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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Sea the stars devient une légende

Autres informations / 07.06.2009

Sea the stars devient une légende

Investec Derby d’Epsom (Gr1)

C’est un champion toutes

catégories que nous avons vu remporter l’Investec Derby d’Epsom (Gr1). Son nom

est Sea the Stars (Cape Cross) et il prend sa place dans les plus grandes

légendes que le Turf ait connues. L’année de la disparition de sa mère, la

formidable Urban Sea (Miswaki), Sea the Stars, lui rend le plus bel hommage en

remportant les 2.000 Guinées de Newmarket (Gr1), puis le ruban bleu d’Epsom. Un

challenge qui n’avait plus été réussi par Nashwan il y a 20 ans! Cela fait

longtemps que l’Europe n’avait pas vu un gagnant de Derby de cette envergure et

Sea the Stars est vraiment une superstar, comme l’était 8

ans avant lui son demi-frère,

Galileo (Sadler’s Wells). Le patron, c’est lui !

 

 

Une légende en marche

Urban Sea, morte au printemps

de cette année, n’aura pas vu son fils, Sea the Stars, franchir en vainqueur

désinvolte la ligne d’arrivée du Derby d’Epsom 2009. En surclassant ses

opposants à Epsom, ce fils d’Urban Sea renforce la dimension désormais

légendaire de la famille Allegretta Urban Sea qui, durant ces dernières années,

a épinglé à son palmarès des courses classiques aussi prestigieuses que deux

Derby d’Epsom (Sea the Stars et Galileo), deux

2.1       Guinées de Newmarket (King’s Best et Sea the Stars), un Jockey

Club (Anabaa Blue), un Arc de Triomphe (Urban Sea), un Derby d’Irlande

(Galileo), sans oublier les performances des autres produits d’Urban Sea

comme les places de 2e des

Oaks (Gr1) prises par All To

Beautiful et Melikah ou les

victoires de Black Sam Bellamy dans le Tattersalls Gold Cup (Gr1) et de My

Typhoon dans les Diana Stakes (Gr1). Du jamais vu de mémoire de turfiste.

Toutefois, avec Sea the

Stars, un palier vient d’être franchi, car ce fils de 3ans de la valeureuse

alezane qu’entraîna Jean Lesborde à Chantilly se révèle être un phénomène

absolu tant son doublé Guinées

Derby fut accompli sans

jamais forcer son talent, tant il ridiculisa l’armada O’Brien qui prit les 2e,

3e, 4e et 5e places de ce Derby. Regardant son fils du paradis des

super poulinières, Urban Sea n’a pas reconnu son fils prodige tant ce dernier

s’est émancipé des qualités de sa mère et des autres membres de la famille.

Urban Sea était une mère courage qui ne renonçait jamais, plus vaillante que

brillante, et même son rejeton préféré, le grand Galileo (Sadler’s Wells),

était bien loin de la facilité que Sea The Stars a démontrée dans son

invincibilité actuelle. “Mick” Kinane qui a eu le bonheur de monter les deux

gagnants du Derby d’Epsom à 8 ans d’intervalle, ne tarissait pas d’éloges sur

son poulain miraculeux. Il déclara sitôt descendu

dans les balances : « j’allai tellement bien durant le parcours que c’était

comme si la course se déroulait au ralenti. »

Après la

brillante victoire dans les Guinées, on pouvait douter de la tenue du champion

qui avait contre lui d’être issu de Cape Cross (Green Desert), une lignée de

chevaux “vites” qui dépassent rarement le mile. À tel point que son entraineur

John Oxx évaluait, avant la course, à 50/50 ses chances de tenue. Mais avec Sea

The Stars, son extraordinaire qualité l’emporte de loin sur les soucis

d’aptitudes, et ce poulain apparaît comme sûr de l’emporter contre quiconque de

sa génération, que ce soit sur 1.000m ou sur 4.000m ! Bien que le déroulement

de la course indique clairement qu’il fait un canter aux 200m et qu’il doit un

peu s’employer sur la fin pour rester hors de portée de la meute de Ballydoyle.

Mais la suprématie est établie. C’est pourquoi l’idée, un peu désuète de nos

jours, de la triple couronne classique anglaise (Guinées – Derby St Leger) a

été évoquée par John Oxx après la course. Ce cheval transcende les époques, à

l’image de sa famille maternelle, il est une légende en marche.

 

 

Le déroulement de la course

Rapidement, le “team O’Brien”

a pris les choses en main et un peu cadenassé la course, avec Golden Sword

(High Chaparral) jouant le rôle de leader. Age of Aquarius (Galileo) le

marquait de près et, un plus loin, Sea the Stars se retrouvait dans une

position peu enviable. Placé le long de la corde, il se retrouvait le nez au

vent et assez brillant durant 1.000m. A son extérieur, Lanfranco Dettori ne bougeait

pas sur Kite Wood (Galileo), suivi par Fame and Glory (Montjeu), lui-même

marqué par Rip van Winkle (Galileo). Après Tattenham Corner, il était clair que

Sea the Stars allait mieux que tout le monde, mieux même que Fame and Glory sur

lequel Seamus Heffernan commençait à s’activer. Gardant son sang-froid, “Mick”

Kinane n’a pas lancé Sea the Stars de trop loin, alors que les deux fuyards

avaient fait le trou. Mètre après mètre, Sea the Stars a grignoté son retard,

pris l’avantage et un peu de distance avec la meute O’Brien lancée à ses

trousses pour finalement s’imposer arrêté.