à la découverte de la presse hippique espagnole

Autres informations / 27.02.2010

à la découverte de la presse hippique espagnole

SÉRIE           

Nous terminons notre série sur les courses espagnoles avec

deux journalistes d’A Galopar et de Radiohipodromo qui nous apportent leur

point de vue sur le monde hippique en Espagne.

 

A GALOPAR

A Galopar est une revue qui traite l’actualité hippique au

travers de reportages, brèves, analyses de pedigrees et pronostics. Rencontre

avec Julio Diez, directeur d’A Galopar, qui nous a éclairés sur la situation de

la presse hippique en Espagne et les difficultés du monde hippique espagnol.

 

Depuis combien d’années existe la revue?

Elle existe depuis 1995

Quel est son but depuis sa création?

La revue est née l’année de la fermeture de la Zarzuela [nom

de l’hippodrome de Madrid, ndlr]. L’objectif était de dire à ce moment précis

qu’il y avait une revue qui voulait la réouverture de l’hippodrome. La revue

est donc née

dans le but de faire comprendre qu’il fallait rouvrir la

Zarzuela. Il fallait lutter pour cet hippodrome. Ainsi, l’objectif est de

contribuer au développement et à la prospérité des courses hippiques en

Espagne. D’autant plus que les moyens de communications généralistes (TV,

journaux sportifs...) ne couvrent jamais les courses, considérés comme un sport

marginal, et que nous sommes presque le seul moyen de communication donnant un

espace aux courses.

 

Combien avez-vous de lecteurs environ?

Nous en avons environs 1000.

 

De quoi êtes-vous le plus fier dans la revue?

Le meilleur dans la revue, c’est que nous réussissons à

percer les secrets du monde des courses, qui est un monde parfois hermétique,

où il est difficile d’obtenir des informations. Et pourtant, nous arrivons à amener

ces informations aux “aficionados” pour qu’ils puissent jouer, mais aussi et

surtout pour que les chevaux ne soient pas de simples numéros et qu’ils aient

une personnalité, une histoire personnelle, un “papa” et une “maman”. On éduque

le public au monde des courses.

 

Est-il possible de voir un jour A Galopar passer

d’hebdomadaire à quotidien?

Oui, c’est une possibilité. Actuellement, en Espagne, il y a

un à deux jours de courses par semaine. Ainsi, plus le nombre de réunions

augmente, plus nous serons amenés à publier.

 

Quel est votre point de vue sur les courses espagnoles

actuelles? Quelles sont leurs difficultés?

Les courses espagnoles ont montré un grand potentiel puisque

le secteur du turf est petit, mais reste à un niveau relativement acceptable. Des

chevaux comme Bannaby (Dyhim Diamond) et As de Trebol (Tapit) ont eu de bons

résultats à l’étranger. En Espagne, il y a entre 5000 et 6000 spectateurs à

chaque réunion de courses. Le grand problème est que les lois ne permettent de

jouer que sur l’hippodrome [dans la région de Madrid notamment, ndlr]. Il y

a donc une limitation du développement du jeu. Je crois

que c’est le seul pays d’Europe où ça se passe comme ça.

C’est une barrière de plus et avec les nouvelles technologies, comme internet,

c’est encore plus ridicule. Je pense que l’on va dépasser cela d’ici peu de

temps.

 

Comment voyez-vous l’avenir des courses espagnoles?

Je crois qu’elles ont un grand futur car les paris n’ont pas

pu être développés, c’est un négoce encore vierge, on ne lui a jamais donné

l’occasion de croître comme par exemple dans des locaux urbains. De plus, les

directeurs des hippodromes ne sont pas habilités à gérer les paris. Si tout

cela se solutionne, nous aurons un grand futur car nous avons un grand

potentiel.                     

 

RADIOHIPODROMO

José María Alfageme est journaliste. Il a toujours travaillé

dans le milieu de la radio où il compte une expérience de plus de trente ans.

Membre de l’académie espagnole de la radio, il a toujours voué une grande

passion aux courses qui l’ont amené à devenir propriétaire. Il a notamment

possédé deux bons chevaux locaux : Arrebato et Landelino.

Il a proposé un programme de radio sur le monde des che-

vaux, où le turf pouvait avoir sa place. Le 2 octobre 2009 a

eu lieu la première émission de Radiohipodromo. Tous les vendredis de 21h à

22h, en direct sur le 94.8 FM de la radio espagnole, Radiohipodromo traite de

tous les sujets avec sérieux et efficacité. Elle ne se contente pas

d’accueillir les jockeys et entraîneurs, mais invite aussi les présidents de

sociétés de courses ou encore Manuel Orozco, Président de la Sociedad de

Fomento. Il y a aussi une page web sur laquelle on peut réécouter les

précédentes émissions : www.radiohipodromo.com. En Espagne, c’est la première

émission d’une heure dédiée au monde des chevaux.

 

Depuis combien de temps existe Radiohipodromo ?

Le programme ainsi que la page internet de Radiohipodromo

ont été créées en octobre 2009. J’ai décidé de le faire alors que le turf

espagnol était dans une mauvaise passe : il n’y avait pas de réponses

extérieures, peu d’intérêt, aucun moyen de communication ne s’occupait des

courses. Seul RTVE, avec beaucoup de difficultés, et une revue comme A Galopar,

traitaient les courses. De plus, l’hippodrome de la Zarzuela, le plus

important, était en travaux depuis plusieurs mois. Des travaux qui vont

conditionner la future saison de printemps.

 

Quel est le but de votre radio ?

Le premier but est de consolider le programme et la page.

Que cela devienne une référence pour le turf espagnol et pouvoir ainsi partager

notre passion avec d’autres moyens de communication pour le bien des courses.

Selon moi, il faut pouvoir nous approcher le plus possible de l’organisation

française.

 

En quoi consiste l’émission ?

L’émission, toujours en direct, repasse brièvement sur ce

qui s’est passé dans le monde hippique. Nous interviewons dans le studio ou par

téléphone des acteurs du monde des courses. Nous faisons aussi des pronostics

et des rubriques dédiées au monde du cheval.

 

L’émission a t-elle lieu à une heure de grande écoute ?

L’entreprise Gestiona Radio, qui, depuis septembre 2009,

s’est unie au groupe COPE, est en train de creuser un sillon dans le spectre

radiophonique pour développer l’émission. L’heure est un des facteurs de

développement. Mais nous avons surtout l’avantage d’être écouté par internet.

 

De quelle émission êtes-vous le plus fier ?

Je suis fier de toutes mes émissions mais celle du 22

janvier est particulière. Le jockey, José Luis Martinez [l’un des meilleurs

jockeys espagnols, jockey de l’excellent Suances, ndlr] m’a proposé, à travers

mon programme, de lancer une aide pour Haïti. Tout le monde a participé. Ils

ont donné des habits, des bottes... Nous allons réaliser un programme spécial,

dans quelques semaines, pour apporter notre aide à cette bonne cause.

 

Quelle est la situation de la presse hippique en Espagne ?

Il existe des revues qui se dédient au monde du cheval. Dans

le monde du turf, il y a A Galopar et beaucoup de blogs, mais c’est avec une

diffusion minoritaire.

 

Comment vont évoluer les courses espagnoles ? Les dirigeants

de Madrid et de la Sociedad de Fomento veulent créer des courses le vendredi

après midi, à Madrid, sur la piste en sable. C’est une bonne chose. Mais nous

avons besoin d’aide. La crise a peut-être frappé l’Espagne, mais le cheval en

Espagne est une grande force qu’hélas personne n’appuie. Je me suis

malheureusement résigné à cela.