Anabaa, le cheval aux plusieurs vies s’en est allé

Autres informations / 08.07.2009

Anabaa, le cheval aux plusieurs vies s’en est allé

Anabaa (Danzig) est mort

mardi 7 juillet au Haras du Quesnay. Dix jours après la disparition d’Highest

Honor (Kenmare), qui avait aussi apporté tant de succès au haras de la famille

Head, c’est un véritable monstre sacré qui disparaît.

Car Anabaa n’était pas un

étalon comme les autres. Et il avait été beaucoup plus qu’un simple performer

de Gr1 comme il en existe quelques dizaines tous les ans. Tout chez Anabaa

conférait à écrire l’Histoire des courses et à faire vivre les sentiments les

plus authentiques. Comme nous l’a rapporté Freddy Head en fin d’après midi, «

c’est très douloureux pour nous, car il faisait partie de la famille ». Celui

qui a été le principal jockey d’Anabaa et le partenaire de ses plus grands

succès résume tout. L’étalon n’avait pas atteint un âge canonique, il

n’affichait que 17ans. Mais, lundi 6 juillet, il avait commencé à souffrir de

coliques et est mort de péritonite mardi, après avoir subi une opération. C’est

un glorieux épisode des courses françaises et du rayonnement d’un des meilleurs

étalons hexagonaux qui s’en va avec Anabaa. Autre trait caractéristique de

l’histoire d’Anabaa : tout est imbriqué avec la famille Head qui a fait le

cheval de course et valorisé l’étalon [lire “Un cadeau devenu une formidable

histoire sous le sceau de la famille Head”].

L’histoire d’Anabaa n’est pas

banale. Sa vie se transforme très vite en suite d’événements improbables qui

marient le meilleur à ce qui a l’apparence du tragique. Parler d’Anabaa, cela

tourne vite en une suite de séquences heureuses et malheureuses. Parler

d’Anabaa, c’est parler d’un cheval qui a vécu plusieurs vies. Il a terminé sa

vie comme top-étalon français et même international, en étant un des rares de

nos ressortissants à effectuer la double saison, avec l’Australie. En 2007, il

a même exercé aux États-Unis. Anabaa avait attiré des convoitises, de Coolmore,

en particulier.

 

Une vie qui conjugue chance,

malheur, miracle et réussite

Faire un portrait d’Anabaa

n’est pas simple. Il commence sous le signe de la chance d’abord. De très haute

extraction, Anabaa appartient à Maktoum Al Maktoum qui a acquis Balbonella (Gay

Mecene), sa mère, à la famille Rohaut. Fils d’une championne sur les pistes,

Anabaa avait tout pour lui dans sa jeunesse : les origines et le modèle. Mais

l’enfant gâté par la vie allait être condamné à 2ans par le corps médical. Une

glissade lors de ses premiers galops et le diagnostic du syndrome de Wobbler –

ou maladie de chien – claque comme une fin définitive, au moins pour une

carrière sportive si ce n’est pour la vie tout simplement. Cheik Maktoum Al

Maktoum en fait cadeau à la famille Head en remerciement de leurs

efforts pour sauver le

cheval. Il n’empêche qu’Anabaa reste un pur-sang condamné pour la compétition.

Miraculeusement, il peut reprendre le travail à 3ans. Après des débuts

inévitablement décalés – en juillet – il se révèle bon compétiteur à cet âge. A

4ans, il se mue en sprinter d’élite et réussit à remporter deux Groupes 1 dont

le prestigieux July Cup (Gr1). Elu meilleur sprinter européen de l’année

(1996), avec le titre en sus de meilleur cheval d’âge, il entre au Haras du

Quesnay en 1997. En 2000, il reçoit le titre de meilleur étalon

français de première

production. Parallèlement, il entame à la fin de sa première année de monte, la

double saison en exerçant en Australie, à Widden Stud dans les New South Wales.

De la saison 1998/1999 à la dernière en 2006/2007, il a produit 364 foals en

hémisphère sud. En France, il obtiendra deux fois la deuxième place générale,

en 2007 et 2008 [Lire « Ses résultats en France »]. En 2007, Anabaa vivra

l’exil tout au long de l’année effectuant sa saison de monte de l’hémisphère

nord à Castleton Lyons Stud au Kentucky. L’essai ne sera jamais reconduit.