Télécharger l'édition du jour
Jour de Galop

JOUR DE GALOP

La crise de dubaï doit-elle inquiéter le monde des courses ?

Autres informations / 01.12.2009

La crise de dubaï doit-elle inquiéter le monde des courses ?

Une

véritable bulle immobilière et financière, autoentretenue par un rêve de

grandeur nationale : les difficultés qui arrivent aujourd’hui à Dubaï étaient

écrites.

Il y a

encore une dizaine d’années, la croissance spectaculaire de l’émirat reposait

sur un dynamisme commercial, portuaire, aérien, correspondant à une “vision”

moderne et performante de l’avenir de Dubaï en tant que “plateforme de

circulation” et de “nœud d’échanges” au sein d’une mondialisation en pleine

expansion. Chaque année, les voyageurs, et les globe-trotters de l’hippisme qui

se rendaient au Dubai Cup, étaient sidérés par les changements qui

transformaient progressivement cet espace aride et plutôt pauvre en une zone

urbaine et de villégiature verte, quasi irréelles en regard du passé et de la

nature désertique.

Le rêve

du Cheikh Mohamed prenait forme, et rien ne semblait résister à la vision flamboyante

et déterminée qui animait ce chef d’État, porteur d’un vrai projet

“nationaliste” pour ce bout de territoire contrôlé par la dynastie bédouine des

Maktoum dont il était devenu le chef inspiré à la mort de son frère aîné,

Maktoum Al Maktoum.

 

Les

courses mondiales ont vu surgir la casaque Godolphin qui se substituait le plus

souvent aux couleurs personnelles des frères Maktoum dès que le compétiteur

atteignait un niveau “international”. Le public français a même vu resurgir les

couleurs “Godolphin bis” (beige) pour les meilleurs sujets entraînés par André

Fabre, devenu l’entraîneur d’un effectif désormais important du Cheikh Mohamed.

Mais ces signes qui interpellent le monde des courses ne sont que pacotille en

regard des projets à Dubaï même. Et comme il s’agissait de frapper le monde

entier, comme il s’agissait de “présenter” à l’œil du voyageur étranger des

réalisations spectaculaires, les rêves sont devenus largement immobiliers, attirant

les promoteurs et hommes d’affaires des quatre coins de la planète.

 

Ces

derniers jours, les journalistes du monde entier, comme Les Echos samedi matin,

les yeux rivés sur la crise de Dubaï, se plaisaient à dresser la liste de la

dizaine de projets immobiliers démesurés de l’émirat :

 Anara Tower. Une tour résidentielle de 600m

qui rap pelle une éolienne tubulaire circulaire, et qui devait comporter

jardins suspendus et piscines tous les 27 niveaux.

 Atlantis. Cet hôtel de 100m de haut, situé sur

une île artificielle de “The Palm Jumeirah”, comporte 1.500 chambres sur la

mer. Pour l’atteindre, un tunnel est en construction.

 Burj Dubaï. Le projet le plus connu, qui

devrait être inauguré en janvier 2010, est la tour la plus haute du monde (816

mètres), comptant 160 étages et devant dominer un immense quartier d’affaires

et de commerce. Sa réalisation est estimée à 20 millions de dollars.

 Burj Al-Arab. Inauguré en 2008, cet immeuble

en forme de voile, haut de 321 mètres, est l’attraction actuelle de Dubaï.

Utilisé comme hôtel.

 City of Arabia. Une ville nouvelle en forme de

demi-lune qui abritera le plus grand centre commercial du monde, un parc

d’attractions et 30.000 habitants. En cours de construction.