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Guy cherel : une armada de 4ans pour la réouverture d’auteuil

Autres informations / 02.02.2010

Guy cherel : une armada de 4ans pour la réouverture d’auteuil

LE MAGAZINE      

GUY CHEREL : UNE

ARMADA DE 4ANS POUR LA RÉOUVERTURE D’AUTEUIL

La saison 2009 a été exceptionnelle pour Guy Cherel. À

Auteuil, puis à Pau cet hiver, l’entraîneur a connu une formidable réussite. Ce

week-end, il est revenu avec nous sur cette belle année avant d’évoquer ses

perspectives 2010.

 

La réussite de toute une équipe

Près de 60% de l’effectif de Guy Cherel est composé de 3 et

4ans. Les jeunes jockeys de l’Écurie Cherel travaillent les jeunes chevaux et

leurs progrès sont récompensés par les formidables résultats de toute cette

équipe.

Une équipe à laquelle il faut associer la collaboration de

Cyrille Gombeau qui vient “sauter” les chevaux deux ou trois fois par semaine.

Guy Cherel aime à s’entourer

de « personnel motivé et ayant du talent » car il le dit

lui-même, « je n’invente rien, les choses se font avec des personnes qui en

veulent. Lorsque les chevaux se plaisent avec un partenaire en particulier le

matin, pourquoi en changer l’après-midi ? La synergie doit amener une entente

positive pour que l’aboutissement du travail amène au succès ».

 

Le meeting de Pau, un tremplin pour Auteuil

Cela fait de nombreuses années que Guy Cherel y croit.

Passer un hiver sans courir est une aberration que l’entraîneur se refuse à

imaginer. Le meeting de Pau peut préparer des chevaux à Auteuil. Il se rappelle

son premier meeting durant la saison 1983/1984. Depuis, il n’a cessé d’y croire

: la qualité des pistes, le travail fait par ces dirigeants à l’écoute des

professionnels, un très bon hippodrome sur lequel il y a toujours des

améliorations à apporter. Seul point noir : le manque de boxes sur le centre

d’entraînement l’oblige à réduire son effectif en passant de vingt-cinq chevaux

il y a 25 ans à quinze sujets à ce jour. Mais il espère qu’un jour, l’on puisse

contenter la majorité des demandes, et la construction d’autres bâtiments

prévue pour le meeting 2010/2011 va dans ce sens.

Pour le Prix Jean Bernadotte, couru le lendemain de notre

rencontre, Guy Cherel nous déclarait « avec huit partants et 21.600€ au

vainqueur au lieu de les travailler le matin, on est sur place et on peut les

courir et c’est un gros avantage ». L’avenir lui a donné plus que raison : les

quatre premières places avec quatre partants ! Un coup de maître. La fréquence

des courses durant le meeting ? Il la décide avec les chevaux, selon leur

capacité à récupérer plus où moins vite. Certains ont besoin de courir,

d’autres attendent la butte Mortemart. Auteuil et Pau sont deux hippodromes

faits pour les sauteurs où les bons jockeys expriment leur talent et peuvent

aussi finaliser le travail des dresseurs de chevaux d’obstacle. Guy Cherel

espère désormais que tous les chevaux qui se sont illustrés sur la piste du

Pont-Long garderont la forme pour s’illustrer sur les hippodromes parisiens.

 

Ses espoirs 2010

Espoir du Vitou : un gros potentiel, quatrième du

“Fifrelet”, se mécanise et devrait faire parler sa classe. Kriss William :

facile gagnant à      Pau de ses dernières

sorties dont le Prix Jean Bernadotte ; promu à un bel avenir.

Saying Again : un jeune plein d’espoir qui fera Auteuil sans

problème.

Califète Royale : une pouliche courageuse.

Objectif Spécial : parti à la mer pour reprendre du moral

tout en travaillant pour être prêt dès la reprise à l’entraînement à

Maisons-Laffitte.

Rushwell : parti au pré pour se reposer après une fin de

saison 2009 assez éprouvante.

Rochdale : prêt pour Auteuil.

Marescsou : au pré, il doit se refaire une santé pour

réapparaître au mieux.

Cokydal : opéré en fin d’année du boulet, il a repris

l’entraînement et respire la santé.

