Forum jeux en ligne

Autres informations / 09.10.2009

Forum jeux en ligne

Le débat sur l’ouverture du marché des jeux en ligne est

vital pour notre filière. Mais c’est aussi un débat complexe, dans lequel il

n’est pas toujours facile de se repérer. Sur la suggestion d’un de nos abonnés,

nous vous proposons de nous envoyer les questions que vous vous posez, et nous

essaierons d’y répondre dans JDG. Vous pouvez adresser vos courriers à :

mayeul.caire@gmail.com

 

Alain Brachet – Ayant observé en Angleterre les problèmes

liés aux cotes fixes et aux paris pouvant être pris sur un cheval après une

course pour une course l’année suivante, j’aimerais que cette question des

cotes fixes soit clarifiée. Jour de Galop. – Le choix qui a été fait par le

législateur a été d’autoriser les cotes fixes sur le sport, au titre que c’est

la forme dominante de paris sur le sport. Les courses, en revanche, ont été

cantonnées au pari mutuel – à la fois parce que c’est le modèle dominant dans

le monde (seuls quelques pays, comme l’Angleterre, pratiquent la cote fixe –

mais les États-Unis, le Japon et Hongkong sont en mutuel), et parce que le

mutuel est à la base de la réussite du modèle français.

Concernant l’antepost betting (parier sur une course à

l’avance), sachez qu’il n’est pas contradictoire avec la notion de mutuel. Les

États-Unis, par exemple, organisent des paris en antepost sur les courses de la

Triple Couronne en mutuel : ils ouvrent un livre en mutuel, par périodes, sur

la foi des partants probables, et le referment. Puis, le soir de la course, le

livre est dépouillé et les paris payés.

 

Didier Krainc – Je n’ai toujours pas compris (mais je dois

être un peu bouché...) pourquoi tous les institutionnels des courses se sont

arc-boutés sur leurs positions et ont tant lutté pour préserver le mutuel,

alors que c’est la forme de jeu qui gangrène le programme et qui focalise

l’attention du joueur de base et du grand public sur des handicaps médiocres en

la détournant donc du vrai sport hippique ! D’où la schizophrénie qui règne

dans la communication des courses (cf. ce débat surréaliste sur la charte de

Philippe Augier...). La cote fixe aurait permis de réaliser enfin ce vieux rêve

de réconcilier le sport et le jeu et donner un vrai coup de jeune aux courses,

en les mettant au diapason des autres sports (qui bénéficieront tous de la cote

fixe). Bien sûr, le mutuel garantit naturellement le retour à la filière. Mais

puisque ce retour est désormais inscrit dans la loi (ce qui était absolument

nécessaire, tout le mode en convient), le voilà garanti pour tout autre forme

de jeu également. Donc où est le problème ?

En outre, le jeu en ligne ne représentera pour les premières

qu’une petite part des enjeux hippiques, le risque pouvait donc être facilement

maîtrisé. On aurait pu laisser le monopole du mutuel sur les réseaux en dur et

ouvrir la porte à la cote fixe sur Internet, pour mettre enfin le projecteur du

jeu sur le sport, les cracks et les courses classiques. Avec des sponsors tout

trouvés !

Il me semble que l’approche aurait été plus moderne, plus

maligne et plus porteuse d’avenir, y compris pour le PMU qui, sans culture

“cote fixe”, aura bien du mal à se diversifier sur d’autres sports que

l’hippisme !

Jour de Galop. – De l’avis général, la cote fixe protège

moins les parieurs que le mutuel, notamment parce qu’un amateur (le parieur)

joue contre un professionnel (le bookmaker), qui est forcément mieux informé

que lui... à moins que l’amateur en question ne soit vraiment très (trop ?)

bien informé, ce qui n’est pas plus rassurant.

L’idée du législateur était précisément de ne pas opposer le

dur et le on-line – d’où son refus de séparer les deux masses, ce qui avait été

demandé par certains candidats à une licence.

Enfin, il paraît évident que le PMU, s’il veut s’implanter

dans les paris sportifs, aura recours à des recrutements de spécialistes de la

cote fixe.