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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

La “leçon de keeneland”

Autres informations / 16.11.2009

La “leçon de keeneland”

JOUR 5

Les chiffres de samedi sont

un peu en retrait sur ceux des jours précédents, mais c’est normal, puisque le

“vernis” de la dispersal Overbrook qui avait bien dynamisé Keeneland est

épuisé. Du coup, les chiffres moyens s’affaissent sans pour autant troubler

l’excellent fonctionnement du marché qui répète sa performance de vendre plus

de 80% des sujets présentés.

 

Dès la fin du catalogue 2 de

Keeneland, c’est-à-dire au bout de 4 jours de ventes de poulinières et de foals

de qualité, le constat suivant s’impose : la réalité de la très bonne

résistance du marché de l’élevage au Kentucky, ce dernier s’étant adapté aux

conditions et au niveau créés par la crise qui a éclaté en Septembre 2008 à

Wall Street. La preuve de cette adaptation ultra rapide s’observe dans les

comportements et les chiffres :

Un resserrement des prix dans

la zone médiane, c’est-àdire l’abandon des folles envolées qui ne sont plus de

mise. Tout le monde devient raisonnable et cet environnement a conduit à un top

acheté par les frères Wertheimer, des acteurs pondérés. On notera que seulement

5 juments ont dépassé le Million de dollars contre 19 en 2008.

Un bond prodigieux du nombre

de sujets vendus, plus de 80% de véritables achats, tout au long de ces

vacations. Le temps des réserves hautes s’est évanoui, et chacun se doit d’être

réaliste.

Un retour vers l’espoir des

lendemains meilleurs comme en témoigne l’excellente tenue des foals qui se sont

vendus, en moyenne concentrée, à des prix de yearlings, comme c’était le cas

avant la crise.

La facilité avec laquelle

sont écoulés les animaux de qualité qui attirent les acheteurs. Sur tous les

lots qui étaient “dans le marché”, les vendeurs témoignaient de la présence de

plusieurs « vets » qui agissaient pour des clients différents; la preuve d’un

marché effectif et sain.

L’acceptation d’un principe

de réalité, tant du côté des consigners que des clients. Se profile l’idée d’un

juste prix de l’animal, avec pour conséquences des prix de marché voisins de ce

pôle de référence.

-De sorte que la moyenne sur

les 5 premiers jours est en baisse de 18% alors que la médiane n’a baissé que

de 10%. Ce qui signifie que le marché s’est ajusté, mais qu’en regard de 2008,

il n’a diminué que de 10%.

 

Tous ces éléments objectifs

nous conduisent vers la “leçon de Keeneland” qui semble valoir pour le marché

mondial de l’élevage : par rapport à 2007, c’est-à-dire à l’avantcrise, le

marché a répercuté en moyenne une baisse générale de l’ordre de 35% sur la

valeur de tous les animaux. Hors marché, les étalonniers américains et

européens ont appliqué les mêmes pourcentages sur les étalons. Aujourd’hui, en

moyenne, et à qualité égale, le prix de saillie d’un étalon a diminué de 35%,

en regard de 2007, et ce sont les chiffres que nous observons en Europe à la

lecture des tarifs de Coolmore et Darley, ce dernier établissement ayant

anticipé cette baisse dès ses chiffres de 2009. Nous reviendrons bien sûr sur

cette analyse qui est décisive pour l’activité des professionnels français.