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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Une chute du commerce des “chevaux utiles”

Autres informations / 22.09.2009

Une chute du commerce des “chevaux utiles”

KEENELAND – COMPTE-RENDU DU

JOUR 6

Ce week-end fut marqué par la

patte de l’étalon leader Street Cry (Machiavellian), stationné chez Darley dans

le Kentucky. En effet, alors que Princess Haya, par Street Cry, gagnait sans

coup férir les Canadian Stakes (Gr2), une autre des filles de l’étalon-vedette

réalisait le top-price du jour à Keeneland. L’acheteur était l’entraîneur local

John Ward, qui, agissant pour le compte de John Oxley, déboursa 370.000$ pour

cette superbe fille de Street Cry. Compte tenu de son modèle et de ses

origines, les observateurs s’étonnèrent que cette yearling apparaisse aussi

tard dans la vente. Pourquoi n’avait-elle pas été présentée plus tôt ? Son

consigner, l’habile Pat Costello, rétorqua alors : « Nous voulions la

déclasser, et c’est ce qui s’est produit. Aujourd’hui, elle était une star,

c’est ce que nous cherchions avec la famille O’Rourke qui l’a élevée. » Comme

quoi, il y a des stratégies gagnantes dans le marketing des ventes de

yearlings.

 

Cette sixième journée a été

marquée par une chute de la moyenne, qui baisse à -37%, et ce glissage est la

conséquence de l’ajustement des prix de réserve par les vendeurs, qui ont donc

moins défendu leurs yearlings. Par ricochet, on observe une hausse des sujets

vendus, à 70% des yearlings présentés, ce qui n’était pas le cas les jours

passés. On reste donc sur une tonalité plutôt déprimée à Keeeneland, tout en

notant que les bons animaux se vendent très facilement.

 

Cette situation nouvelle est

parfaitement traduite par les pinhookers américains qui anticipent le tournant

décrit, en achetant beaucoup moins que les années précédentes  :

« Le marché est désormais

très sélectif. Ou bien le yearling est “dans” le marché, ou bien il devient

invendable. » Mike Mulligan, opérateur de Leprechaun Racing, expliquait au TDN

: « L’époque où l’on achetait un cheval utile, et où l’on vendait des chevaux

utiles avec profit, est révolue ! »

« Désormais, les acheteurs ne

s’intéressent qu’à la qualité supérieure, les sujets qui ont quelque chose de

spécial, quelque chose qui les distingue de la moyenne, ajoutait Niall Brennan.

On assiste donc au dépérissement du commerce des chevaux utiles, qui

constituaient la grande masse de la production des éleveurs, lesquels ont

rarement le privilège ou la chance de faire naître que des animaux qui sortent

de l’ordinaire. Cette tendance s’affirme donc à Keeneland, et pour la première

fois, les premières statistiques des naissances confirment enfin une diminution

des foals nés aux USA en 2009.