Yeats, le guerrier et le poète

Autres informations / 01.08.2009

Yeats, le guerrier et le poète

Jeudi 31 juillet, Goodwood

(GB). Yeats (Sadler’s Wells) n’a pas chancelé dans la Goodwood Cup (Gr2 –

3.200m). D’ailleurs, le pouvait-il vraiment ? Ses comparses du jour avaient-ils

en eux suffisamment de talent et de volonté pour essayer de s’opposer à

l’implacable loi du sport et des courses, qui réserve les honneurs aux

meilleurs ? Pourtant, c’est dans ce genre de tournoi de moindre prestige ou de

moindre enjeu (la Goodwood Cup est un Gr2) que les surprises adviennent le plus

souvent. Que les champions se font prendre par défaut de vigilance ou de

d’appétit. Rien de tel ici.

Le triple lauréat de l’Ascot

Gold Cup (Gr1) a bénéficié d’une course parfaite, c'est-à-dire d’une course

menée à bonne allure sous l’impulsion de Tungsten Strike (Smart Strike). Placé

derrière le leader par Johnny Murtagh, Yeats a même laissé du champ à Tungsten

Strike qui a compté jusqu’à six longueurs à mi-parcours. C’est véritablement

dans la ligne droite finale que le premier jockey de Ballydoyle a deamndé à son

partenaire de se rapprocher. Inéluctablement, le fils de Sadler’s Wells est

donc venu aux côtés du 7ans et l’a dépassé sans émotion. La distance n’a

ensuite fait que croître, pour se fixer à sept longueurs au passage de la

ligne. Des autres, il n’en fut guère question. Résolument partis battus, aucun

n’est ne serait-ce que grignoter un mètre du terrain concédé sur l’animateur,

lequel conservait le plus méritoire des accessits. Seul Sagara (Sadler’s Wells)

qui s’extrayait, un peu, du groupe pour se classer 3e. Il faudra se souvenir de

la prestation de Tungsten Strike, qui mériterait d’enlever maintenant une belle

épreuve de tenue.

 

Une grande vitesse de

croisière

Yeats enregistrait de la

sorte son 12e succès de stakes (auquel il faut ajouter une victoire dans un

maiden) et en profitait pour dépasser la barre du million de livres de gains. A

7ans, il fait preuve d’une longévité et d’une constante à toute épreuve. Il ne

semble n’être marqué ni par le temps ni par les combats passés et pourrait

reprendre à son compte les mots de son homonye, le poète irlandais William

Butler Yeats : « De nos querelles avec les autres, nous faisons de la

rhétorique. De nos querelles avec nousmêmes, de la poésie. »

Johnny Murtagh, qui n’en

finit pas de vivre des moments inoubliables avec les héros de Coolmore pouvait

savourer cette nouvelle démonstration en se signant, en bon catholique

irlandais. « Il était frais à Ascot (pour la Gold Cup, ndlr) mais aujourd’hui

il était encore mieux en raison du rythme sélectif de l’épreuve. Il possède une

grande vitesse de croisière et quand il l’atteint, il peut la maintenir très

longtemps. C’est vraiment un très grand stayer. »

Si la suite du programme n’a

pas été évoquée, il reste à espérer un retour du champion des stayers à

Longchamp dans le Prix du Cadran (Gr1). Défait l’an dernier (3e), dans ce qui

reste un de ses rares échecs sur les longues distances, Yeats amènerait à Paris

un morceau de la légende qu’il est en train d’écrire outre-Manche.