Hubert monzat…

Autres informations / 06.10.2009

Hubert monzat…

Puis, après un rappel du contexte des jeux en France,

Hubert Monzat a insisté sur le fait que cette ouverture

serait “maîtrisée”. Cet adjectif joue en effet un rôle-clé : la maîtrise veut

dire que cette ouverture tiendra compte de la dimension sociale (lutte contre

l’addiction et le jeu des mineurs notamment) et encadrera strictement les

risques de criminalité (blanchiment d’argent, etc.). Il a aussi rappelé que

cette ouverture ne concernait qu’Internet et, dans le cas des courses de

chevaux, n’autorisera que le pari de type “mutuel”.

 

 

Dans sa longue conclusion, Hubert Monzat a parlé de

l’avenir, proche et plus lointain. Voici le texte intégral de la der nière

partie de son intervention :

« Le projet de loi sera débattu et voté à l’Assemblée Nationale

les 7, 8 et 9 octobre. Une fois voté, le texte sera présenté au Sénat pour être

définitivement adopté et il entrera en vigueur en 2010. À l’origine, le

gouvernement français avait tablé sur janvier 2010. Mais le calendrier – avec

un processus législatif encore en cours – indique que l’ouverture devrait

plutôt avoir lieu en milieu d’année. La loi entrerait en vigueur au plus tard

en juin 2010, pour le lancement de la Coupe du monde de football en Afrique du

Sud.

 

 

L’ouverture est-elle une chance ou une menace ?

 

1) La loi, telle qu’elle a été présentée par le

gouvernement, constitue la meilleure protection que nous pouvions espérer pour

la filière hippique en France :

Parce que seul le mutuel sera autorisé pour les paris sur

les courses de chevaux;

Parce que les Sociétés-mères percevront 8% des enjeux, en

retour de la mission de service public qu’elles exercent;

Parce que le taux moyen de retour aux parieurs sera

plafonné.

Il est essentiel que la loi établisse clairement le principe

des 8% de retour aux Sociétés de courses pour couvrir les coûts d’organisation

de nos compétitions.

 

 

2 ) La décision de la Cour de Justice des communautés

européennes du 8 septembre renforce la pertinence de la position du

gouvernement français. Elle établit, au nom du principe de subsidiarité, la

légitimité des gouvernements dans la promulgation de réglementations

restrictives et proportionnelles en matière de jeux d’argent. Elle exclut aussi

le principe de reconnaissance mutuelle, lequel ouvre la porte à toutes sortes d’abus.

 

3) L’ouverture du marché est aussi une formidable opportunité

de moderniser l’Institution des courses. L’émergence de nouveaux opérateurs de

paris hippiques, la nouvelle compétition entre les différents paris sportifs,

impliquent pour nous de développer une stratégie marketing beaucoup plus

offensive que par le passé, aussi bien en France qu’à l’étranger.

 

4) Concernant le prélèvement de l’État et les 8% des

Sociétés-mères, il est essentiel que les règles du jeu soient aussi proches que

possible entre les paris sportifs et les paris hippiques. Actuellement, le

prélèvement de l’État (7,5%) est le même, mais il y a une différence entre les

8% de retour aux Sociétés de courses et les 3% ou 4% qui reviendront aux

organisateurs de compétitions sportives. Cela crée un déséquilibre qui va

jusqu’à 4%.

 

 

5) Cette différence de 4% constitue une menace réelle pour

l’industrie des courses.

 

6) C’est pourquoi l’Institution des courses reste mobilisée

et continuera d’intervenir auprès du gouvernement pour faire réduire ce

différentiel, tout en développant au travers de son G.I.E. une politique

marketing renforcée, n’excluant pas, si la loi est votée, une éventuelle

diversification du PMU sur les paris sportifs.

