Télécharger l'édition du jour
Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Keeneland en convalescence dans l'après-crise

Autres informations / 24.11.2009

Keeneland en convalescence dans l'après-crise

JOURS 1 À 13

Nous ne dirons pas que les

chiffres sont trompeurs, mais il est clair que les treize jours de ventes qui

viennent de s'achever nous délivrent des messages contradictoires. Pour le

positif, on insistera sur la baisse limitée de l'ensemble : le prix moyen n'a

chuté que de 6,5%, la médiane restant inchangée. Et surtout, le pourcentage de

vendus passe de 72% en 2008 à 79% cette année. Ces chiffres nous incitent à

conclure à la très bonne résistance d'un marché américain, pourtant mis à mal

par la crise économique et le raidissement des banques envers les professionnels

de l'élevage et des courses aux USA.

 

Cependant, un examen plus

approfondi nous délivre d'autressignes.Il n'y a eu quetrois jours de ventes

convenables à Keeneland cette année et ce furentles 2e , 3eet 4e jours, où les

résultats en terme de moyenne furent de -4%, -3% et + 1,5%. Ces bons résultats

correspondentà un chiffred'affairescumulé pour ces trois jours de 91 M$, soit

environ 60% du chiffre d'affaires total de Keeneland 2009. Or ces trois jours,

après une première session d'ouverture désastreuse où la moyenne avait

dégringolée de -35%, correspondent aux jours de la dispersal Overbrook. En

parcourant la liste des dix top-juments que nous publions aujourd'hui, on

remarque que cette liste comporte sept juments d'Overbrook dont, bien sûr, le

top à 3,1 M$ acquis par les frères Wertheimer. Ce qui signifie que

l'exceptionnelle dispersal Overbrook a sauvé Keeneland d'un résultat plus que

moyen.

 

On peut exprimer cette idée

en d’autres termes : libérés de

la dispersal Overbrook, les

chiffres "effectifs" de ce marché sont en fait ceux du 1er jour des

ventes sélectionnées (moyenne:-35%),du5ejour(-24%),etdes jours

suivants (autour de -30%). Le

constat est incontournable : la dispersal Overbrook a masqué la chute d'environ

25% du marché américain.

 

Et pour preuve, il suffit de

voir l'évolution des prix de saillies 2010 au Kentucky qui, en moyenne, ont

baissé d'environ 30% en regard de la saison de monte 2009.

 

Toutefois, cette baisse

escamotée par les étoiles d'Overbrook Farm est aussi largement attribuable au

principe de réalité qui s'est imposé aux acteurs du marché : les

vendeurs, contraints par l'objectivité

du 1er jourcatastrophique et par la pression des banques, se sont adaptés au

nouveau palier de résistance du marché américain, palier qui se situe à -50%

par rapport aux beaux résultats des années 2005 à 2007. Les étalons qui

caracolaient,comme A.P. Indy à 300.000$, se retrouvent à 150.000$. Et les sires

qui font l'actualité 2009 comme Medaglia d'Oro et Street Cry, c'est-à-dire ce

qu'il y a de mieux outre-Atlantique, font respectivement la monte à 100.000$ et

125.000$. Ajoutons qu'à partir de ce palier se construit une situation

particulièrementsaine,etqu'ilestclairquelesprixrepartiront de l'avant dès la

prochaine saison. C'est évident, etla liste des demandes (applications) pour

Medaglia d'Oroestdéjàdeplus de250jumentssil'onencroit les indiscrétions avérées

des propriétaires de l'étalon-vedette.

 

À sa façon, le marché est

donc reparti sur des bases solides, et elles ont permis aux étrangers, et

particulièrement aux Français, d'acquérir d'excellentes juments à des prix sans

rapport avec le passé. Notons que le même phénomène s'est révélé à Goffs

Irlande, ce qui confirmerait la santé relative, non pas de l'élevage français,

mais des éleveurs français. En effet, ces derniers sont adossés à une

organisation de courses exemplaire, basée sur les revenus du pari mutuel et sur

un contrôle centralisé des programmes, ce qui n'est malheureusement pas le cas

des États-Unis. Cette déroute américaine des hippodromes, qui se sont livrés à

une concurrence totalement dérégulée, a largement contribué à l'affaissement du

moral de toute la filière qui s'interroge aujourd'hui sur l'avenir. Et cette

interrogation a évidemment pesé sur le déroulement global des ventes

américaines.

Le constat est incontournable

: la dispersal Overbrook a masqué la chute d'environ 25% du marché américain