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Dehesa de milagro, l’autre paradis de l’élevage espagnol

Autres informations / 24.02.2010

Dehesa de milagro, l’autre paradis de l’élevage espagnol

SÉRIE           

 

Après le Haras d’Ulzama, Dehesa de Milagro est le second

haras le plus puissant en Espagne. La qualité de ses étalons, son rôle moteur

dans l’organisation des ventes espagnoles et l’avenir de l’élevage ibérique,

José Hormaeche, Directeur de ce haras, n’élude aucun sujet. Focus sur un site

qui devrait prendre une autre dimension dans les années à venir.

 

La réouverture de l’hippodrome de Madrid, point de départ de

l’aventure Milagro

La réouverture de l’hippodrome de Madrid a joué un grand

rôle dans la reprise de l’élevage en Espagne. Comme nous l’a expliqué Carlos

Vazquez, propriétaire du Haras d’Ulzama, dans l’édition de mardi, seuls

quelques “héros“ ont continué leur activité pendant l’arrêt des courses

madrilènes. Le lancement de Dehesa de Milagro est juste-

ment intervenu en novembre 2005, un mois après la

réouverture de la Zarzuela : « Cela a été l’élément déclencheur pour bâtir le

haras », comme l’a avoué José Hormaeche, Directeur de Milagro. L’élevage est en

effet indissociable des courses, en Espagne comme ailleurs. Appartenant au

célèbre propriétaire à la casaque rayée bleu-clair et blanc, Felipe Hinojosa,

qui possède également Loughtown Stud en Irlande et Chevington Stud à Newmarket,

Milagro se situe à une heure et demie de San Sebastian et trois de Madrid. Il

est en pleine région de Navarre, à l’image d’Ulzama. « Nous cherchions des

terres le long de fleuves dans la moitié nord du pays, nous explique Jose

Hormaeche. Puis il y a eu l’opportunité d’acheter une ferme sur une terre

fertile. Dehesa de Milagro s’est donc implanté en Navarre. » Au total, il y a

120 boxes et 280 hectares à Milagro sur lesquels s’ébattent les yearlings,

poulinières et étalons notamment. En moyenne, il y a au haras entre deux cents

et trois cents chevaux avec un pic en juillet.

 

« Au total, il y a 120 boxes et 280 hectares à Milagro. En

moyenne, il y a au haras entre deux cents et trois cents chevaux avec un pic en

juillet. »

 

Six étalons au potentiel intéressant

Six étalons sont actuellement stationnés à Milagro : Caradak

(Desert Style), Diktat (Warning), Keltos (Kendor), Delfos (Green Tune), Pyrus

(Mr Prospector) et Leadership (Selkirk). « Je pense que nos critères pour le

choix de nos étalons sont universels, nous explique José Hormaeche. L’étalon

doit être un cheval qui a de l’action, de bonnes origines et une certaine

conformité, ce qui est important pour un élevage commercial. »

 Caradak a été acheté

pour Milagro. Vainqueur du Prix de la Forêt (Gr1) et du Celebration Mile (Gr2)

sous l’entraînement de Saeed bin Suroor et la casaque Godolphin, cet élève de

l’Aga Khan,  est  issu  de

Desert Style et véhicule donc le sang de Green Desert en Espagne. Ses premiers

produits sont actuellement yearling. Il fait la monte à 2.500€ en 2010.          

 

Diktat est en location en Navarre après avoir fait la monte

au Japon. Également entraîné par Saeed bin Suroor et portant les couleurs

bleu-roi de l’Écurie Godolphin, Diktat a enlevé le Haydock Sprint Cup (Gr1) et

le Prix Maurice de Gheest (Gr1) à Deauville. Il va apporter de la vitesse aux

éleveurs espagnols. En Europe, il a déjà produit les bons Mundybash, Formal

Decree et Short Skirt. Lui aussi fait la monte à 2.500€.

 En provenance du

Haras des Granges, Keltos a été acquis pour Milagro. Gagnant des Lockinge

Stakes (Gr1) sur le mile rectiligne de Newbury, Keltos est issu d’une

poulinière d’exception, Loxandra    

(Last Tycoon), laquelle a donné cinq sujets black type parmi lesquels

Krataios (Sabrehill), vainqueur du Prix du Muguet (Gr2), et Kavafi (Zafonic),

lauréat du Prix Quincey (Gr3). En France, Keltos a réussi des débuts

prometteurs en tant qu’étalon avec Kelty in Love, lauréate du Prix des Rêves

d’Or (L) et placée de Groupe. Auparavant, il avait déjà produit Evening Time,

deuxième de Gr3 au Curragh. Il est proposé lui aussi à 2.500€. Un prix très

attractif qui devrait séduire les éleveurs espagnols et étrangers.

