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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Hubert monzat, directeur general de france galop

Autres informations / 05.02.2010

Hubert monzat, directeur general de france galop

LA GRANDE INTERVIEW

 

Ouverture du marché des paris, orientations budgétaires,

cotisations sur les centres d’entraînements parisiens gérés par France Galop,

télévision en Haute définition... Autant de sujets sur lesquels la parole du

Directeur général de la sociétémère est très attendue.

 

Jour de Galop. – Le Sénat votera le texte de loi sur

l’ouverture du marché des jeux en ligne à la fin du mois de février. Vous

connaissez parfaitement ce dossier, puisque vous y avez activement travaillé

lorsque vous collaboriez avec Eric Woerth. Quel est votre avis sur le contenu actuel

du texte ?

Hubert Monzat. – Je pense que le texte de loi qui sera voté

au Sénat va dans le sens d’un renforcement de la protection de la filière, car

il sécurise son financement. C’est un élément très positif. Depuis le début,

les pouvoirs publics ont parlé d’une ouverture maîtrisée. Et c’est le cas.

 

A quelle date pensez-vous que l’ouverture sera effective ?

La date du 1er juin est, aujourd’hui, la plus probable. Tout

est fait pour que ce calendrier soit respecté.

 

Il a d’abord été question du 1er avril ; désormais, c’est le

1er juin : quelles sont les conséquences de ce décalage pour les sociétés de

courses ?

L’impact de la baisse de la fiscalité sur les paris

hippiques prévue par la loi devait engendrer un bonus fiscal de 110 millions

d’euros, réparti de la façon suivante : 66M€ pour le PMU, et 22M€ pour chacune

des deux sociétés-mères. A chaque mois de décalage, c’est 12 M€ en moins de

bonus fiscal. Ainsi, pour une ouverture au 1er juin, l’enveloppe passe de 110M€

à 86M€. Sur la base de la clef de répartition actuelle, France Galop ne

percevrait plus que 13M€.

 

Ce manque à gagner était-il prévisible ? Et l’avezvous

anticipé ?

Compte tenu des incertitudes qui pesaient sur la date de

promulgation de la loi, nous avons mis en provision pour aléas 10M€ dans le

budget 2010 de France Galop.

Vous constaterez avec moi que cela a été la bonne décision,

puisqu’en raison du décalage du calendrier de l’ouverture, cette provision de

10M€ a mécaniquement presque totalement disparu.

 

Quel est alors le visage affiné de votre budget 2010 ?

Il fait apparaître un déficit de 1,8M€. Mais, comme je viens

de vous le dire, notre budget a intégré un bonus fiscal de 12M€. Cela signifie,

très simplement, que sans ce bonus fiscal, notre budget aurait accusé un

déficit de 13,8M€ : donc quand certains parlent de gestion budgétaire frileuse,

je les renverrais volontiers à leurs études…

 

 

Quelles sont vos marges de manœuvre budgétaires, pour

réduire ce déficit dans les années qui viennent ?

France Galop a initié un plan d’économies en 2009 qui sera

poursuivi en 2010. Cependant, sur un budget total de 365M€, la répartition

actuelle des différents postes budgétaires nous laisse très peu de marge de

manœuvre : 240M€ d’encouragements, 29M€ destinés aux sociétés de province, 36M€

de charges fédératives, 48M€ de frais de fonctionnement, qui incluent le budget

télévision et les coûts de promotion des courses…. Réduire cette dernière ligne

hypothèquerait gravement notre avenir, qui est tributaire de l’image de notre

sport.

 

Vous avez augmenté les allocations de 1% en 2010. Et il

avait été question d’un possible surplus de 0,5%. Qu’en est-il ?

Il appartiendra au Conseil d’administration de se prononcer

sur ce point à l’occasion de sa réunion de la fin du mois de mars 2010.

 

Vous travaillez actuellement sur un sujet très important,

lui aussi en rapport avec les questions de budget : c’est celui des cotisations

sur les centres d’entraînement parisiens gérés par France Galop. Pouvez-vous

expliquer à nos lecteurs la genèse de ce travail ?

La décision de Pau de fin 2008 a ouvert le débat sur

l’équilibre économique         des centres

d’entraînement publics. Une étude sur les modalités d’exploitation des centres

d’entraînement publics a ainsi été lancée conjointement par la Fédération

Nationale des Courses Françaises et France Galop.

Cette étude nous a été remise en novembre et a été présentée

au Conseil d’Administration du 23 novembre. A cette occasion, les

Administrateurs ont validé le principe d’un taux de couverture de 60% des

dépenses par les usagers à atteindre dans un délai de 3 ans.

A la suite de la présentation de cette étude devant le Comité

de France Galop le 14 décembre dernier et afin de tenir compte du fait que

certains socioprofessionnels ont considéré avoir été mis devant le fait

accompli, il a été décidé de geler l’application des mesures de redressement

sur le premier trimestre 2010 et d’organiser, à la fin du mois de février ou au

début mars, une réunion de concertation avec des représentants qualifiés.

 

« Sans le bonus fiscal, notre budget aurait accusé un

déficit de 13,8M€ : donc quand certains parlent de gestion budgétaire frileuse,

je les renverrais volontiers à leurs études… »

 

Qui siègera au sein de cette commission consultative ?

La composition de cette commission consultative, qui réunira

des entraîneurs et des propriétaires, sera évoquée lors du Conseil

d’administration du 9 février. Je suis certain que la concertation que nous

allons mettre en place au sein de cette commission permettra de dégager un

consensus sur les moyens à mettre œuvre pour rétablir un équilibre de gestion

indispensable à très court terme, dans le respect des principes arrêtés par le

Conseil d’administration.   

