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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Discours d’hubert tassin à l’a.g. des p.p. du 15 novembre

Autres informations / 17.11.2009

Discours d’hubert tassin à l’a.g. des p.p. du 15 novembre

« Mon engagement dans

l’Institution des Courses, au sein de l’association des P.P. comme dans les

instances de France Galop, n’a qu’une justification : défendre la place des

propriétaires et des éleveurs qui jouent la carte des courses et de l’élevage

français et ne pas laisser les courses françaises comme terrain de jeux de la

spéculation internationale.

Mes interventions au sein de

France Galop ont toujours été dans ce sens, tant dans la construction du

programme, que dans la défense de la place de la discipline de l’obstacle ou

encore de la place des courses de province dans le dispositif national.

Aujourd’hui, dans le contexte

économique que nous connaissons, et avec les inquiétudes supplémentaires ou les

incertitudes liées à l’ouverture du marché des jeux en France, la priorité n° 1

est évidemment celle des allocations.

Il y a deux manières de

militer pour une hausse des allocations.

La première consiste à

participer à un jeu de surenchère, à réclamer à travers la presse, sans jamais

émettre la moindre proposition, sans jamais intervenir concrètement dans les

conseils d’administration. Hier, un syndicat demandait une hausse de 2% sans

dire comment les financer. Devrais-je donc, pour le suivre sur ce terrain

uniquement politique, en demander trois ? Évidemment non !

Demander une hausse des

allocations c’est d’abord s’intéresser au développement de la recette. Comme

administrateur du PMU, j’ai participé à la préparation d’un plan de

développement de l’offre en 2010 puis j’ai réuni, dimanche dernier à Auteuil,

une réunion des présidents de Sociétés de courses régionales organisatrices de

réunions PMU pour nous concerter ensemble. Face à l’ouverture, face à la

concurrence, c’est évidemment d’un développement rapide et concerté que viendra

le financement de nos allocations. Il va falloir changer nos habitudes,

accepter des évolutions du calendrier, des horaires, des rythmes entre les

courses. Nous avons des projets – dont nous parlerons avec Hubert Monzat tout à

l’heure – et qu’en votre nom je défendrai car ils sont les garants de notre

développement. Au moment où partout en Europe, les allocations diminuent, et

parfois de manière sensible, nous allons travailler à un développement

pluriannuel de nos allocations et, croyez moi, nous y parviendrons.

 

Demander une hausse des

allocations, c’est aussi participer à la meilleure gestion de l’Institution du

Galop. Dans cet esprit, j’ai récemment saisi le président Édouard de Rothschild

de quatre pistes importantes d’économies :

Les économies de

fonctionnement à réaliser par France Galop, au siège comme sur ses sites ;

Une décision raisonnable et

mesurée pour une rénovation de Longchamp qui n’hypothèque pas l’avenir;

La cession du site d’Evry qui

non seulement ne rapporte rien mais coûte près de 500.000 € par an à France

Galop;

La réouverture du dossier

PMH, sans brutalité mais sans tabous, dans un calendrier déterminé avec le nouveau

président, Denis Banizette, homme de dialogue qui doit s’appuyer sur la totale

détermination des deux sociétés mères. Pour m’en être entretenu avec Édouard de

Rothschild, je le sais, comme moi, très déterminé.

Voilà des propositions très

concrètes qui permettrons sur le moyen terme (trois ans) de préparer une

véritable politique de croissance des allocations.

 

Ma seconde priorité est de

rassembler, autour des enjeux d’avenir de notre Institution, l’ensemble des

forces vives des courses. Je suis choqué de lire ici ou là des déclarations de

guerre qui visent à opposer les uns aux autres. Les propriétaires sont une des

clés de voûte du système, source de financement évidente du système. Mais

affirmer que les courses doivent appartenir aux propriétaires, qu’elles fonctionnent

“par eux et pour eux”, c’est ignorer la réalité et c’est faire de la politique

au mauvais sens du terme.

Opposer les propriétaires aux

éleveurs est une ineptie, opposer les propriétaires aux bénévoles qui font

fonctionner les courses et sans lesquels beaucoup d’hippodromes régionaux

n’existeraient même pas est irresponsable.

 

Jusqu’à cette année, avec

Jean-Claude Séroul, nous avions l’habitude de travailler ensemble, de définir

des positions communes, de nous entendre pour limiter l’affrontement électoral

à quelques semaines...une fois tous les quatre ans. Je regrette que cette

ambiance soit en train de changer, au moment bien mal choisi où la concurrence,

où l’intervention de prédateurs extérieurs voudront profiter de tout manque de

solidarité pour essayer de nuire à nos équilibres. Les élections, moments

légitimes de grandes déclarations démagogiques, sont pour 2012. Et si d’ici là

nous essayions de travailler ?

C’est en ce sens qu’en 2010,

je prendrai un certain nombre d’initiatives dans ce sens. Je le ferai avec ceux

qui participent aux travaux des P.P. depuis le début du mandat, avec les

"permis d’entraîner", dont le représentant à France Galop siège dans

notre comité, avec les éleveurs de pursang, ceux des AQPS, et les éleveurs

d’anglos et d’arabes qui souhaitent militer avec nous pour la défense des

races. Je le ferai avec les passionnés de l’association Passion Obstacle qui

ont pris la relève de l’Adecco et défendent les légitimes intérêts de cette

discipline dans laquelle la France excelle.

J’y associerai les bénévoles qui

sont un pilier du fonctionnement des courses en France et que j’ai entendu

injustement attaqués ces derniers temps. Les mêmes qui réclament des fortes

hausses d’allocations voudraient en plus que les courses embauchent des

salariés par centaines pour gérer les hippodromes, contrôler les courses, administrer

les sites d’entraînement... Au moment où il y a des incertitudes sur notre

avenir, il faut se serrer les coudes, et j’y veillerai.

C’est ce sens de la

solidarité, cette concertation face aux grands dossiers que je vais promouvoir

pour véritablement rassembler et travailler.

 

Travailler, réfléchir puis

décider de notre propre destin. Telle est ma volonté immédiate. La politique

politicienne est un jeu trop puéril en ce moment. »