Acheté à l’instar de Keltos, Delfos (Green Tune) a également

effectué sa carrière sous l’entraînement de Carlos Laffon-Parias. Il a enlevé

les Prix d’Harcourt (Gr2), La Force (Gr3) et du Prince d’Orange (Gr3).

Ses premiers produits viennent de prendre 2ans. Il fait la

monte à 1.250€.

Stationné en 2009 à Ballyhane Stud, en Irlande, où il était

proposé à 4.000€ la saillie, Pyrus (Mr Prospector) est en location à Milagro et

fait la monte à 2.500€. Il est fils de Mr Prospector (Raise a Native) et d’une

fille de Nureyev (Northern Dancer) : un papier intéressant pour les éleveurs

espagnols. D’autant qu’il est apparenté à la famille de Matiara (Bering),

lauréate de la Poule d’Essai des Pouliches (Gr1), et Marathon (Diesis),

vainqueur du Prix du Muguet (Gr2). Mais Pyrus s’est surtout fait connaître en

France grâce à la victoire de sa fille Ercolini dans le Prix des Roches (B) et

sa troisième place dans le Prix Miesque (Gr3) sous l’entraînement ibérique de

Francisco Rodriguez- Puertas. Ercolini a d’ailleurs grandi à Milagro.

Milagro a acheté Leadership (Selkirk), un vainqueur du Gran

Premio  di  Milano (Gr1). Il est le frère de trois

vainqueurs et il est proposé à 1.250€ pour la monte 2010.

 

Un rôle central dans les ventes de yearlings en Espagne

Dehesa de Milagro joue un rôle prépondérant dans les ventes

de yearlings en Espagne. Il organise d’ailleurs une vacation au mois de

septembre entre la fin du meeting de San Sebastian et le lancement des réunions

automnales à la Zarzuela.                              

 

« Le marché espagnol est de petite taille car nous arrivons

à peine à 200 yearlings vendus en une année, nous confie José Hormaeche. Nous

essayons de montrer la qualité de nos produits et de trouver une nouvelle

clientèle. Par rapport aux autres pays européens, notre rôle est insignifiant

dans le marché des yearlings puisque la taille du marché n’a rien à voir avec

d’autres pays. Cette année, pour la première fois, une grande course est

réservée aux 2ans vendus à Milagro. Ce devrait être le 3 septembre avant notre

vente le 4 septembre. » En Espagne, il n’y a aucun organisme de ventes comme en

France avec Arqana et Osarus. L’initiative de Dehesa de Milagro est donc

intéressante pour le devenir de l’élevage espagnol.

 

Une clientèle à 90% espagnole

La clientèle de Milagro est essentiellement espagnole même

si, comme l’explique José Hormaeche : « Nous essayons de l’étendre et en 2009,

des entraîneurs comme Carlos Laffon-Parias, Luis Alberto Urbano-Grajales et

Cédric Boutin ont acheté lors de   nos   ventes.

 

D’ailleurs, nous invitons tous les acheteurs à venir

assister à nos ventes. Nous y présentons en moyenne 70 yearlings. » À travers

les ventes, Dehesa de Milagro s’ouvre sur l’étranger et notamment la France «

avec laquelle nous voulons développer le marketing autour du haras, a rajouté

José Hormaeche. Nous connaissons un grand nombre de professionnels en France et

les résultats d’As de Trebol (Tapit) et d’Ercolini vont nous aider. C’est

d’ailleurs fondamental que les chevaux sortis de Milagro gagnent de bonnes

courses en France pour attirer des entraîneurs de l’Hexagone. En 2009, nous

avons eu sept gagnants de 2ans dont quelques-uns s’annoncent prometteurs. »

 

« En 2009, nous avons eu sept gagnants de 2ans dont

quelques-uns s’annoncent prometteurs. »

 

Des raisons d’espérer un bel avenir pour l’élevage espagnol

Les courses comme l’élevage sont en train de se relancer

progressivement en Espagne. Les premiers chevaux élevés à Milagro ont seulement

4ans en 2010 à l’image d’As de Trebol. Mais la majorité d’entre eux ont couru

en Espagne et n’ont pas obtenu les résultats escomptés. Cette année, José

Hormaeche pense néanmoins avoir « beaucoup d’espoirs » de voir les élèves du

haras se distinguer en France. Et la nouvelle du reversement d’une prime de 15%

pour les éleveurs espagnols le conforte dans son optimisme :

« Cette prime est fondamentale pour élever, comme le

démontre le système français, qui est un modèle en la matière. D’autant plus

que l’élevage espagnol a besoin d’aides pour se relever. Mais selon moi, il est

évident que l’élevage est lié aux courses et il reste beaucoup de chemin à

parcourir. C’est un pays assez étendu où l’on peut rencontrer des zones idéales

pour l’élevage. C’est un secteur qui doit donc se développer d’autant plus que,

selon moi, l’Espagne n’élève pas bien mais très bien. »