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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

France galop contre la politique de la f.e.i. en matière de médication

Autres informations / 02.12.2009

France galop contre la politique de la f.e.i. en matière de médication

France Galop ne peut

approuver la politique récemment adoptée par la Fédération Équestre

Internationale en matière de lutte contre le dopage. Son président, Édouard de

Rothschild, cavalier de haut niveau, revient sur cette évolution regrettable.

 

 

La F.E.I. (Fédération

Équestre Internationale) a connu dans les dernières années de nombreux

problèmes de dopage, notamment au plus haut niveau de compétition avec un taux

de positivité aux deux dernières Olympiades dix fois supérieur à ce qui est

enregistré pour les courses hippiques, et a, avec beaucoup de courage, suscité

un vaste débat sur le sujet.

 

Alors que le mot d’ordre

était devenu le "Clean Sport", les discussions ont progressivement

porté, non pas sur une plus grande vigilance per mettant d’écarter les

tricheurs et de protéger la compétition et les chevaux, mais sur les modalités

d’introduction de la médication autorisée. Vingt ans après l’interdiction de

concourir sous phénylbutazone (un anti-inflammatoire), la

F.E.I. l’accepte à nouveau,

et avec un seuil bien supérieur à celui qui existait à l’époque, et autorise en

même temps deux autres anti-inflammatoires.

La F.E.I. prône comme

référence le Code Mondial du Sport qui permet aux sportifs humains de pouvoir

utiliser certains traitements au moment de la compétition. C’est oublier que le

sportif humain est souvent conscient des risques qu’il prend et surtout peut

décider de s’arrêter quand la performance se transforme en souffrance

insupportable. Le cheval doit être particulièrement respecté en tant qu’acteur

involontaire et muet de la performance. La compétition sous anti-inflammatoire

ne peut qu’avoir des conséquences néfastes pour le cheval, son cavalier, pour

la régularité de la compétition, sans évoquer l’élevage et la sélection des

chevaux de sport qui ne doivent pas se fonder sur les per formances douteuses.

Le monde des courses ne peut

accepter de suivre la voie empruntée par la F.E.I.

 

Les Etats-Unis, dont les

courses hippiques avaient une poli tique de médication contrôlée, ont récemment

pris conscience qu’il fallait évoluer vers une politique de protection de la

compétition et du cheval.

 

Le modèle européen n’accepte

pas qu’un produit, fût-ce un médicament prescrit légitimement, puisse être

présent dans l’organisme du cheval au moment de la compétition à une

concentration qui pourrait avoir un effet. Il ne s’agit pas de rechercher la

trace insignifiante d’un médicament, mais d’exclure de la compétition tout

cheval dont le prélèvement contient une substance prohibée à un niveau actif.

Un cheval sous traitement ou

dont le traitement n’est pas éliminé doit être considéré comme un convalescent

et non            pas comme apte à faire

une per formance sportive. France Galop démontre depuis

des dizaines d’années que

c’est par le nombre des contrôles, tant pendant la carrière du cheval qu’en

compétition, par l’information des acteurs de la compétition et la prévention

que le fléau du dopage peut être contenu. Il n’y a plus de courses sans

contrôle et sur une année, plus de 10% des concurrents font l’objet de

prélèvements. Alors que courses françaises et F.E.I. utilisaient pendant les

huit dernières années le même laboratoire d’analyses, le nombre de positif des

courses était dix fois inférieur à celui des sports équestres.

Cette

"légalisation" de la médication autorisée au niveau de la compétition

équestre internationale pose un problème aux nombreux pays européens dont les

sports équestres sont soumis à des lois et règlements très proches du code des

courses, mais aussi aux sponsors qui redoutent d’avoir leur nom associé à un

sport permissif en la matière.

 

France Galop considère cette

récente décision de la F.E.I. comme une régression préoccupante et espère que

les fédérations nationales sauront faire comprendre à cet organisme qu’il rend

le cheval plus vulnérable à un moment où les sociétés modernes cherchent à le

protéger.