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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Jour 2 : meilleure résistance que la veille à keeneland

Autres informations / 17.09.2009

Jour 2 : meilleure résistance que la veille à keeneland

Rien de tel qu’une

confrontation entre Cheikh Mohamed et John Magnier pour redonner quelque lustre

à ces ventes qui en avaient besoin. Nous l’avions déjà vue le premier jour en

mode mineur, puisque Coolmore l’emporta pour une somme de 925.000$. Cette

fois-ci, une certaine logique patrimoniale reprit le dessus, et Cheikh Mohamed

emporta pour 2.050.000$ ce magnifique fils de Storm Cat et de la championne

Fleet Indian (Indian Charlie). John Magnier et son fidèle Paul Shanahan

s’étaient placés à l’intérieur du ring de vente, debout près de la porte, alors

que Cheikh Mohamed et son non moins fidèle John Ferguson étaient in the back,

c’est-à-dire à l’extérieur, où le spotter arrière recueille les enchères. Les

deux groupes furent aux prises de 500.000$ jusqu’au final à 2,05 millions.

Magnier mit le chiffre rond de 2 millions, pensant peut-être décourager le

ruler de Dubaï comme la veille, mais quand John Ferguson rajouta les 50.000$

supplémentaires, Magnier déclina le combat à ces nouvelles hauteurs.

John Ferguson exprima la

satisfaction de Darley : « C’est un vrai athlète, doté d’un excellent pedigree,

et les reports vétérinaires étaient très encourageants ». Notons que c’est une

des premières fois que l’apparente confiance vétérinaire figure parmi les

arguments d’achat avancés par un acquéreur, mais n’oublions pas que nous sommes

à Keeneland… Et nous avons là un vrai yearling américain : un père très

confirmé, premier produit d’une mère championne (gagnante des Beldame (Gr1)

avant de s’accidenter dans le Breeders’ Cup Distaff), par une famille aux

nombreux black-types sans relief. Une recette souvent suivie aux USA par les

Paulson et autres Hunt, recette qui privilégie la performance.

 

Les éleveurs de ce top,

Summer Wind Farm, appartenant à Franck et Laura Jane Lyon, parachèvent avec

cette vente “bling bling” une année bénie des dieux pour eux. En effet, ils

avaient déjà réalisé le top de Saratoga avec, là encore, un fils de Storm Cat

qui fut adjugé à Darley, leur “client”, pour 2,8 millions de dollars. Une belle

histoire par ces temps troublés de crise ; d’autant que les époux Lyon avaient

acquis Fleet Indian – pleine de ce poulain – à l’amiable il y a deux ans à

Keeneland, car la jument n’avait pas été vendue à 3,9 millions aux enchères par

ses propriétaires, qui l’avaient courue.

L’atmosphère était donc en

légère amélioration hier avec 3 yearlings à 7 chiffres, c’est-à-dire qui avaient

fait plus d’un million de dollars, mais rappelons quand même que nous avions

l’an dernier 12 yearlings qui avaient franchi cette limite symbolique, ce qui

marque bien la baisse de cette année. En regard du premier jour, les vendeurs

ont ajusté leur réserve, et le pourcentage des vendus est monté à 65%, ce qui

est un progrès. Le prix moyen s’est établi à 293.000$ contre 392.000$ en 2008,

soit une glissade de 25% pour cette journée. Ce qui fait que la baisse de la

moyenne pour le catalogue 1, dit de “sélection”, est de 30%. Reconnaissons que

les experts avaient anticipé une baisse de cet ordre pour des raisons quasiment

chronologiques : le vente de 2008 a eu lieu en pleine débâcle de Wall Street,

sans que cette dernière eût déjà des effets directs sur le marché du pur-sang.

En ce sens, la vente de cette année est la vraie première vente de yearlings

Keeneland dans le sillage de la crise économique. D’où la baisse des moyennes

et du chiffre d’affaires (presque 50%).