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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

L'excellente résistance...

Autres informations / 13.10.2009

L'excellente résistance...

LE MAGAZINE

Mardi 13 octobre 2009 / 8

L’ère des folies est passée

On revient à des prix plus

raisonnables, ce qui est plus professionnel et surtout bien plus encourageant,

tant pour les éleveurs producteurs que pour les acheteurs qui trouvent plus

facilement à des prix abordables de bons animaux. C’est pour cela que l’on observe

un resserrement de fourchette entre les prix moyens et médians, soit à

Newmarket entre 80.000Gns et 110.000Gns qui semble être la cible centrale du

yearling sélectionné, et environ une fourchette 50.000€ à 70.000€ pour Goffs

Irlande. Ces chiffres nous semblent importants dans la mesure où ils formatent

le “bon yearling” que cherchent à fabriquer les éleveurs irlandais, anglais et

français, la “vérité” devant se situer entre Tattersalls et Goffs comme l’est

Deauville Arqana avec une fourchette 75.000€ 115.000€ pour l’ensemble de la

vente d’août (en fait 100.000-150.000€ pour la sélection des trois premiers

jours d’août, et une moyenne de 50.000€ pour le lundi). En somme, sans établir

des moyennes trompeuses, la cible du “yearling moyen” que visent les éleveurs

européens en général se positionne entre 50.000 et 100.000€.

 

Plus que jamais, les

organismes de ventes et les acteurs du marché cherchent à définir

le "juste prix" des

animaux, sachant que les excès à la hausse, tout comme les déroutes, empêchent

de trouver ce régime de croisière qui autorise une pratique rentable et

régulière de l'élevage.

 

Ces estimations qui résultent

des dernières ventes plus ou moins sélectionnées donnent des indications

significatives pour la gamme des étalons qui seront utilisés en 2010. Les

moyennes du 3e jour de Goffs

et du lundi “d’Arqana août” indiquent que, faute d’une jument qui sort de

l’ordinaire, il est devenu aventureux d’utiliser des étalons qui dépassent la

zone des 20.000/30.000€ la saillie. Ce calcul élémentaire démontre la nécessité

absolue d’une baisse sensible du prix des saillies en Grande-Bretagne et en

Irlande. Les commentaires allaient bon train les dernières semaines autour des

rings de ventes de ces pays, et l’on doit s’attendre à une baisse d’au moins

25% des prix 2010,

sachant que ces pays avaient déjà

bien réduit en 2009 leurs prix de saillie. Précisons que ce mouvement de

baisse, qui ne peut épargner la France, n’y sera cependant pas de même

amplitude, compte tenu de l’aspect plus que raisonnable des saillies des bons

étalons stationnés dans l’Hexagone.

 

On observe un resserrement de

fourchette entre les prix moyens et médians.

 

Trouver le “juste prix”

Mais il faut bien comprendre

que ces ajustements représentent le prix à payer pour instaurer un marché sain

du yearling, ce dernier marché conditionnant le prix des chevaux à l’entraînement

ainsi que celui des animaux d’élevage. Plus que jamais, les organismes de

ventes et les acteurs du marché cherchent à définir le “juste prix” des

animaux, sachant que les excès à la hausse, tout comme les déroutes, empêchent

de trouver ce régime de croisière qui autorise une pratique rentable et

régulière de l’élevage. Les écarts observés ces dernières années sont néfastes

pour ces marchés car il ne faut jamais oublier que l’activité d’élevage est

impropre aux calculs et variations de court terme : il se déroule trois ans

entre le choix de la saillie et la réalisation de la vente du produit !

Parmi ces ajustements, on ne

peut passer sous silence les décisifs changements de formats opérés par Goffs,

Arqana et Tattersalls. L’heure est à la réduction du nombre de sujets vendus

durant une vacation, et le constat que nous révèle cette année dans un contexte

pourtant difficile est évident : plus le format est réduit, plus les prix se

tiennent. Face à l’indéniable crise, les décisions courageuses et parfois

impopulaires des organismes de ventes, ont été à la base de la bonne tenue des

ventes en Europe. Et de plus, insensiblement, ils inciteront les éleveurs à

être eux-mêmes plus sélectifs, se mettant en position de produire ce que le

marché réclame, et ceci dans des quantités réduites. Au fond, la structure et

le format des ventes agiront de la même façon qu’est sensé agir le programme

des courses : façonner la production et organiser la sélection, le cœur de

l’activité.