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Jour de Galop

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Sea the stars : seul en piste... et seul au haras

Autres informations / 14.10.2009

Sea the stars : seul en piste... et seul au haras

Par Mayeul CAIRE

 

C’est LA question. Où Sea the

Stars fera-t-il la monte l’année prochaine ? Dans un premier temps, tous les

regards se sont tournés vers les deux monstres de l’élevage mondial : Coolmore

et Darley. Notons au passage ce fait amusant : par ses origines (fils du

“Darley” Cape Cross et frère du “Coolmore” Galileo), Sea the Stars se trouve en

quelque sorte à l’intersection des deux grandes puissances du pur-sang – au

milieu du champ de bataille.

 

Les offres n’ont pas manqué.

Le dimanche de “l’Arc”, on a vu Michael Tabor en grande conversation avec

l’entourage du crack. Le Cheikh Mohamed Al Maktoum aurait proposé 45 millions

d’euros à Christopher Tsui juste avant le Derby d’Epsom. C’était, pour un cheval

ayant un seul Gr1 au compteur (certes, il s’agissait des “Guinées” et le cheval

était fils d’Urban Sea), une somme très élevée. Or la proposition avait été

immédiatement refusée. Et, depuis, Darley a sans doute fait des propositions

encore plus démesurées. S’il est bien un cheval qui passionne le Cheikh

Mohamed, c’est Sea the Stars. D’abord parce que c’est un fils d’un de ses

étalons préférés, Cape Cross. Ensuite parce que c’est le frère de Galileo – ce

qui en ferait le rival idéal du grand sire de Coolmore, que les Maktoum n’ont

toujours pas réussi à concurrencer au haras.

Rien n’y a fait. L’entourage

de Sea the Stars n’a jamais donné l’impression de pencher en faveur de l’une ou

de l’autre des deux entités. En pleine guerre mondiale du pur-sang, Sea the

Stars a choisi la neutralité. Nous avons mieux compris cette position en

recueillant les confidences de Christopher Tsui au lendemain de “l’Arc” : « Sea

the Stars est comme un membre de notre famille. » On ne vend pas un frère ou un

fils...

 

Mais, s’il ne va ni chez

Coolmore ni chez Darley, que reste-t-il comme choix ? Les “Tsui” ont dit leur

préférence pour un stationnement en Irlande, un choix de cœur et de raison. La

presse britannique cite donc aujourd’hui trois candidats : écartons Plantation

Stud, qui est situé en Angleterre ; écartons aussi Kildangan Stud (où est

stationné Cape Cross), parce que c’est l’antenne irlandaise de Darley. Reste

l’Irish National Stud.

Ce dernier choix constitue

une forme de logique, puisque la famille Tsui y a ses habitudes, y ayant

stationné Urban Sea pendant la deuxième partie de sa carrière de poulinière (il

faut se souvenir que, lors de la première partie de sa carrière, Urban Sea

stationnait à Coolmore et les “Tsui” l’en avait retirée avec fracas – ce qui

fait que Coolmore n’était certainement pas le premier choix pour Sea the

Stars).

 

Le problème pour l’Irish

National Stud, c’est qu’il a connu un changement récent qui va peser lourd dans

la décision des “Tsui” : John Clarke, son emblématique directeur, a quitté son

poste. Or John Clarke apparaît aujourd’hui comme le conseiller n°1 des “Tsui”

en matière d’élevage, après avoir fait naître Sea the Stars. On le voit donc

très mal recommander aux “Tsui” son ancien établissement...

 

Notre pronostic est donc que

Sea the Stars fera la monte directement sous la houlette des “Tsui”.

C’est-à-dire, probablement, dans un haras irlandais dont ils feraient

l’acquisition tout spécialement pour y stationner Sea the Stars. Cela

correspond bien à leur état d’esprit : la place d’un « membre de la famille »

n’est-elle pas à la maison ? Christopher Tsui ne nous a-t-il pas confié, lundi

dernier, qu’il espérait que Sea the Stars offrirait une continuité à Urban Sea,

cette exceptionnelle matrone qu’ils se sont toujours refusés à vendre ? Sea the

Stars était seul en piste ; il serait seul au haras.

Pour aller dans ce sens, John

Clarke ferait, de plus, un directeur de haras idéal – il a toutes les

connaissances et l’expérience requises, aussi bien techniques, que managériales

et commerciales.

 

Lorsque les “Tsui” auront

fait connaître leur choix, il ne restera plus qu’un inconnue : son prix de

saillie. En période de prospérité, il aurait peut être pu débuter à 100.000

euros, en profitant de son incroyable lignée maternelle, de ses performances et

de la cote d’amour globale dont il jouit auprès du grand public comme auprès

des professionnels. Mais la crise est passée par là, et la plupart des haras

irlandais ont baissé leurs prix. Cela indiquerait que Sea the Stars débuterait plutôt

entre 60.000 et

80.000 euros.