Série : les enjeux 2010 pour les principales associations socioprofessionnelles françaises

Autres informations / 15.01.2010

Série : les enjeux 2010 pour les principales associations socioprofessionnelles françaises

LE MAGAZINE      

À l’occasion de la nouvelle année, nous avons interrogé les

présidents des principaux représentants socioprofessionnels français –

syndicats et associations – sur leurs objectifs en 2010 et les défis à relever.

Après Thierry Gillet, Secrétaire général de l’Association des jockeys dans

notre précédente édition, Frédéric Danloux (entraîneurs propriétaires) a

répondu à nos questions. La série durera jusqu’au début de la semaine

prochaine.

ASSOCIATION DES ENTRAÎNEURS PROPRIÉTAIRES

Nombreux sont les dossiers brûlants sur lesquels planche

l’Association des entraîneurs-propriétaires présidée par Frédéric Danloux.

Contestataire ou force de proposition, l’homme qui ne mâche pas ses mots

s’exprime dans nos colonnes.

L’augmentation de 1% des allocations… et des entraîneurs

laissés pour compte

À la fin de l’année 2009, France Galop a annoncé une

augmentation des allocations de 1%, un chiffre que Frédéric Danloux estime

totalement insuffisant. « Cela ne colle pas. Quand on voit tout ce que le PMU

programme en devenant par exemple partenaire majeur de la Fédération française

de football, on ne comprend pas pourquoi, une fois de plus, ce sont ceux qui

génèrent les recettes en faisant les courses tous les jours – et à toutes

heures maintenant – qui sont lésés. Il faut investir sur l’avenir, je suis d’accord,

mais il faut nous laisser de quoi vivre. Actuellement, en France, la majorité

des entraîneurs ne vit pas décemment. Quel sera le retour sur investissement de

tous les partenariats réalisés par le PMU ? Une fois de plus, on donne des

cacahuètes aux singes pour qu’ils se tiennent tranquilles, mais un jour, les

singes se réveilleront. » Frédéric Danloux souhaiterait participer à une table

ronde après l’application de la loi sur l’ouverture du marché des jeux afin de

revoir les allocations à la hausse.

Augmentation des cotisations pour les centres d’entraînement

Parallèlement à cette augmentation de 1%, France Galop

désire augmenter les cotisations sur les centres d’entraînement. Frédéric

Danloux réplique : « C’est une hérésie totale. Je m’opposerai toujours à toute

augmentation de cotisation tant que France Galop ne nous aura pas communiqué

les chiffres à l’appui. Ils sont simplement en train de monter les centres les

uns contre les autres. Et de toute façon, un centre d’entraînement ne peut que

coûter de l’argent. C’est une machine à partants, donc il ne faut pas taper

dessus. »

Par ailleurs, France Galop souhaite mettre en place un

comité de pilotage dans les centres. « Une bonne idée, selon Frédéric Danloux,

mais au lieu de cela, on nous annonce quinze jours plus tard cette augmentation

en nous présentant un dossier en cours de séance. Nous n’avons donc pas eu la

chance de l’étudier. » Pour faciliter le contact entre France Galop et les

entraîneurs, l’association demande depuis deux ans un département entraîneurs.

L’accompagnement du personnel

Avec les trente-cinq réunions supplémentaires prévues en

2010, Frédéric Danloux estime que le personnel d’écurie accompagnant les

chevaux aux courses pourrait recevoir une aide supplémentaire. « Ils doivent

être respectés et pour cela, il faudrait qu’ils aient par exemple accès à une

salle de repos et qu’ils se voient offrir un déjeuner. »

Par ailleurs, l’association soumet l’idée de consacrer des

courses aux salariés d’écurie. « Au fils des années, les jeunes entrant à

l’AFASEC sont de plus en plus grands et de plus en plus lourds. Ils rêvent

d’être jockeys, ne le peuvent pas, et quittent le métier. Si on organise une ou

deux courses par mois pour eux, ce serait une motivation. Il faut fidéliser le

personnel. »

La création de courses handicap bien dotées et déplafonnées

L’association propose de créer des courses sous la formule

handicap très bien dotées, comme le Grand Handicap de Deauville (Listed), et

déplafonnées. Ainsi, les chevaux avec une grosse valeur pourraient continuer de

courir entre eux les handicaps. « Cela encouragerait les chevaux faisant la

recette. Et nous aurions des Quinté+ avec des chevaux qui se retrouvent souvent

et donc que les parieurs connaissent et surtout nous pourrions avoir de très

bons chevaux dans ces courses », souligne Frédéric Danloux.

Une décharge en obstacle pour les jeunes jockeys Comme cela

se fait en plat, le président propose que les jeunes jockeys n’ayant pas gagné

trente-cinq courses bénéficient de deux kilos de décharge dans toutes les

courses, sauf dans les Quintés+, les Listeds et les Groupes. « Une fois encore,

il faut fidéliser les gens avec qui nous travaillons et ce système le

permettrait. »

Une réforme du bureau des commissaires en quatre points

Ce qui a été appelé “l’affaire Dar Re Mi” a relancé le débat

sur le statut des commissaires et les associations socioprofessionnelles ont

planché sur la question. Quatre points importants sont ressortis de la

discussion au sein de l’Association des entraîneurs-propriétaires :

-           « Nous

souhaiterions plus de transparence dans la nomination des commissaires. Il

faudrait faire un appel à candidatures.

-           Il est

primordial qu’il y ait plus d’anciens professionnels au sein du corps des

commissaires car aujourd’hui, la plupart d’entre eux n’ont jamais monté en

course et d’autres ne sont jamais montés à cheval ! On imagine mal un arbitre

de football n’ayant jamais tapé dans un ballon.

-           Le corps

des commissaires doit être impérativement différent en appel qu’en première

instance. C’est le b.a-ba.

-           Enfin, il

faut renforcer les enquêtes et les sanctions, du départ à l’arrivée d’un

parcours, en plat comme en obstacle. »