 

« Concernant les centres d’entraînement, il a été décidé de

geler l’application des mesures de redressement sur le premier trimestre 2010

et d’organiser, à la fin du mois février ou au début mars, une réunion de

concertation avec des représentants qualifiés. »

 

 Précisément, quelle «

photographie économique » de vos centres d’entraînement cette étude vous

a-t-elle fournie ?

La situation n’est pas la même dans tous les centres et il

faut veiller à ne pas faire de généralités. Nous sommes confrontés à une perte

d’exploitation globale de l’ordre de 10 millions d’euros par an. En ce qui

concerne les 3 centres dont France Galop assure la gestion, ce déficit est de

7,8 millions d’euros par an avec des taux de couverture très inégaux.

Une telle situation ne peut pas perdurer. C’est le sens de

la décision prise par le Conseil d’administration de France Galop de ramener ce

déficit à un niveau raisonnable dans les 3 ans en fixant à 60% le taux de

couverture des dépenses par les recettes. Cela veut dire, ne l’oublions pas,

que dans ces centres d’entraînement publics, 40% des coûts resteront supportés,

c’est-àdire subventionnés par France Galop.

 

Vous venez de nous dire que la situation variait d’un centre

à l’autre. Le rééquilibrage des comptes se fera-t-il au niveau national, ou

centre par centre ? Il n’y aura pas de mutualisation des pertes. Le relèvement

du taux de cotisation se fera centre par centre. Et nous serons très attentifs

à ce que l’évolution se fasse à un rythme compatible avec la situation

budgétaire actuelle de chaque centre, chacun étant libre de définir les moyens

permettant de rétablir l’équilibre de gestion.

 

 

« 40% des coûts des centres d’entraînement gérés par France

Galop resteront supportés, c'est-à-dire subventionnés, par France Galop. »

 

Serait-il possible d’associer les collectivités locales à

cet effort budgétaire ?

Aujourd’hui, c’est difficile, parce que les collectivités

locales n’interviennent, par principe, que pour financer des projets d’infrastructures

et non pour financer du fonctionnement. Cela dit, la situation peut évoluer.

Dans le cadre de la loi sur l’ouverture du marché des jeux en ligne, Jacques

Myard, député-maire de Maisons-Laffitte, a déposé un amendement qui prévoit

qu’un millième du chiffre d’affaires d’une réunion PMU soit reversé à la commune

où a eu lieu la réunion. Si cette proposition est retenue dans la rédaction

finale de la loi, elle permettrait à certaines communes de toucher une rente

annuelle substantielle. Cet élément peut être de nature à faire évoluer la

relation de France Galop avec les communes.

 

 

 

Nous venons de parler des budgets de fonctionnement. Quelles

sont vos actions actuelles concernant les budgets d’investissement dans la HD ?  J’ai été très surpris par ce que j’ai lu sur

le sujet. Sans m’inscrire en réaction par rapport à ces interviews, je veux

tout de même relever quelques imprécisions et vous apporter certaines

précisions. D’abord, il faut savoir que, sur la myriade de canaux disponibles

par le câble ou par satellite, seules dix-neuf chaînes de télévision sont passées

en Haute Définition (HD). La HD représente aujourd’hui moins de 10% des

programmes.

Parlons de France3, qui diffuse le Quinté+. C’est une grande

chaîne et, pourtant, elle ne passera à la HD qu’en 2011. Les sociétés de

courses ne sont donc pas en retard : dès 2008, elles ont travaillé sur le

sujet, en commençant par chiffrer le projet. Il faut savoir que la HD, c’est 50

millions d’euros.

 

C’est effectivement très lourd !

Oui, et suite à ce travail d’analyse, les trois présidents

ont décidé que, tout en restant très attentifs au sujet et en considérant que

cet investissement devra être réalisé, il faudra l’échelonner dans le temps.

Vous comprenez donc pourquoi il est selon moi inacceptable  de  lire  que l’Institution ne s’est pas intéressée au

sujet.

Parmi les investissements courants réalisés en 2009, nous

avons consacré un budget de près de 2M€ à l’achat de trente-deux caméras  de 

télévision 16/9e compatibles Haute Définition. Cet investissement

s’inscrit dans la lignée de la réflexion que nous menons depuis 2008 sur

l’évolution des technologies télévisuelles, et notamment sur le passage à la

Haute Définition. C’est un effort continu, qui se poursuit année après année :

le passage effectif et définitif à la HD est inscrit dans le budget 2011 avec

le renouvellement des cars régie pour un montant de 12 M€.

 

« Il faut que les choses soient bien claires :  le résultat net du PMU dans tous les secteurs

– paris sportifs compris – sera destiné à financer

l’activité hippique. »

 

Le fait que le PMU se développe dans les paris sportifs ne

vous fait pas craindre qu’il s’éloigne de la filière hippique ?

Les sociétés-mères sont membres du GIE PMU, le problème ne

se pose donc pas. En tout état de cause, il faut que les choses soient bien

claires, et que tous les socioprofessionnels en soient convaincus : le résultat

net du PMU dans tous les secteurs – paris sportifs compris – sera destiné à

financer l’activité hippique.

 

Enfin, que pouvez-nous nous dire du programme des courses en

2010 ?

Un des points saillants à souligner est que la densification

du calendrier national (PMU) se traduira par l’ajout de journées à 3 réunions,

dites tuilées, les lundis (17 réunions au galop) et les Mercredis (19 réunions

au galop). Mais je ne vous en dirai pas davantage aujourd’hui dans la mesure où

j’ai souhaité que François Boulard, nouvellement promu Directeur en charge du

programme et des services techniques, s’exprime directement sur ce sujet dans

les tous prochains jours.