 

 

 

Carte blanche à Maurits Bruggink

CINQ CLÉS POUR LES CINQ ANNÉES À VENIR

Il y a cinq ans, Maurits Bruggink, prenait la parole pour la

première fois à la Conférence internationale. Pour marquer cet “anniversaire”,

le directeur de la FIAH a présenté l’évolution économique des courses et des

paris au cours des cinq dernières années... et défini quelques tendances pour

les cinq années à venir. Et c’est passionnant.

 

« Depuis cinq ans, la cadence de l’évolution a été

ahurissante. Alors que nous nous focalisions sur la protection de nos

monopoles, plusieurs entreprises de paris qui jouissaient d’un monopole se sont

ouvertes à la concurrence, au moins en ligne, ou vont le faire. D’autres

institutions hippiques, tout en conservant le monopole de la prise de paris,

ont ouvert leur programme de courses, en acceptant d’intégrer plus de courses

étrangères à leur programme, ou en autorisant plus de chevaux étrangers à

participer à leurs courses, ou en vendant leurs images à l’étranger ou en

faisant masse commune avec d’autres opérateurs de pari mutuel étrangers.

 

La Fédération internationale des Autorités hippiques (FIAH)

a, ou selon moi devrait avoir, un rôle important dans cette évolution. (...)

Voici maintenant mes cinq prédictions-clés pour les cinq

années à venir.

 

1) Distribution

Les enjeux nationaux et internationaux vont croître, par le

double effet de législations plus tolérantes et de la poursuite de l’ouverture

du marché des jeux en ligne. En empruntant leur vocabulaire aux marchés

financiers, je crois au développement [“I go long“] des opérateurs qui seront

capables d’améliorer la distribution de leurs produits dans le réseau en dur et

en ligne, en faisant évoluer leur réglementation et en maîtrisant leur

technologie. Pour ceux qui ne sont pas familier du vocabulaire financier, “to

go long“ signifie que la valeur d’une entreprise va croître avec le temps,

alors que “to go short“ veut dire que sa valeur va baisser.

 

2) Contenus internationaux

Les opérateurs vont vouloir tirer le profit maximal de leur

licence, de leurs infrastructures et augmenter leurs revenus en offrant de plus

en plus d’occurrences de paris tout au long de la journée. Pour cela, ils vont

augmenter leur offre de courses internationales. Pour prendre un exemple

récent, les parieurs australiens peuvent regarder les courses françaises au

milieu de la nuit, et parier sur elles. Et c’est un succès prouvé.

Je ne crois pas au développement des opérateurs qui ne

comptent que sur leurs courses.

 

 

3) Paris en masse commune

L’offre de courses étrangères sera complétée par des accords

de prise de paris en masse commune avec d’autres pays. Ces accords permettront

aux opérateurs de rendre leur offre plus attractive, sans avoir besoin de faire

de lourds investissements. Prenons à nouveau un exemple. Je viens juste de

mentionner les courses françaises proposées en Australie la nuit. Le PMU

néo-zélandais a décidé d’offrir les mêmes images et les mêmes paris sur les

courses françaises. Pour que la masse soit intéressante, le PMU néozélandais a

additionné ses paris à la masse australienne. Je crois au développement des opérateurs

qui investiront dans la technologie de prise de paris en mutuel.

 

4) Stratégie de marque

Les paris sportifs, le poker et les autres formes de jeux

d’argent et de loisirs vont obliger les courses à faire évoluer leur offre pour

attirer les jeunes.

Je crois au développement des opérateurs qui auront une

approche proactive dans la conquête de nouveaux publics.

 

5) Harmonisation des règles

La vente de courses à l’international va conduire à une harmonisation

plus importante à la fois des types de paris et des règles de jugement des

courses. La FIAH jouera un rôle important dans l’harmonisation des règles de

jugement des courses.

Je crois au développement des organisateurs de courses qui

feront évoluer leurs règles pour les rendre plus lisibles, plus prévisibles et

attirantes pour un public étranger. »