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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Un pour tous... mais tous différents !

Autres informations / 03.10.2009

Un pour tous... mais tous différents !

L’éditorial

Par Mayeul CAIRE

Vendredi, l’Association des

paris mutuels européens a accueilli, au

siège du PMU, la 2e édition

de son

Racing Betting & Business

Forum auquel ont assisté 80 responsables de sociétés de course, sociétés de

prise de pari et de médias venus du monde entier. L’après-midi était découpée

en deux tables rondes : “Promotion d’un calendrier international” et “Internet,

nouveau média pour la prise de pari”.

 

Il est intéressant de noter

une remarque récurrente lors de la première table ronde : selon plusieurs

intervenants, notre sport souffrirait de ne pas assez raconter ses belles histoires,

de ne pas façonner de héros, de légendes mondiales comme le font d’autres

sports.

Pour étayer ce propos, un

intervenant racontait que son fils de 7 ans avait brutalement eu envie de faire

de l’athlétisme, après avoir découvert le phénoménal Usain Bolt à la

télévision. Pourquoi cette envie subite ? Parce quelerecorddumondedu 100

 

mètres était tombé ? Non :

simplement parce que le petit garçon a été frappé par le geste dit “de

l’archer” mimé par Usain Bolt après chacune de ses victoires.

Certes, la mimique du

Jamaïcain est marquante... Mais les sportsmen qui regardaient le Breeders’ Cup

2008 devant Equidia se souviennent certainement que, un an avant Usain Bolt,

l’entraîneur américain Bob Baffert avait fait ce même “geste de l’archer” pour

célébrer ses deux victoires au cours de la grande réunion hippique de Santa

Anita. Et Baffert n’est pas pour autant devenu un mythe.

Conclusion provisoire : la

performance seule ne suffit pas ; il faut aussi un “signe” si l’on veut créer

un mythe. Dans notre domaine, cela rappelle Christophe Soumillon lançant son

casque dans la foule après son succès avec Zarkava dans “l’Arc” 2008…

 

Toujours dans le même ordre

d’idée, une intervenante regrettait que rien n’ait été prévu, en cas de

victoire de Sea the Stars dimanche, pour médiatiser au niveau mondial ce cheval

hors normes. L’intervenante, qui dirige une agence de communication (eh oui...)

aux États-Unis, voudrait une “Direction de la communication et du marketing

mondiale”, qui défendrait les intérêts des courses de chevaux auprès des

journalistes et du grand public de tous les continents. Une “DirCom” mondiale

qui serait capable, par exemple en cas de victoire de Sea the Stars,

d’expliquer à tous les habitants de la planète à quel point il faut aimer le

représentant de Christopher Tsui, et s’incliner devant son exploit. Son idée

est, là encore, que notre sport manque de légendes, de héros, au niveau

mondial.

Dans le même temps, la

plupart des intervenants ont souligné que les courses devaient attirer les

jeunes, et plus communiquer. J’ai envie de poser une question : si Sea the

Stars gagne, Michael Kinane (avec tout le respect que j’ai pour lui) est-il le

mieux placé pour incarner la jeunesse (il a passé la cinquantaine) et pour

tenir le micro (c’est un homme plutôt modeste et discret) ?

 

Mais au-delà de cela, il me

semble que cette idée d’une communication mondiale sur notre sport, inspirée du

football, bute sur une limite de taille : avant d’unifier notre communication,

ne devrions-nous pas commencer par unifier les règles de notre sport ? Comment

espérer communiquer au niveau mondial, quand on juge différemment une arrivée

de course en France et en Angleterre ? Sans parler des différences qui existent

entre les races (pur-sang, arabe, standardbred, trotteur français...) et les

types de courses (plat, obstacle, trot, amble...). Au football, les règles sont

les mêmes à tous les niveaux de compétition et dans tous les pays du monde. Et,

pour ne rien gâcher,elles sontsimples.Ça, c’est le travail de la Fédération

internationale des autorités hippiques qui se réunira lundi à France Galop, comme

chaque année, sous la présidence de Louis Romanet.