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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

L’impérative baisse…

Autres informations / 21.09.2009

L’impérative baisse…

Globalement, le tableau

indique que ces 16 étalons leaders avaient 240 yearlings présentés durant les

deux premiers jours, 150 d’entre eux ont trouvé des acquéreurs, c’est-àdire que

2 sur 3 furent vendus, soit 62,5%. Et parmi ces 150 yearlings vendus, seulement

107 d’entre eux ont dépassé le prix de la saillie de leur géniteur. Ce sont 43

yearlings sélectionnés et vendus qui n’ont pas atteint le prix de saillie de

leur père. Cette statistique est atterrante pour le business de l’élevage aux

USA et, à un degré moindre, dans le monde entier. Elle indique, et nous sommes

pourtant en présence de la crème des reproducteurs américains, qu’un éleveur

qui recherche la qualité a peu de chances, dans les circonstances actuelles, de

recouvrer ses frais de production en amenant ses produits sur un marché ouvert

et régulier. Ces chiffres sont sans appel.

 

La conséquence est immédiate

et claire : les frais de production doivent impérativement baisser, à commencer

par les prix des saillies proposés par les étalonniers, en particulier aux USA

où les vieilles gloires Storm Cat, A.P. Indy et Kingmambo caracolaient à

500.000$, 300.000$ et 250.000$ la saillie. Cette époque est révolue, et les étalonniers

américains et européens.

 

(Darley et Coolmore trustant

les deux côtés de l’Atlantique) ont déjà commencé à anticiper l’an dernier

cette exigence économique. Les acteurs américains approchés à Keeneland sont

formels : les prix doivent considérablement baisser, de 25% minimum à 50%. Il y

va de la survie économique de l’activité.

 

Cependant, ce serait trop

partiel de limiter l’exigence et le débat aux seuls prix de saillies, les

américains et les anglosaxons insistent sur d’autres frais qu’ils jugent

exorbitants comme ceux des vétérinaires, voire des transporteurs ou des

intermédiaires dont les organismes de vente. L’environnement libéral a très

largement favorisé l’hypercroissance de ces dépenses ainsi que les frais

dérivés qui viennent s’y greffer. Un vent de révolte soufflait cette semaine au

Kentucky et il était entretenu par les professionnels du monde entier. Pour

s’en convaincre, il suffit de se rapporter aux propos populistes tenus par John

Ferguson, au nom du Cheikh Mohamed : « Nous devons nous préoccuper des petits

éleveurs, et nous n’hésiterons pas à baisser nos prix de saillie pour rendre

nos étalons accessibles ! »