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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Henri malard : « la dichotomie galop / trot pénalise les courses »

Autres informations / 06.09.2009

Henri malard : « la dichotomie galop / trot pénalise les courses »

CRAON, Dimanche

A quarante-huit heures du lancement

du premier des deux meetings de septembre de Craon (5, 6 et 7 septembre), le

plus important connu sous l’appellation des “Trois Glorieuses”, Henri Malard a

bien voulu nous donner son sentiment sur les perspectives de l’édition 2009.

 

JDG. – Votre impression

d’ensemble sur les préparatifs du meeting et les premières confirmations de

partants ?

Henri Malard. – Tout se

présente bien. Evidemment le temps jouera un rôle important notamment en terme

de succès public. Je regrette juste sur ce premier meeting le faible nombre de

partants dans le créneau des courses pour AQPS, tant en plat qu’en obstacle.

Ces chevaux ont beaucoup de possibilités à cette période de l’année, c’est donc

un problème de programme. La nouveauté 2009 est que nos deux meetings de trois

jours sont PMU avec le gain d’une réunion PMU supplémentaire. C’est évidemment

très

bien même si nous sommes

déçus au niveau du Comité de ne pas avoir pu conserver la spécificité de Craon

dans cette nouvelle réunion PMU, c’est-à-dire la mixité des courses au galop et

au trot.

 

 

Cela vous semble réellement

dommageable ?

Complètement. La formule de

Craon qui a fait et fait toujours son succès, c’est une combinaison de fête et

de mixité. Ici les gens sont très attachés à toutes les disciplines. Craon est un

peu le creuset de cette grande tradition de l’ouest avec un public de

connaisseurs qui aiment toutes les disciplines ou, du moins, qui aiment se

mélanger.

 

Quelles sont les raisons de ce

remaniement imposé ?

Il y a une volonté des deux

sociétés mères (France Galop et le Cheval Français, ndlr) de développer le

“chacun chez soi”. Il y a une forme de protectionnisme et de dichotomie

du galop et du trot qui ne me

semble pas une bonne position. La mixité est quelque chose qui mérite d’être

protégé. Dans notre région, c’est une tradition qui marche (cf.

« Craon en tête d’audience

nationale »). A mon sens, la dichotomie, le “chacun chez soi” sont presque une

faute à ce niveau. On a l’impression qu’au niveau des sociétés mères, il y a un

manque de réflexion stratégique et marketing. Craon est comme une belle marque,

quelque chose qui mérite d’être valorisé. C’est comme si dans l’industrie

ou les services, on achetait

une société avec une marque de prestige, et qu’on décide ensuite qu’on va

casser tout ça. La séparation des disciplines ne va pas dans le sens de

l’avenir des sociétés et de leur fréquentation. Cela nous pénalise fortement

et, à terme, cela peut déboucher sur un vrai problème. A ce moment là, il

faudra s’interroger sur le creuset des courses, leurs fondements. Dans un tel

scénario de crise, il faudra s’affairer à recommencer. Or Craon possède toutes

les dimensions de la réussite et devrait plutôt être considéré comme

exemplaire… Le Comité de ma société regrette vraiment qu’on sacrifie la mixité,

qui je le répète, est une des explications premières de notre réussite et de

l’attraction des courses. Tout ceci devrait être insufflé par les sociétés

mères. Au lieu de cela, on nous contraint à cloisonner.

 

 

Craon en tête d’audience

nationale

Avec 4.265 entrées payantes

en moyenne par réunion en 2008, Craon est la première société de courses française

en la matière, y compris devant les hippodromes parisiens. En terme de montant

d’enjeux P.M.H. (sur l’hippodrome), la société mayennaise est au huitième rang derrière

Vincennes, Longchamp, Enghien, Auteuil, Saint-Cloud, Deauville-Clairefontaine

et Chantilly.