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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

François forcioli-conti : « tout le monde doit prendre conscience que les courses en province generent des enjeux considerables	»

Autres informations / 21.01.2010

François forcioli-conti : « tout le monde doit prendre conscience que les courses en province generent des enjeux considerables »

Le meeting de plat de Cagnes-sur-Mer vient de commencer et,

le 27 février, l’hippodrome de la Côte d’Azur accueillera la dernière étape du

Défi du Galop. L’occasion de faire le point avec François Forcioli-Conti, qui

préside à la fois la société de courses et le grand challenge européen.

Jour de Galop. – Êtes-vous satisfait de l’édition 2009 du

Défi du Galop ? François Forcioli-Conti. – D’une manière générale, le Défi du

Galop a bien tenu son rôle. Il devient un événement important des courses. S’il

n’a pas encore atteint le niveau du Grand National du Trot, il s’en rapproche

considérablement. Il reste encore une étape, le 27 février à Cagnes-sur-Mer à

l’occasion du « Grand Prix », mais les dés sont déjà jetés. Cependant, on peut

aisément dire qu’il y a un certain nombre de chevaux, propriétaires et

entraîneurs qui visent ce challenge et qui jouent le jeu du Défi du Galop.

Compte tenu des sommes allouées, l’événement gagne automatiquement en

crédibilité et en intérêt. La conception du Défi du Galop s’est établie afin

d’éviter la perte du niveau de rating des courses importantes en province.

Indiscutablement, cet objectif a été atteint. Sur les quinze épreuves que

constituent le Défi, douze sont labellisées Listed et deux Gr3, seul le Grand

Prix de Craon reçoit une qualification inférieure, ce qui ne l’a pas empêché de

sacrer un très bon vainqueur avec Los Cristianos. La majorité de ces épreuves

ont vu leur rating augmenter depuis la création du challenge, l’objectif est

donc bien atteint

 

Y aura-t-il des évolutions particulières en

2010 ? Une nouvelle étape à l’étranger est-elle envisageable

?

Envisageable oui, mais pas envisagée ! A priori, il n’y aura

pas de nouvelles étapes. Nous avons déjà quinze rendezvous et je pense que ce

serait une erreur d’en ajouter. C’est déjà assez difficile de déplacer les

professionnels à l’étranger. La première épreuve, celle de Pise, est d’ailleurs

souvent assez pauvre en partants français. Il faudrait trouver un moyen pour inciter

nos professionnels à plus se déplacer. Il peut toutefois y avoir des

modifications sur le calcul des points. Le gagnant final du Défi du Galop est

connu bien trop longtemps avant la fin du challenge. C’est pourquoi nous

réfléchissons à une nouvelle formule, afin de maintenir le suspense jusqu’aux

dernières étapes. Il y aura sans doute des changements, mais rien n’est encore

défini.

 

« Le gagnant final du Défi du Galop est connu bien trop

longtemps  avant la fin du challenge.

C’est pourquoi nous réfléchissons à une nouvelle formule,

afin de maintenir le suspense jusqu’aux dernières étapes. »

 

Le Défi du Galop est-il un moyen de redonner leurs lettres

de noblesse aux hippodromes provinciaux ? Tout d’abord, il faut prendre

conscience que l’activité hippique est largement décentralisée et que les

courses en province génèrent un flux d’enjeux considérable. Pour ces raisons,

il est important que la province ait également des épreuves de qualité et

surtout que l’ensemble des sociétés de courses des hippodromes provinciaux se

mettent au niveau de la qualité de leurs épreuves. C’est ce que nous essayons

de faire avec le Défi du Galop. Nous cherchons avant tout à conserver et

améliorer nos courses phares.

 

Le Défi du Galop pourrait-il aussi avoir lieu en obstacle ?

Nous n’y avons jamais réfléchi mais c’est un projet

possible. À vrai dire, l’obstacle ne présente ni les mêmes particularités, ni

la même concurrence que les courses plates.

C’est un choix qui ne me paraît pas devoir s’imposer mais ça

serait un bon « défi ».

 

Quelles satisfactions tirez-vous du bilan du meeting

hivernal d’obstacle sur l’hippodrome de Cagnessur-Mer ?

Malgré les mauvaises conditions climatiques, le bilan est

plutôt favorable. Les travaux effectués sur la piste ont globalement donné satisfaction

aux socioprofessionnels. Nous avons eu beaucoup de partants et, surtout, nous

avons recensé beaucoup moins d’accidents qu’auparavant. L’hippodrome de

Cagnessur-Mer dispose d’un parcours très rapide, ce qui peut malheureusement

être un facteur d’accidents. J’étais assez inquiet en  début  de  meeting lorsque plusieurs chevaux se sont

blessés mais, finalement, les incidents se sont faits de plus en plus rares.

 

« Je ne suis pas certain de l’intégrale maîtrise des paris

et je pense que l’ouverture des jeux sur le sport peut faire de l’ombre aux

courses hippiques. »

 

Au mois de janvier, les sauteurs ont laissé la place aux

professionnels du plat, comment s’est passée la transition ?

Dans la difficulté. Nous disposons de 900 boxes pour le

double de demande. L’attribution a donc une nouvelle fois été difficile. Nous

avons essayé d’agir le plus objectivement possible et en récompensant les

professionnels fidèles à notre hippodrome. Les entraîneurs les plus représentés

sont souvent les mêmes, à savoir Jean-Claude Rouget ou Robert Collet, entre

autres.

 

2010 sera l’année de l’ouverture du marché des jeux en

ligne. Quel est votre position sur ce sujet chaud ?

Personnellement, je suis très inquiet par cette ouverture

des jeux. Je ne suis pas certain de l’intégrale maîtrise des paris et je pense

que l’ouverture des jeux sur le sport peut faire de l’ombre aux courses

hippiques. On ne mesure pas suffisamment les difficultés auxquelles nous sommes

confrontés et beaucoup de questions restent en suspens. On a ouvert la boîte de

pandore mais on n’a pas bien mesuré ce qui pouvait en sortir.