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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Un partenariat et un week-end très réussis

Autres informations / 08.10.2009

Un partenariat et un week-end très réussis

Jour de Galop. – Quel est

votre regard sur l’édition 2009 de “l’Arc” ?

Louis Romanet. – Sea the

Stars est un cheval hors normes, qui a permis d’accroître encore la couverture

médiatique de la course. Je pense qu’il même été plus médiatisé que Zarkava, à

la fois parce que c’est un mâle, parce qu’il a gagné en Angleterre et en

Irlande avant de venir en France, et parce qu’il a remporté un Groupe 1 tous

les mois pendant six mois ! Et puis la course a été passionnante : on a eu peur

pour Sea the Stars, avant qu’il n’ait ce passage éblouissant dans la ligne

d’arrivée.

 

Et sur le plan de

l’organisation ?

Je veux personnellement

féliciter Hubert Monzat et toutes les équipes de France Galop pour leur

sansfaute. Or je crois que je suis bien placé pour connaître la difficulté

d’organiser un tel événement, et les risques que cela comporte, n’est-ce pas ?

(Rires) De plus, avec le recul et la connaissance, je suis devenu un

observateur critique. Oui, vraiment, l’accueil des étrangers, l’accueil du

public et le nouveau programme ont parfaitement fonctionné. L’initiative de

disputer “l’Arc” plus tôt dans la journée, de placer le Prix du Cadran après le

Qatar Arabian World Cup et d’ajouter une neuvième course ont été de grands

succès. Encore une fois, un grand bravo à tous, et en particulier à Hubert

Monzat, qui a mené à bien l’organisation de “l’Arc” en parallèle avec la

préparation de la discussion du projet de loi sur l’ouverture du marché des

jeux à l’Assemblée nationale.

 

Après deux éditions, que

doit-on penser du partenariat avec le Qatar ?

Ç’a été un pari. Je me

souviens, il y a deux ans, de nos trois jours de négociations au début du mois

de décembre. Nous avions discuté des modalités financières, mais nos amis

qataris voulaient autre chose : une grande course pour chevaux arabes le jour

de “l’Arc”, d’autres belles courses pendant la semaine, une vente spécifique...

Nous avons finalement signé un protocole d’accord, à la condition que “l’Arc”

deviendrait une course plus riche encore. Du coup, le sponsoring est passé de 2

à 3 M€... et l’allocation a atteint les 4 M€. Évidemment, tout le monde était

un peu inquiet, ce qui est normal dans un projet d’une telle ampleur. Mais

après une année de lancement qui a été émaillée de quelques incidents (les

boîtes de “l’Abbaye”, l’arrivée du Qatar Arabian World Cup...), l’édition 2009

a été parfaite. Nous avons fait un carton plein, avec de très beaux moments,

comme l’hommage rendu à Yeats.

 

La présence d’une course de

chevaux arabes le jour de “l’Arc” ne convainc pas encore tout le monde...

Eh bien j’ai relevé une

donnée très intéressante sur les enjeux PMU du week-end : derrière “l’Arc”, qui

a évidemment recueilli la grande majorité des enjeux, la course qui a le plus

attiré d’enjeux est... le Qatar Arabian World Cup, juste devant “l’Opéra” ! Qui

aurait pensé cela ? Cela montre que les mentalités changent. Et puis les chevaux

arabes ont des ambassadeurs magnifiques : j’ai personnellement trouvé General

GB, le vainqueur du Qatar Arabian World Cup, exceptionnel.

 

Quelle est votre conclusion

sur ce grand week-end ?

Nous avons pris des risques

calculés avec la stratégie de booster “l’Arc”. Et ces risques ont payé, notre

partenariat est vraiment bien établi. J’ai recueilli dimanche le témoignage de

gens très importants, qui voulaient savoir pour combien d’année nous étions

engagés, et quel était le montant du partenariat... Manifestement, ils

s’intéressaient à la question ! Ils ont compris que les retombées étaient

phénoménales. Je suis en tout cas heureux que notre partenaire ait atteint son

objectif.

 

 

 

LOUIS ROMANET…

 

Et sur le sujet de la

cravache ? Là aussi, des écarts demeurent...

Là, en revanche, nous avons

beaucoup avancé : même si le nombre de coups ne sera pas unifié, nous sommes

arrivés à une position commune sur la manière de l’utiliser.

 

Et les médications ? On sait

que les Américains se font tirer l’oreille.

C’est l’autre sujet sur

lequel nous avons acté des progrès. L’interdiction des stéroïdes anabolisants

est devenue la règle. Nous avons aussi progressé sur les seuils de détection

des produits prohibés.

Actuellement, nous

travaillons sur les délais d’utilisation des anti-inflammatoires non

stéroïdiens avant une course. Aux États-Unis, c’est 48 heures ; alors que nous

sommes à quatorze jours... Nous allons essayer de convaincre les Américains

d’augmenter le délai. Mon discours de Saratoga a été entendu. Un mouvement

important est en marche, malgré le lobby des vétérinaires et des laboratoires

américains, pour qui les enjeux financiers sont énormes.

 

Pensez-vous qu’un jour,

toutes les règles seront enfin harmonisées ?

Vous savez, le stade actuel

de l’harmonisation, c’est déjà quarante ans de travail ! Mais je remarque que,

de plus en plus souvent, des pays réagissent à chaud et modifient leurs règles

sans faire de consultation préalable au niveau mondial. Il existe un vrai

danger de dérégulation lié aux enjeux économiques et politiques. C’est

inquiétant. D’ailleurs, pour parler de l’exemple européen, le concept de

Bruxelles n’est-il pas la dérégulation permanente ?