Philippe augier

Autres informations / 04.08.2009

Philippe augier

PHILIPPE AUGIER :

« DÈS QUE LA CHARTE SERA PRÊTE, ELLE SERA DÉBATTUE AVEC LES

ASSOCIATIONS PROFESSIONNELLES »

 

C’est LE sujet de ces dernières semaines : France Galop prépare

une “Charte” destinée à réglementer les rapports entre les différents acteurs

des courses. Cette Charte prévoit-elle d’obliger les entraîneurs à parler à la

presse, avant et après chaque course ? C’est ce que plusieurs professionnels

craignent… Coordinateur de la future Charte, Philippe Augier prend la parole

pour la première fois depuis le début de cet ardent débat. Une inter- view

exclusive.

 

Jour de Galop. – Allons à l’essentiel : la Charte va-t-elle

obliger les entraîneurs à parler aux journalistes ?

Philippe Augier. – Le débat a été résumé au sujet unique des

rapports entre les entraîneurs

et la presse. Alors que la Charte a un objectif beaucoup

plus large, celui de fixer un certain nombre de règles entre les différents

acteurs : les professionnels, tous les professionnels, les journalistes,

l’administration de France Galop, les diri- geants… et les joueurs, auxquels on

doit le plus grand respect. Par exemple, la Charte impliquera que le directeur

d’un hippodrome n’a pas à “engueuler” un entraîneur. Pas plus qu’un

professionnel n’a à “engueuler” l’employé de France Galop au guichet des

comptes. Mais sur le sujet particulier des prises de parole des entraîneurs, il

faut que chacun ait conscience que ce qui se joue aujourd’hui, c’est la place

des courses dans l’univers très concurrentiel des paris sportifs. Si nous

voulons résister à la compétition, nos acteurs doivent parler. Dans toutes les

autres fédérations sportives, les sportifs sont obligés de parler. Et, dans les

courses, nos amis anglais travaillent d’ailleurs sur le même sujet.

Faisons   valoir notre sport ! Qu’un

univers se crée, au-delà du jeu.

 

 

PHILIPPE AUGIER…

 

Revenons aux origines de la Charte. Vous connaissez la

phrase de Georges Pompidou à son conseiller

 

Vous allez donc obliger les entraîneurs à parler à la presse

?

Je vous le dis franchement : à l’heure où nous parlons, nous

n’avons pas encore défini les obligations de chacun. Si la Charte était prête,

elle aurait déjà été distribuée. C’est bien qu’il y ait un débat, mais il faut

un débat honnête. C’est pour cela que j’ai souri en lisant les réactions

signées par des gens qui n’ont jamais lu la Charte, ni participé à aucune

réunion. De quoi parlent-ils, alors que notre travail est loin d’être terminé ?

 

Où en êtes-vous ?

J’ai moi-même consulté de nombreux professionnels. Nous

avons fait une séance de travail autour d’une esquisse du texte.

Puis il y a eu des changements au sein de France Galop –

Denis Servignat, le secrétaire général qui s’occupait du dossier, a quitté

l’Institution. Cela a retardé le dossier… Mais le texte, dès qu’il sera prêt,

sera débattu avec les associations professionnelles. Je vous rappelle que, très

en amont, nous avions lancé ce dossier par une réunion, très en amont, avec des

représentants des entraîneurs, des propriétaires et des jockeys.

 

Quand la Charte entrerait-elle en vigueur ?

La phase actuelle, c’est l’élaboration du texte et

l’articula- tion juridique. Puis il y aura une grande consultation des

organisations professionnelles. Et enfin, le texte passera devant le Comité de

France Galop.

L’objectif est d’aboutir avant la fin de l’année. Mais je le

dis et redis : tout le monde sera consulté. Christiane Head- Maarek m’a déjà

envoyé un courrier, au nom de l’Association des entraîneurs, pour me dire de

lui transmettre la Charte dès qu’elle sera prête, pour que l’Association puisse

s’exprimer. Evidemment, cela sera fait.

