Vision d’état atomise l’opposition

Autres informations / 14.12.2009

Vision d’état atomise l’opposition

SHA TIN (HK), Dimanche – The Cathay Pacific Hong Kong

Cup (Gr1)

 

 

C’était la meilleure chance

française en théorie pour ce dimanche et il n’a pas déçu. Et ce ne sont pas les

interrogations créées par son œdème de samedi ou le fait que les bookmakers

remontent sa cote qui ont eu raison de Vision d’État (Chichicastenango). Ce

cheval est un guerrier et, à mi-ligne droite, il a déposé l’opposition comme

jamais il ne l’avait fait. Il a gagné en trois foulés, juste le temps de

prendre l’avantage avant de légèrement se reprendre. D’habitude un peu

laborieux dans son style, Vision d’État a été étincelant. Les autres français,

Ashalanda (Linamix) et Starlish (Rock of Gibraltar) se sont également bien

comportés. La pouliche de l’Aga Khan courait son premier Gr1 et termine

quatrième, tandis que le pensionnaire d’Elie Lellouche se classe sixième, tout

près des chevaux classés.

 

The Cathay Pacific Hong Kong Cup (Gr1)

Peut-être Dubaï désormais

Des doutes, Vision d’État en

a suscités depuis hier, mais également des critiques, suite à sa dixième place

dans l’"Arc". Mais, Éric Libaud l’avait reconnu, la distance de

2.400m n’est pas la bonne pour Vision d’État, beaucoup plus à l’aise aux

alentours de 2.100m. Interrogé sur Equidia avant le "Cup", Jacques

Detré abondait également dans ce sens. Dimanche, ce fut une véritable revanche

et Éric Libaud déclarait à notre correspondant : « Cette victoire fait taire

toute les critiques et Vision d’État remet les pendules à l’heure. Après un

moment de doute, samedi, j’ai repris confiance et sa sortie, au petit canter,

de ce dimanche matin m’avait complètement rassuré. Il avait le même geste, la

même spontanéité dans son action. Il est possible désormais qu’il participe au

Dubai World Cup, sur 2.000m, sa distance de prédilection. Il paraît que la

piste en sable est un Polytrack qui favorise les chevaux européens, proche de

celui utilisé sur certains hippodromes anglais. »

 

Olivier Peslier : « Avec

Vision d’État, il faut un peu "finasser" »

Olivier Peslier avait déjà

par le passé remporté les trois autres Grs1 de Hongkong disputés dimanche, mais

jamais le "Cup". Cette lacune est réparée et le jockey français, qui a

encore fait une démonstration de changement de bâton de main dans la phase

finale, disait à notre correspondant : « Aujourd’hui, il était très relax,

comme avant et après son dernier galop sur gazon [jeudi, ndlr]. Nous avons eu

une bonne course. En face, je n’ai pas voulu avancer, car Frankie [Dettori]

m’avait sorti. Avec Vision d’État, il faut un peu "finasser" et ne

pas venir trop tôt, car il a tendance à considérer son travail terminé une fois

devant. Aussi, lorsqu’il a pris l’avantage, je l’ai gentiment accompagné aux

bras afin qu’il reste concentré. Dans l’"Arc", il était beaucoup trop

tendu avant et pendant la course. Aujourd’hui, comme à Ascot, il était calme et

aurait pu tenir, sans problème, 2.400m. »

 

Jacques Detré récompensé

« Ces moments-là n’ont pas de

prix », disait Jacques Detré après la victoire de son représentant à Royal

Ascot. Une fois encore, Vision d’État a prouvé à son propriétaire qu’il avait

certainement fait le bon choix en ne le vendant pas durant l’intersaison.

Heureux, le propriétaire disait à notre journaliste sur place : « C’est

formidable. Nous sommes heureux d’être là et de l’accueil qui nous a été

réservé tout au long de la semaine. Nous avons eu plus d’émotions hier avec

cette blessure superficielle qu’aujourd’hui pendant la course. Éric a fait un

travail formidable avec le cheval. Ce contretemps aurait pu être fatal. »

 

 

 

The Cathay Pacific Hong Kong Cup (Gr1)

Un quatrième Gr1,

certainement le plus facile

Vision d’État nous avait

habitués à gagner de peu, à la lutte. Cette fois, le style fut bien différent.

Certes, l’écart n’est pas si grand à l’arrivée – trois quarts de longueur, le

même que dans le Prix Ganay –, mais Vision d’État s’est nettement repris une

fois devant. Sans cela, l’écart avec Collection (Peintre Célèbre) aurait été

nettement plus important. Mais plus que l’écart mathématique, il faut retenir

la manière. Bien que toujours froid, Vision d’État a fait montre d’une capacité

d’accélération qu’il nous avait jusqu’à présent rarement dévoilée. Sa victoire

de dimanche a donc été la plus facile de ses quatre succès au niveau Gr1.

 

La troisième victoire

française

Le Hong Kong Cup n’avait été

remporté qu’à deux reprises par des chevaux entraînés en France. Vision d’État

succède au palmarès à Jim and Tonic (Double Bed), lauréat en 1999, et à Pride

(Peintre Célèbre), titulaire de l’édition 2006.

 

Un test réussi pour

Collection

C’était la première fois que Collection

rencontrait des chevaux européens dans un Gr1 disputé sur ses terres. Il s’est

très bien comporté et a fourni un bon effort final, justifiant la confiance de

son entraîneur, John Moore, qui estime que Collection a le niveau pour

rivaliser avec les chevaux de Grs1 européens. Jockey de ce cheval local, Darren

Beadman déclarait : « Ça alors ! Le gagnant a été vraiment impressionnant. Il

est venu sur moi avec les oreilles bien pointées. Mais mon cheval a couru sa

meilleure valeur. »

 

Presvis en route pour Dubaï

Très régulier a ce niveau,

Presvis (Sakhee) a encore une fois bien couru. Il se classe troisième après avoir

patienté quasiment en dernière position. Deuxième cette année du Dubai Duty

Free (Gr1), il devrait reprendre la route de Dubaï, ou le World Cup (Gr1) est

une possibilité selon son entraîneur, Luca Cumani. Kieren Fallon, jockey de

Presvis, expliquait pour sa part à la presse britannique que le cheval n’était

pas au top dimanche.

 

Ashalanda sort par une grande

porte

Seule femelle de 3ans au

départ, Ashalanda tentait d’imiter Alexander Goldrun (Gold Away), seule femelle

de 3ans à avoir remporté le "Cup". Après un très bon parcours donné

par Gérald Mossé, elle se classe quatrième. Elle a fait un moment illusion,

mais n’a pu finalement se mêler à la lutte pour la victoire. Elle n’a pas à

rougir de ce classement, car il n’a jamais été évident pour une femelle de 3ans

d’affronter des aînés de ce niveau et, également, Ashalanda disputait son

premier Gr1. Il ne faut également pas perdre de vue que jusqu’au mois de juin

et sa singulière victoire dans le Prix de Malleret (Gr2) – faisant suite à un

succès en débutant à Langon –, elle était une illustre inconnue. Désormais,

forte de deux victoires au niveau Gr2, elle va rejoindre le haras, comme nous

l’expliquait Alain de Roye Dupré, son entraîneur : « Il s’agit d’une jument de

distance, plus à son aise sur 2.400m et en terrain souple. En dépit d’un bon

parcours, elle s’est retrouvée débordée dans le tournant final. Elle n’a pas

l’accélération des premiers, mais ne démérite pas. C’était sa dernière sortie

et elle va rejoindre le haras afin d’être poulinière. »