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Jour de Galop

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Jean-pierre de gasté : « en 2010, nous devrions accueillir un cinquième sponsor »

Autres informations / 20.01.2010

Jean-pierre de gasté : « en 2010, nous devrions accueillir un cinquième sponsor »

LE MAGAZINE      

SÉRIE : LES ENJEUX

2010 POUR LES PRINCIPALES ASSOCIATIONS SOCIOPROFESSIONNELLES FRANÇAISES

À l’occasion de la nouvelle année, nous avons interrogé les

présidents des principaux représentants socioprofessionnels français –

syndicats et associations – sur leurs objectifs en 2010 et les défis à relever.

Après Philippe Bouchara (Syndicat des propriétaires), dans notre précédente

édition, Jean-Pierre de Gasté (Association française du cheval arabe de course)

a répondu à nos questions. La série durera jusqu’à la fin de la semaine.

JEAN-PIERRE DE GASTÉ

: « EN 2010, NOUS DEVRIONS ACCUEILLIR UN CINQUIÈME SPONSOR »

L’élevage français des chevaux arabes de course connaît une

réussite incontestable au niveau mondial, et la renommée de la discipline

française est exceptionnelle à l’étranger, au MoyenOrient notamment, bien plus

qu’en France. Il ne fait aucun doute que c’est grâce à cette notoriété, que le

sponsoring du Qatar lors du week-end de l’”Arc” a été possible.

Cependant, cette notoriété cache en partie de grandes

faiblesses auxquelles est confronté chaque jour Jean-Pierre de Gasté, Président

de l’Association française du cheval arabe de course (AFAC).

 

Jour de Galop.Depuis quelques années, les courses de chevaux

arabes sont semble-t-il en pleine expansion. Qu’en est-il exactement ?

Jean-Pierre de Gasté.Les courses de chevaux arabes font

partie intégrante de la filière hippique française depuis 1874, à une très

petite échelle bien sûr, et un renouveau s’est dessiné à partir de 1989, où se

sont disputées 15 courses réservées aux Arabes purs. La reconnaissance de la

filière arabe par le monde des courses est encore plus récente, en 1994, avec

le sponsoring de la journée du “Jockey Club” par les Émirats Arabes Unis pour 7

ans. Cette année-là, 35 courses réservées aux Arabes purs ont été courues.

Depuis 1994, cette discipline connaît une belle évolution, se traduisant lors

des trois dernières années par l’augmentation de 41% du nombre d’épreuves [53

en 2007 et 75 en 2010, ndlr], réalisable grâce au complément de la masse

globale des allocations apporté par le sponsoring : 57% de cette masse globale

de nos allocations sont financés par les sponsors.

Le prestige des courses françaises allié aux succès de

l’élevage français des Arabes de course et au dynamisme de la filière

permettent de proposer aux sponsors du Moyen- Orient une offre séduisante.

C’est grâce au travail de fond de tous nos éleveurs qui, pendant de longues

années, ont maintenu des souches de grande qualité, sans quelconque espoir de

rentabilité, et qui ont initié la résurgence de l’élevage français au niveau

mondial. À cela s’est ajouté la mobilisation de toute la profession,

incroyablement unie, qui a rendu possible l’orchestration, sous une même

entité, d’un long travail de prospection au Moyen-Orient et de vulgarisation de

nos résultats à l’étranger depuis plus de quatorze ans. Enfin, le travail

d’accueil, souvent ingrat, qui est octroyé aux sponsors, permet certainement de

les fidéliser et de créer un terrain favorable à de nouvelles candidatures (4

sponsors du MoyenOrient en 2009). Bien sûr, ces différents sponsorings dont

nous bénéficions, n’auraient pas pu non plus se réaliser sans la qualité des

infrastructures des courses où nous pouvons les accueillir et sans la renommée

des champs de course français.    

 

« Le prestige des courses françaises allié aux succès de

l’élevage français des Arabes de course et au dynamisme de la filière

permettent de proposer aux sponsors du Moyen-Orient une offre séduisante. C’est

grâce au travail de fond de tous nos éleveurs... »

 

 Mais, parallèlement à

notre développement au grand galop, nous souffrons également d’une grande fragilité

car la masse globale des allocations attribuées par France Galop est très

faible. La moyenne des allocations de nos courses, hors sponsoring, est de

10.636€ par course, ne représentant que 43% de la masse globale de nos

allocations, le reste provenant du sponsoring.

