Rock noir, nouvel achat de j.-p. mcmanus

Autres informations / 11.07.2009

Rock noir, nouvel achat de j.-p. mcmanus

Quelques jours après les

achats de Sway (Califet) et Temple Lord (Califet) à Guy Cherel, c’est le grand

espoir de 4ans Rock Noir (Mansonnien) qui vient de passer sous les couleurs du

grand propriétaire irlandais John-Patrick McManus. Elevé et propriété de

Jean-François Colas, ce proche parent de Questarabad va rester en France

jusqu’à la fin de l’année et poursuivre ainsi le programme que lui avaient

concocté son propriétaire et Marcel Rolland, son entraîneur. C’est d’ailleurs

un trait particulier de ces trois achats : les chevaux resteront bien sur notre

territoire pour prendre part à notre programme jusqu’à la clôture de la saison.

 

La visite d’achat a été

entérinée et Rock Noir est officiellement déclaré sous la casaque de J.-P.

McManus depuis ce vendredi. C’est Marcel Rolland qui a été en contact avec

l’investisseur irlandais conseillé par Bertrand Le Métayer (lire “Un objectif :

améliorer son stock”) et Timmy Hyde, son manager en matière hippique. « Timmy

Hyde est venu voir le cheval à l’écurie. J’ai également rencontré M. McManus à

Paris avec Bertrand Le Métayer. Tout s’est passé très vite et j’ai joué le rôle

de contact avec JeanFrançois Colas, le propriétaire de Rock Noir. » Le prix

d’une telle transaction reste évidemment privé. Pour Marcel Rolland, ces rencontres

n’étaient pas des premières.

« J’avais déjà vendu Le

Coudray (Phantom Breeze) à M. McManus et avais alors été en contact avec Timmy

Hyde. Le cheval avait alors tout gagné à la fin de son année de 4ans [en 1998,

ndlr] et il avait fait ensuite une bonne carrière en Grande-Bretagne et en

Irlande. C’est d’ailleurs pour moi un grand souvenir car M. McManus m’avait

invité à Cheltenham pour voir courir Le Coudray quelques mois après sa vente.

J’avais été reçu avec beaucoup d’attention et avais eu le privilège de seller

le cheval avec son entraî-

neur… Aidan O’Brien. Vraiment

un grand souvenir [Le Coudray avait pris la 2e place du Stayers’ Hurdle, Gr1].

»

 

 

 

Rock Noir, le seul à avoir

battu Rendons Grâce

Titulaire de seulement trois

sorties pour une 2e place lors

de ses débuts à Fontainebleau

et deux victoires à Auteuil, Rock Noir est un grand cheval qui possède une

particularité. Il est le seul à avoir battu Rendons Grâce (Video Rock), en

avril, dans le Prix Virelan. Tandis que Rock Noir a eu droit à une phase de

repos, Rendons Grâce devenait le meilleur sa génération, comme en témoigne sa

victoire dans le Prix Alain du Breil (Gr1). Pourquoi avoir arrêté un tel

compétiteur ? « Rock Noir est un cheval assez difficile à la base. M. Colas

voulait le reprendre chez lui après ses deux courses du printemps à Auteuil.

Mais lorsqu’il l’a vu à Auteuil, avec ses “manières”, il a trouvé plus

judicieux de le laisser à la maison, en régime allégé. Je l’en remercie car je

crois que cela a été une très bonne décision. Le cheval a changé physiquement

et a pris de la maturité. C’est un cheval extrêmement généreux et le fait de le

travailler sans pression a été le bon choix. Il est aujourd’hui dressé sur le

steeple mais M. McManus n’a pas l’air intéressé de le débuter en steeple,

peut-être pour lui conserver son statut de “novice” en steeple en

Grande-Bretagne. Il devrait donc rester en haies. Comme il reste chez moi toute

la fin de saison, il va suivre son programme initialement prévu. Il devrait courir

trois fois durant l’automne avec, pourquoi pas, la bonne course des 4ans en fin

de saison [le Prix Renaud du Vivier, Gr1]. »

