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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Hubert tassin : « un seul leitmotiv : les allocations, les allocations, les allocations »

Autres informations / 23.01.2010

Hubert tassin : « un seul leitmotiv : les allocations, les allocations, les allocations »

LE MAGAZINE      

SÉRIE : LES ENJEUX 2010 POUR LES PRINCIPALES ASSOCIATIONS

SOCIOPROFESSIONNELLES FRANÇAISES

HUBERT TASSIN : « UN

SEUL LEITMOTIV : LES ALLOCATIONS, LES ALLOCATIONS, LES ALLOCATIONS »

Nous terminons notre série d’entretiens avec les présidents

d’associations socioprofessionnelles en donnant la parole à Hubert Tassin, le

patron des "P.P.".

HUBERT TASSIN

 Jour de Galop. –

Quels vœux formulez-vous pour 2010 ? Hubert Tassin. – Janvier est le mois des

vœux. Je veux insister sur le seul qui me tient vraiment à cœur, le seul qui

soit vraiment prioritaire : celui des allocations. Discuter à perte de vue pour

savoir si les propriétaires doivent disposer de sièges en plus au Comité de

France Galop, si les Commissaires doivent être rétribués, si la loi de 1901 est

adaptée au fonctionnement des sociétés de courses, ces sujets sont – à mon avis

– secondaires par rapport à celui de l’évolution des allocations et doivent

être analysés sur ce prisme. Mais sur ce point, je ne me contente pas de

formuler un vœu, mais de continuer à proposer. Tout mon engagement et celui des

“P.P.” depuis 1995 est celui de la croissance à court et à long terme.

Aujourd’hui encore, c’est d’abord l’augmentation de l’offre PMU qui permettra

d’assurer la progression du chiffre d’affaires et donc des allocations. Le

marché réagit bien à cette évolution qu’il faut impérativement poursuivre : en

la matière, les clients priment sur les considérations conservatrices. La

transformation de réunions PMH en réunion PMU permet, sans bouleversement, d’y

parvenir et je suis fier d’avoir milité en ce sens depuis maintenant dix ans !

 

L’augmentation de 1% est-elle suffisante ?

Dans le contexte économique et si on compare à l’évolution –

négative – des allocations à l’étranger, en Angleterre et en Irlande par

exemple, on peut être tenté de penser que 1% est une chance. Pour autant, c’est

évidemment insuffisant si on veut permettre aux propriétaires qui jouent le jeu

des courses françaises de continuer. C’est pourquoi j’ai proposé au Conseil

d’administration de France Galop que le montant des allocations bénéficie d’une

nouvelle hausse au second semestre en fonction de l’évolution des recettes

liées à celle du cadre législatif et donc au calendrier parlementaire de la loi

d’ouverture du marché des jeux et paris. Suivant ma préconisation, une décision

sera prise à la fin du mois de mars et nous sommes mobilisés à obtenir le complément.

 

Êtes-vous pour ou contre l’augmentation des cotisations des

centres d’entraînement ?

Dans une situation économique difficile, toute augmentation

des frais est critiquable. Deux éléments doivent pourtant être soulignés dans

ce dossier : la santé financière de France Galop rejaillit sur la santé de

l’ensemble de la filière et les 10 millions d’euros annuels de déficit des

centres d’entraînement sont une subvention qui vient en déduction des

allocations. Par ailleurs, le fort différentiel qui existe entre la subvention

donnée à chaque cheval suivant le centre sur lequel il est entraîné, géré par

l’institution ou privé, peut être très élevé. Les écarts doivent, prudemment et

dans la durée, être réduits. La procédure adoptée par le Conseil

d’administration de France Galop prévoit la mise en place, dans chaque centre

d’entraînement, d’une instance de concertation avec les utilisateurs. Je

souhaite que les propriétaires P.P. y participent pour déterminer

intelligemment la meilleure manière de trouver des équilibres.

 

 

« Aujourd’hui encore, c’est d’abord l’augmentation de

l’offre PMU qui permettra d’assurer la progression du chiffre d’affaires et

donc des allocations. »

 

 

Et sur les autres sujets chauds ? Les investissements, la

télévision en Haute Définition, Longchamp...

Au moment où l’environnement économique des courses se

bouleverse, la vision qui est la nôtre est résolument de long terme, et donc

d’investissements. Plusieurs dossiers “lourds” devront être examinés. Le point

central est celui de la croissance du PMU : la conquête de nouveaux marchés, en

France et à l’international, va demander de gros investissement de croissance

interne et externe. Je fixe, en ma qualité de président de la Commission des

régions, une priorité d’un autre ordre, mais primordiale : l’indispensable

poursuite de la mise aux normes des hippodromes régionaux. D’autres évoquent

une rénovation lourde de Longchamp ou militent pour la Haute Définition en

matière de production télévisée. On ne pourra pas tout faire en même temps, il

faudra définir des priorités, trouver des financements complémentaires, et, je

le répète, elles devront être budgétairement compatibles avec la croissance des

allocations, qui reste et restera la priorité des priorités.        

 

« Il faudra définir des priorités, trouver des financements

complémentaires... elles devront être budgétairement compatibles avec la

croissance des allocations, qui reste et restera la priorité des priorités. »

 

Quelles actions votre association prévoit-elle en 2010 ?

2010 est l’année de tous les risques. Le risque de voir

passer la TVA à 19,6 % au lieu de 5,5 % sur une part de nos activités est un

dossier sur lequel la mobilisation face à la commission    européenne peut payer. L’ouverture du

marché des jeux et paris en ligne à de nouveaux opérateurs est le gros morceau.

Je suis personnellement très confiant sur la capacité du PMU, non seulement

d’être celui qui profitera le plus de la croissance, mais aussi de prendre une

part importante des paris sportifs en ligne. La gestion extrêmement

professionnelle que  nous  avons  de notre filiale – et à laquelle je participe

au sein du Conseil d’administration du PMU – va nous donner quelques longueurs

d’avance. La modification d’un cadre législatif datant de 120 ans suscite à

raison bien des inquiétudes. Mais elle ouvre aussi des potentiels et, la force

des structures de l’Institution nous donne les atouts pour en profiter. Le

premier de ceux-là est le caractère d’économie mixte de notre activité qui voit

renforcer ses liens avec l’État.

L’Association P.P. continuera donc à être une force de

proposition afin de valoriser les grands atouts de notre système : le

leadership dans le domaine de l’élevage de chevaux d’obstacle pur-sang comme

AQPS, la force du réseau des hippodromes régionaux qui permet de maintenir une

culture “courses” dans les régions et au sein de la classe politique, le

dynamisme des bénévoles qui font fonctionner le système et assurent un jugement

exemplaire des courses et, enfin, par-dessus tout, l’enthousiasme des

propriétaires.

C’est dans le cadre de la défense et du développement du

cadre associatif, coopératif et mutuel de notre institution que je réfléchis

avec le Comité des P.P. à des initiatives qui viseront à rassembler les

propriétaires et les éleveurs autour de projets communs par-delà l’appartenance

à tel ou tel syndicat.

 

« Je suis personnellement très confiant sur la capacité du

PMU, non seulement d’être celui qui profitera le plus de la croissance, mais

aussi de prendre une part importante des paris sportifs en ligne. »

 

« L’Association P.P. continuera donc à être une force de

proposition afin de valoriser les grands atouts de notre système. »

 

Les petites guerres politiciennes doivent céder la place à

une unité de tous face aux enjeux qui sont les nôtres, au service d’un modèle

exemplaire et qui est la base d’une action positive     de long 

terme.