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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Affaire dar re mi

Autres informations / 29.09.2009

Affaire dar re mi

RONAN THOMAS ...

Le statut des commissaires a

également été remis en avant suite au Qatar Prix Vermeille. Qu’en pensez-vous ?

J’ai le sentiment qu’il y a

trop de commissaires. D’ailleurs, on peut se poser la question : si d’autres

commissaires avaient été en fonction le jour du Qatar Prix Vermeille, le

jugement aurait-il été le même ? Je serais pour restreindre en nombre le corps

des commissaires, ce qui permettrait d’avoir plus souvent la même équipe face à

nous, les jockeys. Dans l’état actuel des choses, les commissaires sont

intouchables et ne sont pas sanctionnables. Ce sont des bénévoles qui

bénéficient d’une autorité suprême dans les courses. À l’époque de la mondialisation

et de la concurrence, on a besoin de plus d’objectivité.

 

 

 

Faut-il des commissaires

“professionnels” ?

La question, c’est : « Le

système actuel est-il toujours viable ? » C’est une réflexion que l’on peut

mener, mais il faut aller plus loin et commencer à avancer des propositions. Il

faudrait également plus de transparence de la part de l’institution que

représentent les commissaires : « Comment ont-ils été nommés ? Comment ont-ils

accédé à cette fonction ? Quel rôle ont-ils dans les courses ? » On ne sait

finalement rien de tout cela et il est légitime de se poser des questions. Également,

je serais favorable à l’instauration d’un corps d’appel qui ne ferait que juger

les appels.

 

Les relations

commissaires/jockeys sont-elles faciles au jour le jour ?

Les commissaires ont un rôle

de gendarme vis-à-vis des jockeys, donc, parfois, nos relations sont tendues.

Mais globalement, cela se passe bien.

 

L’affaire Dar Re Mi amène

également à une réflexion sur le rôle du leader, qui n’est pas défini dans le

Code. Doit-on encadrer son rôle ?

On peut également ouvrir une

réflexion pour encadrer le rôle du leader, qui n’a actuellement aucun statut

dans le Code. Même si dans le Qatar Prix Vermeille, d’après les images que j’ai

vues, il apparaît que le leader n’est pas entré en contact avec quelqu’un.

 

Sur un autre sujet, on parle

d’instaurer des cravaches dites “anglaises”. Quel est votre point de vue sur ce

sujet ?

C’est un sujet qui est dans

les tuyaux. Depuis plusieurs années, on restreint le nombre de coups autorisés,

pour ne pas heurter la sensibilité du grand public et également dans le sens du

respect de l’animal. Les soft whip sont différentes des cravaches classiques et

sont moins traumatisantes pour l’animal. Si chacun a la même cravache, et donc

se bat avec les mêmes armes, je serai pour l’instauration de ce matériel. Je

pense, d’un point de vue personnel, en tant que jockey, qu’il faut privilégier

le fait que les chevaux gagnent sur leurs qualités propres.

 

Enfin, toujours en rapport

avec la cravache, de plus en plus de jockeys sont sanctionnés et mis à pied

pour l’avoir trop utilisée. Ne tombe-t-on pas dans l’excès ?

Dans ce domaine, on est en

plein dans les travers du Code. Prendre six jours de suspension pour avoir fait

gagner son cheval exige réflexion. Car on demande aux jockeys d’arrêter de

taper (même si le cheval répond aux sollicitations), ce qui est contre la

compétition. À la lutte pour gagner, on ne peut quasiment pas penser à la

limite à ne pas dépasser pour ne pas avoir de sanction. Finalement, cela donne

des arrivées qui sont bénéfiques aux propriétaires, aux éleveurs, aux entraîneurs

et aux parieurs, mais pas au jockey, qui a gagné de manière “illégale” selon le

Code et se voit donc sanctionné. De plus, en cas de suspension, le jockey n’est

pas indemnisé.