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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Un démarrage poussif à keeneland

Autres informations / 16.09.2009

Un démarrage poussif à keeneland

Des signes avaient alerté les

observateurs durant l’été et, hormis les ventes de Saratoga qui ont été bonnes grâce

à l’engagement massif et personnel du Cheikh Mohamed, le business s’était

montré timide. C’est pour cela que les pronostics étaient très réservés lundi

matin au début des ventes de yearlings de Keeneland septembre 2009.

Le marché confirma immédiatement

ses mauvaises dispositions puisque l’on sentit au nombre de rachetés que l’enthousiasme

n’était pas au rendez-vous : 59% de yearlings vendus par rapport aux présentés,

soit seulement 1 catalogué sur 2 ! Et même parmi les vendus, on sentait parfaitement

que chacun avait un budget et des limites. Et c’est la première fois depuis

1996 qu’aucun yearling ne franchit la barre du million de dollars en ce jour

d’ouverture. Bien sûr, la moyenne baissait de 36%, et ce déclin traduisait la

morosité ambiante.

Remarquons tout de suite que

cet affaissement est principalement imputable à la faiblesse de la demande des

propriétaires américains, victimes d’une économie encore en convalescence, et

d’un affaissement des allocations au USA. Les opérateurs arabes et européens

ont répondu présent, et la famille Maktoum est largement en tête des acheteurs

avec 16 yearlings adjugés. Et le second acheteur n’est autre qu’un Anglais,

Blandford Bloodstock, dirigé par Tom Goff, qui agissait pour des intérêts

européens et même peut-être pour des proches de Dubaï, tant on l’a aperçu

souvent avec John Ferguson… Cette présence surprenante en seconde position de

cet excellent courtier britannique est le symbole des difficultés américaines

que n’escamotait pas le directeur des ventes, Geoffrey Russell : « Ne faisons

pas d’erreur, la demande est très hésitante et précautionneuse. C’était

difficile d’obtenir des enchères aujourd’hui. Nous sommes entrés dans un

processus de réajustement de notre marché et ces périodes sont toujours

difficiles. »

Le top du jour fut un très

beau poulain d’Unbridled’s Song, frère de la championne Ashado, gagnante des

CCA Oaks (Gr1) et du Breeders’ Cup Distaff (Gr1), qui atteint la somme de

925.000 $. Mais pour faire ce prix très raisonnable, ce poulain fut l’objet

d’une lutte à laquelle nous ne sommes plus habitués ! En effet, Demi O’Byrne

acheta le poulain pour John Magnier (Coolmore) qui était présent, et le

sous-enchérisseur fut John Ferguson pour le compte de Cheik Mohamed qui lui

aussi assistait au combat. La conjoncture magique pour les vendeurs. Et c’est

ce que pensa Marie Jones, l’éleveur, ravie par ce top-price issu de sa

merveilleuse poulinière, Goulash.

Nous attendrons demain pour

tirer des enseignements sérieux sur le catalogue 1 qui rassemblait

théoriquement les meilleurs yearlings. Cependant, le marché se déplace vers des

prix très raisonnables – à l’instar de l’Europe –, comme nous le révèle cette statistique

: en 2008, 36 yearlings avaient dépassé les 500.000$ le premier jour des

ventes, alors qu’ils ne sont que 9 cette année. Tout est là.