Tell no One : pourrait faire l’impasse sur la Grande Course

de Haies de Pau (72kilos) pour axer son programme sur Auteuil.

Guy Cherel nous a également donné des nouvelles de Crack

Champbenoit, blessé le 27 janvier après avoir passé le poteau en tête. « Il est

reparti à Grosbois pour se faire opérer du canon. Ils vont lui poser des vis. »

À ce sujet, Guy Cherel tient à nous faire remarquer que la présence de deux

vétérinaires sur le site de l’hippodrome, prêts à faire des radiographies de

tout cheval accidenté dans les écuries est un plus. « C’est un vrai confort,

même si on se passerait bien de tout accident survenu à nos chevaux. C’est un

exemple à suivre pour les autres hippodromes. »

 

Ses relations avec John McManus

L’entraînement de Guy Cherel a brillé sous la casaque de

John McManus l’an dernier à Auteuil. « Je l’ai rencontré il y a peu. M. McManus

est un propriétaire fantastique qui adore les chevaux. Vous ne reverrez pas sa

casaque à Auteuil sous mon entraînement dans l’immédiat car son objectif est de

courir dans son pays. Mais nous restons en contact, je serai toujours prêt à

l’accueillir dans mon effectif. »

 

Et lui-même, compte-t-il aller visiter l’Angleterre et

l’Irlande ? Il ne le souhaite pas, pour le moment, car la France lui convient.

Guy Cherel préfère s’occuper de son élevage, des vingt-cinq poulinières de son haras

situé dans la Manche (50) qui lui apporte des joies simples. Guy Cherel le dit

: « Vivre de ma passion ; l’entraînement et l’élevage. Voilà ma seule ambition.

Si je voulais devenir tête de liste, je devrais avoir 150 chevaux. Ce n’est

donc pas un objectif. J’ai fait une bonne saison, avec de bons chevaux et les

Groupes ont été en quelque sorte la cerise sur le gâteau. Durer le plus

longtemps possible, dans ma situation, me comblerait. »

La province : de moins en moins

Le seul entraîneur à avoir dépassé Guy Cherel au classement

des entraîneurs d’obstacle est bien sûr Guillaume Macaire, un incontournable.

Lui, emmène ses chevaux à Paris, mais n’hésite pas non plus à courir beaucoup

en province, ce que Guy Cherel ne fait pas. « L’ambiance y est très souvent

chaleureuse et festive, mais les courses ne sont pas aussi faciles qu’on le

pense. Je vais de moins en moins en province car les hippodromes manquent

parfois de moyens et de ce fait certains parcours ou certaines pistes ne sont

pas toujours adaptés et casser des chevaux me rebute. Je me refuse à courir des

chevaux de cross ailleurs qu’à Pau. Les parcours y sont techniques et rigoureux

mais un cheval bien travaillé et équilibré peut y exercer son art. Les chevaux

de cross sont respectables et les courir sur 5.000m en pleine chaleur ne me

convient plus. » Lui qui a entraîné un certain Quina du Perche monté par Loïc

Manceau, sacré champion de France 1990 en crosscountry, se rappelle le temps

passé.

 

« Vivre de ma passion ; l’entraînement et l’élevage. Voilà

ma seule ambition. »

                  

Le manque de propriétariat

Guy Cherel connaît parfaitement les problèmes liés à

l’élevage et constate : « Les éleveurs n’arrivent plus à vendre leurs produits.

Parfois, le prix payé ne couvre pas les frais dus à l’élevage. Des bons

poulains et pouliches, il y en a plein les pâturages de nos éleveurs et le

manque de propriétaires se fait sentir dans le métier. »

 

L’augmentation des cotisations sur les centres

d’entraînement

« Contrairement à d’autres entraîneurs, je pense que nous

nous devons de partager les coûts des centres d’entraînement. Que France Galop

participe pour une partie est une solution. Mais les utilisateurs que nous

sommes devons mettre la main à la poche pour avoir un outil de travail. »

 

L’ouverture du marché des jeux en ligne

« Je suis très inquiet que notre clientèle [les joueurs du

PMU, ndlr] se disperse vers d’autres jeux ou opérateurs et que la manne

financière soit réduite pour les acteurs des courses. Nous qui avions le

meilleur système d’Europe et peut-être du monde, subissons les lois du marché à

l’échelle européenne. »