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Lanfranco dettori : « pourquoi j’aime santa anita »

Autres informations / 04.11.2009

Lanfranco dettori : « pourquoi j’aime santa anita »

C’est le seul jockey européen au palmarès du Breeders’ Cup

Classic (Gr1). Lanfranco Dettori a aussi réussi un doublé lors du meeting du

Breeders’ Cup 2008. Le jockey italien qui évolue en Grande-Bretagne, va se

présenter cette année, encore une fois, la tête haute, avec tout l’enthousiasme

dont il est coutumier. Pour le London Daily Mail, il est revenu sur sa jeunesse

américaine dans une longue interview. Extraits.

 

Les raisons de l’affection de Lanfranco pour la Californie

et Santa Anita en particulier ? C’est là-bas, sous le soleil qui donne au monde

du cinéma ce bronzage permanent, que le talent et la personnalité du crack

jockey se sont révélés et affirmés. Jeune apprenti qui accueillait les chevaux

à leurs retours du travail, l’Italien regardait, observait, enregistrait. À la

fin des journées de travail, Lanfranco, le casque walkman vissé sur les

oreilles, perfectionnait sa technique de jockey et s’entraînait à son fameux

saut de l’ange, initié en cela par le jockey légendaire Angel Cordero. Mais la

plupart du temps, il n’aurait pas même dû être présent : « J’ai passé quatre

hivers là-bas et lors des trois premiers, j’ai dû me faufiler à travers les

écuries et rester le plus discret possible. On obtient facilement une carte de

séjour et un pass pour les écuries pour une semaine mais ensuite il faut une

licence, que je n’avais pas, a déclaré le jockey des Bleus de Godolphin. Et

j’étais trop jeune pour obtenir un visa de travail. J’ai donc dû me déguiser en

Mexicain avec une écharpe et de vieux habits usés. Je me suis caché sous les

sièges ou dans les coffres de voiture. À 17ans, j’étais en règle et j’ai obtenu

une licence. Mais l’année dernière encore, quand je suis passé dans les

portiques de sécurité, j’ai ressenti un frisson et j’ai eu peur que l’on me

mette dehors. »

Renvoyer définitivement Lanfranco Dettori à cette époque, le

maintenir à l’écart des balances, aurait été stupide quand on contemple

aujourd’hui la carrière construite par le crack jockey. Avec en exergue sur le

territoire américain son doublé dans les épreuves de Breeders’ Cup 2008, en

selle sur Donativum (Cadeaux Généreux), dans le B.C. Juvenile Turf, et sur

Raven’s Pass (Elusive Quality), dans le B.C. Classic (Gr1).

« Toutes ces heures que j’ai passées à Santa Anita ont

finalement porté leurs fruits, parce que je connais la piste par cœur et que je

m’y sens à l’aise. L’an passé, j’étais super confiant le jour J, ce qui n’est

pas toujours dans mes habitudes. Quand je me suis levé, j’ai dit à ma femme

Catherine que c’était ma destinée : « C’est mon jour, dix ans après Swain !!!»

» En 1998, il y a onze ans (et donc dix ans en 2008), on avait reproché au jockey

des Godolphin d’avoir sollicité Swain (Nashwan) de manière désordonnée et

irréfléchie dans le Breeders’ Cup Classic. Sa monture avait alors fortement

poussé, la tête de travers, et la victoire promise à la prestation du couple

s’était transformée en une troisième place “pitoyable”, objet des commentaires

les plus acerbes. «J’ai raté Swain et les Américains n’ont jamais oublié. Je

sens parfois que j’ai quelque chose à leur prouver. Swain hante mes nuits ! »,

explique encore et encore le pilote transalpin. Lors de ses quinze récentes

montes, ce sont 8 victoires et 4 deuxièmes places. Ses trois meilleures chances

du meeting sont Mastery (Sulamani) dans le Breeders’ Cup Marathon, Sara Louise

(Malibu Moon) dans le Breeders’ Cup Filly & Mare Sprint et Delegator

(Dansili) Dans le Breeders’ Cup Mile (Gr1).

 

2009 COMME 2008 POUR JIMMY FORTUNE QUI LAISSE SA PLACE SUR

LES “GOSDEN”

Lanfranco Dettori va remplacer Jimmy Fortune sur Dar Re Mi

(Singspiel) dans le Breeders’ Cup Turf (Gr1), vendredi, mais aussi sur Pounced

(Rahy) dans le Breeders’ Cup Juvenile Turf (Gr1), samedi. C’est le jockey

français installé aux États-Unis, Julien Leparoux, qui sera en selle sur

Rainbow View (Dynaformer), pour le même entraîneur, dans le Breeders’ Cup

Ladies’ Classic (Gr1). Dans ce dernier cas, la monte n’engage aucun changement

puisque Julien Leparoux a été le partenaire de Rainbow View lors de son essai

nord-américain dans les E.P. Taylor Stakes (Gr1) dans lesquels elle concluait

deuxième.

C’est la deuxième année de suite que Jimmy Fortune ne

participe pas au meeting du Breeders’ Cup – l’an passé, Lanfranco Dettori

l’avait déjà remplacé sur les pensionnaires de John Gosden et, notamment

Raven’s Pass (Elusive Quality) et Donativum

(Cadeaux Généreux), vainqueurs de leurs épreuves respectives

! L’entraîneur a commenté : « Ce n’est pas de la faute de Jimmy mais il n’a

jamais couru à Santa Anita tandis que Lanfranco vient ici depuis qu’il est

gosse. Cela revient très cher pour les clients de faire le déplacement et ce

n’est pas le moment opportun de faire des “essayages”. »

Vaste débat que de l’expérience nécessaire qui exige à son

commencement de se lancer sans… expérience.