 

Jacques Chirac : « Cessez d’emmerder les Français en

ajoutant des lois et des règlements ! » N’y a-t-il pas quelque chose de politiquement

désagréable dans l’idée d’ajouter encore une règle dans un monde déjà tellement

encadré ?

Je suis un ami de la liberté, mais la liberté des uns

s’arrête là où commence celle des autres. S’il n’y a pas de règles,

l’individualisme devient de plus en plus fort, et personne ne respecte

personne. Les gens confondent la liberté avec l’individualisme égoïste. Alors

que la liberté est liée à la responsabilité individuelle au sein de la

collectivité. Notre société a évolué, l’éducation s’est relâchée et il y a de

moins en moins de respect de l’autre. Si on ne réglemente pas, c’est la jungle.

Je suis bien placé pour en parler en tant que maire de Deauville, où j’ai dû

par exemple prendre un arrêté pour interdire de se balader torse nu en ville.

 

Et les contrevenants s’exposent à des amendes ?

Oui.

 

Prononçons donc le mot de “sanction”, pour les professionnels

qui refuseraient de parler de leurs chevaux. Est-ce un gros mot ?

Non, ce n’est pas un gros mot. On ne peut fixer de règles

que si l’on a les moyens de les faire respecter. C’est comme le stationnement

des voitures. Qui dit règle dit sanction.

 

Quelle sanction ? Interdiction de présenter un cheval en

course publique, ou amende financière ?

Ce serait plutôt un système d’amendes. Les sanctions seront

graduées. Cela pourrait aller de l’entretien de conciliation à une amende, en

passant par une mise en garde. Mais à ce sujet, je voudrais combattre une idée

fausse : notre but, avec la Charte, ce n’est pas de sanctionner ; c’est qu’elle

fonctionne !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

PHILIPPE AUGIER…

 

Pour y dire quoi ? L’entraîneur n’est pas toujours en mesure

d’expliquer la course à chaud ?

 

Quelle sera la valeur juridique de cette Charte ? Justement,

ce qui est compliqué, dans les courses, c’est d’harmoniser avec le dispositif des

règles actuelles. Il y a déjà des références dans le Code des Courses, comme

l’ar- ticle 224, qui définit la faute disciplinaire [« Constitue une faute

disciplinaire tout comportement contraire au présent Code, aux règles

professionnelles, ainsi que tout manque- ment à la probité, à l’honneur ou à la

délicatesse et tout comportement portant gravement atteinte à la réputation des

courses même se rapportant à des faits extra-profes- sionnels. », ndlr]. Cela

dit, je ne suis pas du tout certain que la Charte sera intégrée au Code. Là

encore, nous tra- vaillons sur le sujet.

 

Et qui constaterait les infractions ? Avant la course, par

exemple, ce serait à un journaliste de dénoncer à France Galop un entraîneur

qui aurait refusé de lui parler ? Cela semble énorme…

Bien sûr que non. Le manquement à la Charte ne peut être

fondé sur une simple parole. De toute façon, je pense que les règles pourraient

s’appliquer à l’après-course plutôt qu’à l’avant-course. La question, c’est :

que peut dire l’en- traîneur avant la course, puisque si son cheval court,

c’est en théorie pour gagner ? Il ne faut pas que ce soit insipide. En

revanche, cela peut devenir intéressant si le cheval a eu un petit souci. Je

compare toujours avec les autres fédéra- tions sportives, car nous ressemblons

à une fédération sportive. Un joueur de tennis qui a eu un souci, il le dit à

la conférence de presse d’avant-match. Alors pourquoi n’en serait-il pas de

même aux courses ?

 

Et après la course ?

Pour toutes les grandes courses et les événements, en

fonction des circonstances, il faudrait une conférence de presse après la

course, à laquelle les professionnels pour- raient être obligés de participer.

Ce serait porteur pour notre sport.

