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Jour de Galop

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Ayun tara, l’une des belles histoires des courses

Autres informations / 13.02.2010

Ayun tara, l’une des belles histoires des courses

LE MAGAZINE      

Jeudi soir, à Meydan, Ayun Tara (Martaline) a réalisé une

drôle de performance en prenant la deuxième place des UAE 1.000 Guinées (L).

Cette jument, achetée à un prix raisonnable (11.000€), est en effet passée par

les "réclamer" avant de prendre la deuxième place du Prix des

Réservoirs (Gr3) et d’obtenir donc le même classement dans un

"classique" dubaïote ! Son histoire ressemble à celles que tous

passionnés aiment entendre : celle d’une exception. Pour son début de carrière

en progression et sans fausse note, cette pouliche grise au grand cœur

représente le rêve de chaque petit propriétaire et même de certains grands !

 

LA CARRIÉRE DE COURSE D’AYUN TARA

Date    Performance

28 juin 2009    3e du

Prix de la Chambotte (G), à Aix-les-Bains

27 juillet 2009 5e du

Prix de Bellerive (F), à Vichy

14 août 2009   1re du

Prix des Fuschias

(E, à réclamer), à Clairefontaine 6 septembre 2009  1re du Prix du Rouvray

(E, à réclamer), à Longchamp

3 octobre 2009           1re

du Prix Horse Racing Abroad

(E, à réclamer), à Longchamp 20 octobre 2009        2e du Prix des Réservoirs (Gr3),

à Deauville

11 février 2010           2e

des UAE 1.000 Guinées (L), à Meydan

 

Parce que tout commence dans les herbages…

Ayun Tara est née au “Camp Bénard”

Ayun Tara a été élevée au Haras du Camp Bénard, animé par

Martine Van de Kerchove et Fabienne Simoes de Almeida. Cette dernière nous a

expliqué le début de la belle histoire d’Ayun Tara dont la mère portait le nom

particulier d’Année de la Femme (Common Grounds). « Nous avons récupéré la mère

chez Jehan Bertran de Balanda. Il est venu nous voir pour nous proposer de

prendre Année de la Femme. Au début, nous avons hésité, car nous avions déjà beaucoup

de poulinières. Mais monsieur de Balanda nous a dit : “c’est dommage, car elle

a une jolie tête…” Alors finalement, nous l’avons prise chez nous. Son premier

produit a été Aravis (Subotica). Un grand cheval, très beau, mais à l’air un

peu benêt. Il a fait une très belle carrière (plus de 210.000€ de gains).

Ensuite, Année de la Femme a produit Albalonga (Freedom Cry), qui a également

gagné plus de 210.000€ en course. Année de la Femme est une jument un peu

délicate, à prendre avec des pincettes même. Mais je peux vous dire qu’elle

fait des chevaux un peu à part, avec beaucoup de personnalité. Pour Ayun Tara,

nous avions réfléchi avec ma mère au croisement et avons choisi Martaline. Dès

sa naissance, Ayun Tara était assez grande, avec une jolie tête et beaucoup

d’expression. On ne l’a d’ailleurs pas vendue très chère je trouve. »          

 

Le 22 octobre 2008, Ayun Tara passe en vente

Ayun Tara est inscrite pour passer sur le ring d’Arqana, en

octobre 2008. Elle passe le quatrième et dernier jour de cette vacation et

porte le numéro 355. Paul Nataf, qui a pour habitude de voir tous les chevaux

de la vente avant la mis aux enchères, lui a attribué une bonne note. Pour

nous, il a rouvert son catalogue de l’époque et nous a raconté : « Outre la

bonne appréciation personnelle que je lui avais attribuée, j’avais noté la

concernant : “de l’os, assez grande, des rayons, marche assez bien, pas de

handicap particulier, jument de course”. Je n’avais acheté aucun élément de sa

famille, mais sa mère avait produit quelques bons chevaux avec des étalons dont

je ne suis pas particulièrement fan. Cette fois, l’étalon était Martaline et

j’avais été surpris par sa production. Il avait fait plusieurs 2ans qui

galopaient, alors qu’on ne l’attendait pas vraiment sur ce créneau. D’ailleurs,

lors de cette vente d’octobre, j’ai acheté deux produits de Martaline. À

11.000€, Ayun Tara représentait à mes yeux un bon investissement. » Après avoir

été achetée, Ayun Tara a rejoint l’entraînement de Patrick Khozian et a porté

la casaque de Patrick Dreux.

 

Les débuts d’Ayun Tara en compétition

Lors de ses cinq premières sorties publiques, Ayun Tara a

donc couru pour Patrick Khozian, qui se rappelle bien de cette pouliche grise :

« Elle avait un physique assez important, je lui ai donc laissée le temps de

venir. Mais le matin, elle me montrait des choses, c’est pourquoi j’ai choisi

de la présenter une première fois en compétition au mois de juin en vue de la

courir à Vichy. Elle débutait par une troisième place à Aix-les-Bains et j’étais

très content de sa performance. À Vichy ensuite, elle terminait cinquième, en

étant un peu malheureuse. Elle avait bien couru, mais avait tiré et sauté le

passage de route. Ensuite, nous avons attaqué les bons “réclamers”. La première

fois, à Clairefontaine, on comptait beaucoup sur elle. Nous avons alors pris

Christophe Soumillon pour la monter. Elle a gagné et nous ne l’avons pas

défendue, mais il n’y avait aucun bulletin pour la réclamer. Toujours à

“réclamer” et avec Christophe Soumillon, elle gagné à Longchamp ensuite. Cette

fois, nous l’avons défendue, mais il n’y avait toujours pas de bulletin contre

nous. Elle a gagné ensuite le Horse Racing Abroad, le gros “réclamer” la veille

de l’”Arc”, alors qu’elle était au taux de 45.000€. Nous avons mis ce que nous

avons pu pour la défendre, sachant que l’allocation était de 12.500€ au

premier. Mais, cela n’a pas suffit et elle a été réclamée pour 60.502€. Il

fallait s’y attendre, mais nous avons quand même été un peu surpris, car les

deux fois précédentes, il n’y avait aucun bulletin sur elle. Nous sommes un peu

tombés dans le piège, mais c’est le jeu dans les “réclamers”. En tout cas,

c’est une jument qui a toujours passé les paliers. Je la revois encore monter

dans le camion avant d’aller courir à Longchamp et je me disais : “c’est vrai

que physiquement, elle n’a aucun défaut”. »