Zenyatta, le « girl power »

Autres informations / 08.11.2009

Zenyatta, le « girl power »

Les organisateurs du

Breeders’Cup à Santa Anita avaient fait réaliser des affiches roses et

violettes sur lesquelles était inscrit « Girl Power ! Go Zenyatta ! » Et la

championne américaine n’a pas déçu ses nom breux fans : ni dans le rond où elle

a fait ses pas de danse habituels (en y entrant, elle s’est même arrêtée,

attendant qu’on l’applaudisse pour continuer à tourner !) ; ni sur la piste où

elle a enrhumé ses adver saires après avoir musardé en avant-dernière position,

à distance du peloton. Mais surtout, elle est devenue la première femelle au

pal marès du Breeders’Cup Classic, un des derniers bastions hippiques qui

résistait encore au sexe dit faible.

ZENYATTA : WONDERWOMAN !

Elle l’a fait ! Zenyatta

(Street Cry) est entrée dans la légende des courses américaines et mondiales.

Sans exa gération et sans le galvaudage coutumier aux petits exploits des

communs.

Zenyatta a remporté le Breeders’

Cup Classic (Gr1). Elle l’a même écrasé de sa domination outrageante et l’a

marqué de sa personnalité hors du commun. Le déroulement a été, en effet,

quelque peu surréaliste et pouvait inquiéter ceux qui la découvrait en piste et

pourquoi pas quelques fer vents supporters. Pointée, pendant toute la première

par tie de course à quinze longueurs de la tête, complètement décollée du

dernier du peloton, de plusieurs longueurs, elle s’est fait longuement attendre

pour dessiner son succès.

Une star aux manières de diva

Danseuse, piaffante

d’impatience avant l’épreuve comme à son habitude, Zenyatta a aussi fait des

siennes à l’ouver ture des stalles. Dodelinant de la tête, elle semblait ne pas

vouloir s’engager. Simple illusion cérébrale et illusion d’op tique car la

grande jument, au modèle très masculin, était bien entrée dans la course de sa

vie. Sans même vraiment donner l’occasion à ses adversaires de s’en rendre

compte, elle a “glissé” en douceur dans le dernier tournant le long de la lice

pour regagner de précieuses longueurs. Sans efforts apparents, elle s’est

ensuite retrouvée aux côtés de l’européen Twice Over (Observatory), en pleine

piste à 300m du but. Son partenaire Mike Smith ne semblait pas encore vraiment

bouger. À ce moment, une deuxième course a commencé, celle de la championne qui

a crucifié Gio Ponti (Tale of The Cat). Une grande longueur sanc tionnait sa

supériorité. Twice Over a profité de l’aspiration de la dame pour prendre une

excellente troisième place, dans un (grand) mouchoir avec Summer Bird

(Birdstone).

 

Un des derniers bastions

masculins tombe

Pleurez, messieurs les

machistes et phallocrates en tous genres. Zenyatta a fait tomber cet espace

hippique qui res tait encore exclusivement masculin. Elle pourrait mainte nant

s’attaquer à une autre citadelle du même genre en mars prochain avec le Dubaï

World Cup (Gr1). Aucune déclaration en ce sens n’a été faîte, ni l’annonce du

main tien de Zenyatta à l’entraînement. Mais cette option est tout à fait

réalisable dans un contexte américain qui donne priorité à la compétition.

 

 

 

Breeders’ Cup Classic (Gr1)

Une rencontre de rêve

Zenyatta / Rachel Alexandra en 2010 ?

Le comble du bonheur serait,

l’an prochain, un clash entre Zenyatta, dorénavant titulaire de quatorze

victoires et invaincue, et la reine des 3ans, Rachel Alexandra (Medaglia

d’Oro).

Cette dernière vient de

signer de très grands exploits en enfilant huit succès dont certains

historiques. Et une certitude : Rachel Alexandra reste à l’entraînement. Alors,

tous les rêves sont permis…

 

Mike Smith : « C’est le

cheval de la décennie »

Le jockey de la vedette n’en

revenait pas. Dithyrambique à souhait, il ne cessait d’affirmer : « C’est le

cheval de la décennie (exit Rachel Alexandra, exit Curlin, ndlr). Elle est un

des plus grands chevaux de tous les temps. »

Un dernier affrontement va

maintenant s’ouvrir. Ce ne sera indubitablement pas le plus facile pour ses

protagonistes. En fin d’année, des experts devront attribuer le titre de cheval

de l’année américain, un titre honorifique très important outre-Atlantique. Qui

entre Rachel Alexandra et Zenyatta l’emportera ? Bon courage aux acteurs de cet

ultime chapitre 2009 américain. Le supplice de Tantale pourrait, à côté, faire

figure de sympathique badinage.