 

Oui, c’est pourquoi il faudra bien peser la mesure dans

l’obligation. Ce sera tout notre travail de concertation. Mais imaginez, quand

un favori serait battu, l’entraîneur pourrait dire : « À l’heure qu’il est, je

ne sais pas. Mais dès que j’au- rai plus d’informations, je vous ferai une

déclaration. » Je me souviens d’un entraîneur qui m’avait raconté : « Quand on

a un favori battu, on reçoit parfois des lettres de menaces de mort. » Raison

de plus pour communiquer ! Et expliquer pourquoi le cheval a été battu.

 

Pourrait-on imaginer que, pour ne pas avoir à parler lui-même,

un entraîneur délèguerait son jockey pour commenter la course de son cheval ?

Pourquoi pas ? C’est une idée à étudier. On retrouverait la

notion de porte-parole. Et cela m’évoque une image flagrante : aujourd’hui, le

jockey du gagnant parle librement au cheval-émetteur, même quand il monte pour

un entraîneur qui ne parle pas à la presse. C’est formidable. Cela prouve que

l’on peut faire des choses.

 

Vous parliez tout à l’heure des obligations de France Galop…

Oui, je l’ai dit : il faut des attitudes de respect au sein

de l’Institution aussi. Dans notre esprit, la Charte parle aussi des rapports

entre les professionnels et l’administration de France Galop.

 

Ce qui signifie que les membres de France Galop, dirigeants

ou employés, qui ne respecteraient pas la Charte seraient eux aussi

sanctionnables ?

Oui, il le faudrait. Cela serait logique. Vous le savez,

dans certaines administrations, on a introduit l’idée de faute professionnelle.

 

Pensez-vous que la Charte existera un jour ?

Il y aura toujours des anti-tout. Mais il y aura de la

concertation. Et nous trouverons, tous ensemble, une bonne solution.

 

LE  TICKET DORÉ  DE NEWSELLS PARK STUD

Dans le célèbre ouvrage de Roald Dahl, Charlie et la

Chocolaterie (adapté au cinéma avec Johnny Depp), le propriétaire d’une grosse

chocolaterie, Willie Wonka, glisse un Ticket d’or dans l’emballage de cinq

plaquettes de chocolat. L’heureux découvreur d’un ticket se voit ouvrir les

portes de la célèbre usine secrète pour une visite en compagnie du propriétaire

des lieux.

Nous avons aussi, dans les courses, une grande famille de

chocolatiers : les Jacobs, fondateurs de Suchard et propriétaires du haras de

Newsells Park. Reprenant à son compte l’amusant petit jeu imaginé par Willie

Wonka, Newsells Park Stud a imaginé un joli coup de marketing. Le haras a

envoyé aux principaux acheteurs de yearlings européens une plaquette de

chocolat dont certaines contiennent un Ticket doré. Toute per- sonne trouvant

un ticket dans sa plaquette doit se faire connaître auprès d’un représentant de

Newsells lors des ventes Arqana. En cas d’oubli du ticket, une séance de

rattrapage est prévue en prenant contact, aux ventes, avec un représentant de

Newsells.

Le détenteur d’un Ticket doré qui achète un yearling

présenté par Newsells est éligible à un bonus de 10.000£, qui sera versé si le

cheval gagne une course B en France, ou s’il rem- porte une des courses du

Racing Post Yearling Bonus Scheme.

Les autres ventes sur lesquelles l’opération “Golden Ticket”

est organisée sont les DBS St-Leger Sales et Tattersalls Octobre, livre 1 et 2.

 

L’IMBROGLIO DU PRIX DU CANAL

 

Le Prix du Canal, “réclamer” d’ouverture de mardi à

Deauville, n’offrait pas de quoi déchaîner les passions. Pourtant, il s’y est

passé un incident peu banal. Signal (Numerous), qui devait s’élancer de la

stalle numéro 4, est finalement parti de la stalle 10, échangeant sa position

avec Lufkin Ruffian (Bernebeau). Résultat des courses, Signal est battu d’un

nez pour la victoire par Kokouchu (Slickly), qui s’est – lui – bien élancé de

la stalle qui lui était attribuée, la 6. Dans les positions établies lors du

tirage au sort, Signal aurait dû se retrouver à l’intérieur de Kokouchu. Or, à

cause de cette erreur, il est parti à l’extérieur de celui-ci et, durant le

par- cours, ces deux concurrents ont mené et lutté ensemble pour la victoire.