Le grand défi qui nous reste à réaliser est donc de

conquérir chez nous, en France, la notoriété que notre filière a acquise à

l’étranger grâce à sa domination incontestée. Notre objectif se situe

uniquement à être reconnus par le monde des courses du Galop, à la mesure de la

complémentarité que notre filière lui apporte sur le plan économique. Le cheval

arabe de course n’a, en revanche, aucunement la prétention de rivaliser avec le

pur-sang – il court définitivement beaucoup moins vite –, mais seulement à en

être complémentaire. En effet, presque tous nos sponsorings s’accompagnent

également du sponsoring d’une grande épreuve réservée aux pur-sang, à l’instar

de l’”Arc de Triomphe” évidemment, mais également du Prix

Jean Prat à Chantilly, ou du “Jockey Club” précédemment.

La reconnaissance de notre filière au niveau international

ne se résume pas à la seule réussite de notre élevage. L’AFAC a également été à

l’origine de la construction d’une Fédération internationale [l’IFAHR]

regroupant toutes les autorités hippiques mondiales des courses arabes.

Récemment, nous avons également été à l’entière initiative de la création d’un

système de classification des meilleures épreuves internationales en courses de

Groupes, appelées Groupe PA, à l’instar du système des pur-sang, et qui permet

de pouvoir mieux situer la qualité des courses françaises par rapport aux

autres épreuves mondiales. Mais cette grande reconnaissance au niveau

international entame notre patrimoine, car nos éleveurs ne peuvent pas garder

leurs meilleures juments, extrêmement prisées à l’étranger. Actuellement, 85%

de notre production est exportée.

 

Garder ses juments est-il l’un des challenges de 2010 pour

l’association ?

Oui, notre principale inquiétude est de faire en sorte de

conserver nos juments en France. Nous avons donc créé douze courses pour

pouliches et l’essentiel de notre programme a été repensé en faveur des

femelles afin de garantir aux éleveurs une filière de valorisation pour les

pouliches. Nous voulons continuer dans ce sens et sommes entrain de réfléchir à

l’idée d’attribuer des primes pour les pouliches lorsqu’elles sont gagnantes.

 

Quels sont les autres objectifs ?

Nous devons continuer d’augmenter le budget global de nos

allocations, afin de pouvoir revaloriser nos épreuves. D’une part avec France

Galop et d’autre part avec le sponsoring. En 2010, nous devrions accueillir un

cinquième sponsor et nous continuons de prospecter et de démarcher même les

clients potentiels. Actuellement, c’est la seule manière pour nous de survivre.

Par ailleurs, nous travaillons activement afin de pouvoir

nous faire reconnaître en France en tant qu’acteur de la filière, si minime

soit-il. Nous entretenons d’excellentes relations avec l’ensemble de

l’Institution, et nous souhaitons encore améliorer nos partenariats. Nous

allons ainsi renforcer notre communication au niveau national et international.

Cela nous a été demandé car il semblerait que la discipline soit un peu mieux

connue. Grâce aux efforts que nous         avons   faits et aussi au partenariat avec Jour de

Galop, d’autres supports nous ont demandé de travailler avec eux.

 

 « Nous sommes

inquiets, pas tant de l’ouverture du marché des jeux en ligne qui me semble

bien engagée, mais plutôt du passage possible de la TVA de 5,5% à 19,6%. »

 

Si vous deviez faire un vœu pour la filière en 2010… Nous

sommes inquiets, pas tant de l’ouverture du marché des jeux en ligne qui me

semble bien engagée, mais plutôt du passage possible de la TVA de 5,5% à 19,6%.

J’ai l’impression que sur ce point, la profession n’a pas encore pris

conscience de l’importance de l’enjeu ou si elle en a pris conscience, elle ne

s’est pas mobilisée au point où elle l’a fait face à l’ouverture du marché. Si

la TVA passe à 19,6%, ce serait une catastrophe pour l’ensemble de la filière

du galop. Il y aurait une augmentation nette de tous les coûts à la fois

d’achat et de pension pour tous les propriétaires n’étant pas soumis à la TVA

et il y en a beaucoup. C’est la base de notre proprétariat.      •

 

« Le grand défi qui nous reste à réaliser est donc de conquérir

chez nous, en France, la notoriété que notre filière a acquise à l’étranger grâce

à sa domination incontestée. »