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Jour de Galop

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La course de tous les dangers pour sea the stars

Autres informations / 04.10.2009

La course de tous les dangers pour sea the stars

QATAR PRIX DE L’ARC DE

TRIOMPHE (GR1)

Comment aborder une édition

du Qatar Prix de l’Arc de Triomphe (Gr1) quand se présente au départ un

candidat de l’envergure de Sea the Stars (Cape Cross) ? Auteur d’une série

magique jamais réalisée (2.000 Guinées, Derby d’Epsom, Eclipse Stakes,

International Stakes, Irish Champion Stakes), le fils de la désormais

légendaire Urban Sea (Miswaki) est plus qu’attendu. C’est un euphémisme. Jamais

de notre point de vue, un candidat nanti d’un rating aussi haut, avant même de

triompher dans l’Arc, ne s’était présenté au départ du championnat du monde de

la distance classique. Les 140 attribués par la vénérable institution britannique

de Timeform sont une anomalie et intrigue comme telle. Montjeu ne s’est-il pas

vu attribuer “que” 134 après sa victoire ? 140 n’est-il pas la valeur, en fin

de carrière (à 3ans), de Dancing Brave (Lyphard), gagnant de l’un des meilleurs

“Arcs” de tous les temps, devant Bering (Arctic Tern) et Triptych (Riverman) ?

Même Nijinsky (Northern Dancer), dernier titulaire de la Triple couronne

britannique des mâles, a fini sa carrière en 138. Sinndar (Grand Lodge) et

Dalakhani (Darshaan), tous deux gagnants de “l’Arc”, ont même des ratings

inférieurs à 135… Quand à la valeur sommitale établie à 145 par Sea Bird (Dan

Cupid), c’est bien au sortir de l’Arc, et grâce à lui, qu’il a pu la revendiquer.

 

Des enterrements de première

classe

Mais l’Arc de Triomphe est

aussi une course particulière, facétieuse. N’y a-t-on pas vu des naufrages,

certains diront des enterrements de première classe, de terreurs

angloirlandaises ? Même en accordant un demi satisfecit à Nijinsky qui y a

perdu son invincibilité en 1970 face à Sassafras, les présumés exceptionnels

Troy (Petingo – Derby d’Epsom, Irish Derby, King George et International

Stakes), Reference Point (Mill Reef – Derby d’Epsom, King George, Great

Voltigeur Stakes et St-Leger) et Generous (Caerleon – Derby d’Epsom, Irish

Derby et King George) y ont péri corps et biens. Tous étaient de grands

champions. Tous ont tout gagné ou presque à 3ans, courant beaucoup de grandes

courses outre-Manche. Et finalement, aucun n’a gagné l’Arc. Troy a terminé

troisième (1979), Reference Point, huitième (1986), et Generous, huitième

(1991).

Le challenge est en tout cas

passionnant et audacieux. Sea The Stars a beaucoup à y gagner et énormément à y

perdre.

Certes les conditions

météorologiques et le terrain seront des alliés puissants pour Sea The Stars.

Un doute subsiste pourtant encore et toujours sur la tenue du champion. Samedi,

des journalistes anglais évoquaient tout haut cette interrogation. Soit, le

pensionnaire de John Oxx a remporté le Derby d’Epsom. Mais il s’agit là de sa

seule incursion dans la dimension des 2.400m. Sa meilleure distance semble à ce

jour se situer dans le créneau des 2.000 / 2.200m. Face à dix-huit adversaires

de haut vol, sera-t-il aussi souverain dans les derniers deux cents mètres ? Sa

tenue peut être mise à rude épreuve par le jeu des leaders et des concurrents

adeptes du “Grand Train” comme Stacelita ( M o n s u n ) .

Dans une telle éventualité,

le chrono record de l’Arc pourrait d’ailleurs tomber, tous les facteurs sont en

tout cas réunis pour qu’il le soit :

terrain léger et qualité du

champ présent.

 

Et après ?

Une question a rarement été

évoquée : l’après “Arc” de Sea The Stars. Quel peut être son futur ? Evidemment

une victoire ou une défaite changerait sensiblement la prise de décision. Mais

l’entourage ne s’est pas, pour l’instant, clairement exprimé à ce sujet et face

à une industrie de l’élevage en plein marasme, crise oblige, l’option course ne

peut être complètement écartée. Et si Sea The Stars restait à l’entraînement à

4ans ?