Sans cette inversion de stalle, défavorable à Signal, il y a fort à penser que

Signal se serait imposé.

 

Comment en est-on arrivé là ? Les chevaux sont amenés un par

un dans la stalle qui leur est attribué. Davy Bonilla, partenaire de Signal,

voyant qu’on le dirigeait vers la stalle 10, explique à l’employé du GTHP

tenant son cheval qu’il doit partir de la stalle 4. Ce dernier lui soutient le

contraire et le place dans la stalle 10, sans vérifier sur un pro- gramme les

propos du jockey. Personne ne réagit et la course part.

Propriétaire et éleveur (Haras du Quesnay) de Signal, Alec

Head nous a fait part de sa vive déception   

:

« Vu l’écart à l’arrivée et le déroulement de la course, je

me sens lésé par cette erreur. J’estime que cette course me revient.… » Le

communiqué de France Galop dit que les jockeys Davy Bonilla et Thierry Jarnet «

ne pouvaient être rendus totalement responsables de cette erreur ».

Evidemment,   la   notion 

de « totalement » est un peu ambiguë. Est-ce à dire que les jockeys et

le GTHP partagent la responsabilité ? Le Code des courses évoque la responsabilité

du juge au départ ou de son délégué. À suivre.

 

 

CE QUE DIT LE CODE DES COURSES

« Article 157 : mise en place des chevaux pour le départ

II) Position des chevaux au départ.

Le juge du départ dirige la mise en place des che- vaux pour

le départ en décidant, le cas échéant, des moyens qu’il juge les plus

appropriés pour cette opé- ration.

Départ en stalles

Lorsque le départ a lieu en stalles, le juge du départ

demande aux jockeys de faire pénétrer leur cheval dans la stalle qui lui a été

attribuée par le tirage au sort des places à la corde.

(…)

Tout  jockey  qui 

fait  pénétrer  son 

cheval  dans  une stalle autre que celle qui lui a été

attribuée par le tirage au sort des places à la corde peut être sanc-

tionné  par  les 

Commissaires  des  Courses 

d’une amende de 150 à 1.500 euros ou d’une interdiction de monter sauf

si cette situation est la conséquence d’une 

instruction donnée  par  le 

juge  du  départ 

au jockey.

Le juge du départ ou son délégué est le seul habilité à se

servir d’une aide pour faire pénétrer un cheval dans sa stalle de départ.

A moins que l’entraîneur ou son représentant n’ait fait une

déclaration écrite, au moment de la confir- mation de son cheval dans la

course, interdisant l’uti- lisation des aides appropriées pour le faire

pénétrer dans sa stalle de départ, le juge du départ est habi- lité à se servir

de ces aides. »

Le communiqué de France Galop

Agissant  sur  réclamation 

du  jockey  Davy 

BONILLA (SIGNAL) se plaignant d’avoir été placé, malgré ses

observations, dans la stalle n°10 au lieu de la stalle n°4  déjà 

occupée  par  le 

poulain  LUFKIN  RUFFIAN (Thierry JARNET). Les Commissaires

ont ouvert une enquête.

Par  ailleurs,  les 

Commissaires  ont  entendu 

la  per- sonne  du 

GTHP  en  charge 

du  poulain  de 

Davy BONIILA,  celle-ci  a 

confirmé  les  observations 

du jockey,  mais  a 

maintenu  le  placement 

de  Davy BONILLA dans la stalle

n°10.

Considérant   que   les  

jockeys   Davy   BONILLA  

et Thierry JARNET ne pouvaient être rendus totalement responsables de

cette erreur, les Commissaires n’ont pas pris de sanction à leur égard.

 

 

 

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