et Singapour, un homme est placé dans

chaque stalle pour garder le cheval calme. Sans cet accompagnement aujourd’hui,

mon cheval s’est montré tendu. Vous n’avez pas vu le vrai Sacred Kingdom, il

n’a pas fait sa vraie valeur. Aux vues de ces différentes circonstances, nous

ne sommes pas déçus tant que cela, et nous le recourrons sur des tracés qui lui

conviennent mieux. »

Lauréat l’an dernier de ces

Golden Jubilee Stake, Kingsgate Native, représentant de Cheveley Park Stud,

avait été envoyé au haras pour la saison de monte 2009, mais il n’y a fait

qu’un passage éclair, revenant à la compétition il y a quelques mois. Il

faisait sa rentrée dans ce Gr1 et y ter mine avant-dernier, après avoir suivi

les premiers jusque dans les 200 derniers mètres. Chris Richardson, manager de

Cheveley Park Stud, disait après la course : « Nous sommes un peu déçus. Mais

il a été “off” pendant la phase de préparation de début de saison. C’était sa

rentrée et je suis sûr qu’il va monter sur cette course et pourra courir encore

quelques années. Désormais, nous pourrions aller sur le July Cup (Gr1). »