Michel zerolo : « j’ai failli ne pas acheter elusive wave. la décision a tenu à peu de chose… »

Autres informations / 18.06.2009

Michel zerolo : « j’ai failli ne pas acheter elusive wave. la décision a tenu à peu de chose… »

La Grande Interview

 

Après la formidable victoire

de Stacelita (Monsun) dans le Prix de Diane (Gr1), Jean-Claude Rouget aborde un

nouveau challenge de taille au meeting de Royal Ascot : décrocher les

Coronation Stakes avec la gagnante de la Poule d’Essai des Pouliches (Gr1),

Elusive Wave (Elusive City). Mais à cette réussite, c’est tout le team “Rouget”

qu’il faut associer. En travaillant avec Martin Schwartz, propriétaire américain,

Michel Zerolo a acheté les deux lauréates des classiques français.

 

Jour de Galop.– Comment

avez-vous connu Martin Schwartz ?

Michel Zerolo.– Je l’ai

rencontré aux ventes de 2ans à Keeneland, il y a trois ans. Depuis, j’achète

pour lui cinq chevaux par an. Cela a toujours été constant, c’est un

propriétaire qui privilégie la qualité à la quantité.

 

Quel profil de chevaux

l’intéresse ?

Les très bons chevaux ! En

général, je m’occupe de tout ce qui est de l’ordre du pedigree. Lui est un

ancien analyste financier. Comme il étudiait ses graphes en finance, il regarde

la progression des chevaux à intervalle régulier. Il est féru de ratings, c’est

sa martingale à lui. Il a eu de très bons chevaux comme Asi Siempre, Gorella et

Satan’s Circus, placée du “Diane”, mais malheureusement décédée depuis.

 

L’importation-exportation de

chevaux fonctionne-t-elle mieux en achetant des chevaux français pour des

propriétaires américains ou l’inverse ?

C’est un flux qui va d’est en

ouest. Mais depuis deux ans, on ne fait plus beaucoup d’affaires en achetant

des chevaux américains pour la France. Car l’euro est plus fort que le dollar.

 

Vous avez acheté Stacelita

alors que tout le monde disait que c’était une jument de terrain lourd. Etait-ce

le principal risque à prendre ?

Stacelita possède des

origines 100% allemandes. Nous pensons donc qu’elle est meilleure en terrain

souple que sur la “route”, mais elle est de toute façon très bonne.

 

Et Elusive Wave, pourquoi

l’avez-vous achetée ?

Je l’ai inspectée à la vente

de “l’Arc” et tout le monde sait qu’elle n’a pas de très bons aplombs. J’étais

parti pour ne pas l’acheter. La décision a tenu à peu de chose…. En attendant

mon avion, j’étais avec Jean-Bernard Roth et Jean-René Dubosc, deux bras droits

de Jean-Claude Rouget. Ils m’ont dit qu’elle se servait très bien de ses

aplombs et ils m’ont vraiment poussé à l’acquérir. Aujourd’hui, je les remercie

vivement. Sans eux, je ne l’aurais peut-être pas achetée…

 

Comment avez-vous appris le

métier de courtier ? J’ai d’abord fait plusieurs stages chez des entraîneurs,

dans des élevages en Irlande et aux Etats-Unis. Puis Frédéric Sauque m’a mis le

pied à l’étrier en me donnant la responsabilité de devenir son correspondant

aux Etats-Unis.

 

Quelles sont vos méthodes de

sélection ?

Je regarde le pedigree puis

le modèle, le plus généralement dans cet ordre. J’aime évidemment les beaux

pedigrees, les belles souches. Si la mère est issue d’une belle souche, je vais

regarder… même si elle n’a pas encore beaucoup produit. J’aime bien tenter l’expérience

avec des premiers produits. Elusive Wave est issue d’une belle famille Niarchos

et Stacelita d’une bonne souche Wildenstein. De plus, elle est par Monsun, un

formidable étalon qui transmet sa classe à ses produits. On l’a vu avec

Manduro, Shirocco, Stacelita et puis outre-Rhin aussi. Monsun saillit 60 à 70

juments par an, c’est donc peu par rapport aux pays anglo-saxons. Mais voyez le

résultat : la qualité prime sur la quantité.

 

Quel est le meilleur cheval

que vous avez acheté ? Définitivement, je peux dire que c’est Stacelita ! Mais

tout cela n’aurait évidemment pas été possible sans l’ensemble de l’équipe de

Jean-Claude Rouget. À cette réussite, j’associe évidemment Ioritz Mendizabal,

Christophe Lemaire, Jean-Bernard et Jean-René. C’est du grand art ! Jean-Claude

Rouget est un formidable entraîneur qui sait fédérer ses propriétaires, son

personnel, et tous ses amis. L’équipe “Rouget” est une grande famille. Il faut

évidemment dire un grand bravo à Jean-Pierre Dubois. On ne le répétera jamais

assez. Quand on sait ce que ce métier requiert de temps, de sacrifice, de

patience, c’est aussi du très grand art. Et il est plus facile d’acheter que

d’élever. Je parle en connaissance de cause, puisque je fais les deux !

 

Justement, sous vos deux

casquettes, de courtier et d’associé du Haras des Capucines, comment

appréhendez-vous les ventes d’août dans le climat actuel ? En début d’année,

j’étais sceptique car, aux Etats-Unis, nous avons ressenti brutalement les

effets de la crise. Le phénomène de balancier est beaucoup plus important qu’en

France. Mais l’exception française existe, comme nous l’ont prouvé les

dernières ventes de 2ans. Depuis, je suis confiant pour les ventes d’août, même

si les résultats devraient tout de même être légèrement en baisse.