Télécharger l'édition du jour
Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Freddy head : « goldikova a vraiment réalisé un temps canon ! »

Autres informations / 10.11.2009

Freddy head : « goldikova a vraiment réalisé un temps canon ! »

Samedi, Goldikova (Anabaa) a,

vingt-et-un ans après Miesque (Nureyev), remporté son deuxième Breeders’ Cup

Mile (Gr1). Le meilleur témoin entre ces deux championnes d’exceptions reste

Freddy Head, jockey de Miesque et entraîneur de Goldikova. Lundi, il a répondu

à nos questions.

 

Jour de Galop. L’entraîneur

est rentré en France, mais qu’en est-il de Goldikova ?

Freddy Head. Elle arrive ce

soir (lire lundi, ndlr).

L’hiver dernier, elle était

restée chez vous. En sera-t-il de même cette année ?

Non. Cet hiver, elle devrait

aller au Haras de SaintLéonard, chez ses propriétaires. Si elle reste à

l’entraînement à 5ans, elle reviendra certainement chez moi vers février.

Samedi, Goldikova qui a

souvent un comportement offensif, a attendu. Etait-ce voulu ?

Oui, avec son numéro dans les

stalles (le onze sur onze, ndlr) et l’expérience du Prix de la Forêt, on

voulait attendre et la cacher. Olivier a eu le bon reflexe peu après le départ.

En fait, il avait deux choix, car le cheval à ses côtés est longtemps resté

avec lui. Soit il pouvait avancer, mais l’autre serait venu avec lui et

l’aurait longtemps contré. Ce qui représentait le risque de se retrouver

longtemps en dehors. Soit il reprenait peu à peu pour la cacher et attendre.

C’est ce qu’il a fait et la course a roulé, ce qui lui a permis à Goldikova de

revenir. Dès lors, avec un rythme de course comme il a été, il est également

normal que Goldikova se détache moins dans la phase finale que l’an dernier.

Avez-vous entraîné Goldikova de

manière spécifique pour la faire attendre ?

Non, je n’ai pas changé ma

façon de travailler avec Goldikova. Dans le Prix de la Forêt, elle a montré

qu’elle n’était pas entraînée pour courir comme elle l’a fait. Dès lors, je

n’ai rien changé.

Lors de votre apprentissage

de jockey à l’étranger, vous avez beaucoup travaillé le matin avec un chronomètre.

Attachez-vous aujourd’hui, en tant qu’entraîneur, de l’importance aux chronos ?

Je m’intéresse beaucoup aux

temps des courses, mais je ne travaille pas avec un chronomètre le matin. Cela

n’est pas possible. En France et à Chantilly notamment, il n’y a pas de repère

de distances fiables et les surfaces changent en fonctions de la météo. Cela ne

permet pas d’avoir de référence.

En revanche, pour les deux

Breeders’ Cup de Goldikova, il y a des repères…

Oui, car les deux éditions se

sont déroulées sur le même site et dans les mêmes conditions. Cette année, la

course a été beaucoup plus vite que l’an dernier et Goldikova a vraiment

réalisé un temps canon. Elle a d’ailleurs approché de trois dixièmes le record

de la piste. Dans ce cas précis, c’est intéressant de juger les deux années, car

 on a vraiment des repères.

Si Goldikova reste à l’entraînement

à 5ans, avez-vous des challenges en tête pour elle ?

Non, pas vraiment. Dans

l’optique d’une carrière à 5ans, nous verrons avec ses propriétaires pour son

programme. Mais je pense, et ce n’est que mon avis, qu’elle courra le Jacques

le Marois à Deauville, car ses propriétaires sont à Deauville l’été. Et

certainement tentera-t-elle de remporter une troisième Breeders’ Cup. Mais il y

a également pleins d’autres belles courses à sa disposition.

Goldikova est souvent comparée

par sa carrière à Miesque. Miesque fait partie du Hall of Fame américain des

Courses et avait été élue femelle de l’année outre-Atlantique. Pensezvous que

Goldikova obtiendra les mêmes titres ?

Cette année, je pense que

c’est Zenyatta, qui sera élue meilleure femelle d’âge. Et il est

toujours difficile de

comparer Goldikova à Miesque, car les époques sont différentes. Egalement, au

printemps de ses 3ans, Miesque avait remporté quatre Gr1, alors que Goldikova a

remporté son premier au mois d’août, dans le Prix d’Astarté. Miesque a marqué

les esprits aux Etats-Unis, car elle était la première à l’époque à faire un

doublé dans une épreuve de la Breeders’ Cup.

Enfin, vous avez remporté le

Breeders’ Cup Mile deux fois en tant que jockey et deux fois en tant qu’entraîneur,

ce qui est une première. À quand une victoire en tant que propriétaire ou

éleveur ? Cela, je n’y crois pas beaucoup !