 

 

JEAN-FRANÇOIS COLAS : « JE

PRÉFÈRE AVOIR MOINS DE CHEVAUX MAIS BIEN M’EN OCCUPER »

Éleveur dans le Cher, à

Nérondes, Jean-François Colas vit une grande histoire de propriétaire et –

surtout – d’éleveur. A partir d’une jument familiale, Insoumise (Novitur,

1974), il a créé en quelques saisons des AQPS d’exception : Questarabad

(Astarabad) et Rock Noir, sans oublier les bons Lacdoudal (Cadoudal) et

Patagonie (Robin des Champs). « Je ne veux pas avoir trop de poulains et ne

fais saillir pour l’instant que quatre juments par an. Cela entraîne

quelquefois des surprises. Cette année, par exemple, sur les quatre juments

saillies, je n’en ai qu’une de pleine. Hatilade, la mère de Questarabad, était

confirmée pleine à son échographie de 25 jours mais a coulé ensuite. Ce sont

les aléas de l’élevage. En fait, je préfère avoir moins de chevaux mais bien

m’en occuper. Je ne vends jamais à l’âge foal. Je préfère commencer

l’exploitation en faisant effectuer à mes élèves de fréquents et courts séjours

de travail. Je les reprends chez moi pour qu’ils profitent au maximum des pousses

d’herbe. Mes trois yearlings qui n’ont guère plus de 14 / 15 mois sont ainsi

déjà au débourrage pour deux mois. Je confie cette tâche à Eric Aubrée,

installé au Lude. Il les reprendra une autre fois plus tard pour un nouveau

séjour de deux mois. Ensuite à l’âge de 2 et 3ans, je les fais travailler dans

l’Allier. Globalement, je porte mes poulains jusqu’à l’âge de 4ans en essayant

de les valoriser pour mieux les vendre. C’est aussi une prise de risque et un

engagement financier non négligeable. Jusqu’à 4ans, c’est quelquefois lourd.

Quant aux pouliches, je ne les vends pas et préfère les garder à l’élevage. »

 

Des dernières générations

très féminines

Le quota de quatre saillies

annuelles de Jean-François Colas risque à ce propos de très vite “exploser”. «

Sur les trois dernières générations, j’ai eu beaucoup de pouliches : neuf

contre un seul mâle. Cette année, je n’ai eu qu’une pouliche, une sœur de Rock

Noir, par Laveron. Dans les 3ans, j’ai deux pouliches qui devraient bientôt

aller à l’entraînement. J’aimerais d’ailleurs en mettre une chez Marcel Rolland

mais je ne lui en ai pas encore parlé (c’est dorénavant chose faite…). »

 

« Je pensais que je ne

pouvais plus le vendre »

Une vente tombe quelquefois

du ciel quand on ne s’y attend pas… ou plus. C’est un peu ce qui est arrivé à

JeanFrançois Colas. « Je voulais vendre Rock Noir au début de l’année et

pensais recevoir des offres après ses victoires à Auteuil. En fait, j’ai juste

eu une proposition qui ne me convenait pas, dans laquelle je devais rester

associé. Les choses avançaient ainsi et je me disais que le cheval n’intéressait

pas les investisseurs. Je me disais : “Il ne plaît pas, c’est le premier

produit d’une jeune poulinière, etc.” Je ne cherchais donc plus à le vendre et

ne faisais rien pour m’en séparer. Ce qui a tout déclenché, c’est la victoire

de Questarabad dans la Grande Course de Haies d’Auteuil. Je pense que c’est ce

qui a fait bouger les choses. » À ce propos, Questarabad et Rock Noir sont deux

AQPS avec de sérieux points communs : la classe, une action dévastatrice mais

aussi une grande nervosité. « C’est vrai qu’ils sont tendus et nerveux mais

aussi assez différents dans leur tempérament. »