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Jour de Galop

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La fifth third bank contre ahmed zayat… et cash asmussen !

Autres informations / 08.02.2010

La fifth third bank contre ahmed zayat… et cash asmussen !

 

INTERNATIONAL

Depuis plusieurs semaines, JDG a rendu compte du combat

opposant la Fifth Third Bank, la première “banque équine” du Kentucky, à une

des écuries les plus importantes du moment aux ÉtatsUnis, Zayat Stables.

Désormais, Cash et Cheryl Asmussen sont aussi en conflit avec la banque qui a

entamé une action légale à leur encontre.

À travers ces actions très agressives, la Fifth Third Bank

souhaiterait en fait quitter le secteur équin…

 

 Zayat Stables sous

Chapter 11

Un développement important dans l’affaire d’Ahmed Zayat est

intervenu le 3 février quand l’opération du propriétaire a requis d’être placée

sous la protection du Chapter 11. Cette disposition du droit fédéral américain

permet à chaque citoyen ou entreprise en difficulté de se déclarer en faillite,

et d’obtenir ainsi une période légale de six mois qui

neutralise l’action des créditeurs. Cette sorte de

protection juridique a été pensée par le législateur pour autoriser des

arrangements, des moratoires, et une restructuration viable de la dette. Ce à

quoi entend travailler Ahmed Zayat et ses conseillers. Ce recours au Chapter 11

a été présenté à Newark (New Jersey) et devrait avoir pour effet d’interrompre

le processus judiciaire engagé par la banque à l’encontre d’Ahmed Zayat. Dans

cet esprit, l’audience de ce lundi 8 février au Tribunal de Lexington, en vue

de nommer un liquidateur ou administrateur judiciaire, ne devrait pas aboutir,

voire être reportée. Se confiant au TDN, Ahmed Zayat avoue qu’il n’avait pas

d’autres choix aujourd’hui, et qu’il entendait profiter de la pause du Chapter

11 pour

« assainir la situation et proposer un plan de

réorganisation qui soit crédible et reçoive l’assentiment et le soutien de tout

le monde ».

En regard de la demande de la banque qui prétendait que les

animaux, tous donnés en garantie à la banque, étaient en danger, les avocats

d’Ahmed Zayat ont démontré sans difficulté que cette affirmation était

infondée, tous les entraîneurs et prestataires étant réglés.

 

« J’ai essayé jusqu’ici de placer mon opération au plus haut

niveau, et j’entends continuer ainsi. Je précise pouvoir disposer aujourd’hui

des fonds pour tout faire fonctionner, et ainsi reconstituer mes finances ».

Ahmed Zayat

 

En revanche, Ahmed Zayat maintient toutes les accusations à

l’encontre des managers de l’”Equine Division” qui l’ont, selon lui, conduit à

cette situation difficile alors qu’il souhaitait à l’été 2009 organiser une

réduction de son effectif par une vente d’une centaine de sujets à Keeneland.

 

Une vision d’avenir

Conforté par ce répit, Ahmed Zayat maintient son cap et

affirme avec superbe que son projet demeure intact : « développer une grande

écurie et gagner le Kentucky Derby », et d’ajouter : « J’ai essayé jusqu’ici de

placer mon opération au plus haut niveau, et j’entends continuer ainsi. Je

précise pouvoir disposer aujourd’hui des fonds pour tout faire fonctionner, et

ainsi reconstituer mes finances. Mon but est de rester dans les courses pour

lesquelles ma passion est intacte. »

Outre ses quelques 200 chevaux, Ahmed Zayat détient en

totalité ou en partie douze étalons au Kentucky, dont deux jeunes étalons qui

entrent cette année au haras : Pioneerof the Nile (Empire Maker), gagnant du

Santa Anita Derby (Gr1), deuxième du Kentucky Derby (Gr1) et dont le prix de

saillie est de 20.000$, ainsi que le très populaire et rapide Zensational

(Unbridled’s Song), vainqueur de plusieurs Grs1 et faisant la monte à 25.000$. C’est

pourquoi Ahmed Zayat demeure plein d’espoir malgré ses ennuis bancaires : «

Nous allons, comme beaucoup d’américains, traverser une période d’incertitudes

et de troubles. Nous domestiquerons l’orage et, grâce au Chapter 11, en

ressortir plus forts que jamais. »

 

Cash Asmussen assigné en règlement judiciaire

En plus de cette affaire entre la banque et Ahmed Zayat, on

apprend que la même banque a entamé une action légale à l’encontre de Cash

Asmussen et de son épouse Cheryl, propriétaires de Mark Point Stables, l’écurie

managée par Cash Asmussen dont les liens avec la France restent vivants. La

banque laisse entendre que cette entité devait régler en octobre 2009 un prêt

de 3 millions de dollars, et qu’elle n’a pas honoré cet engagement.

C’est pourquoi la Fifth Third Bank, qui va ainsi devenir

célèbre, attaque Cash Asmussen en justice au Kentucky et demande la liquidation

de l’écurie familiale et la vente des animaux qui la constituent, la dette se

montant désormais à plus de 3 millions de dollars en décembre 2009.

Cette nouvelle est encore plus surprenante car la famille

Asmussen rayonne actuellement en pleine gloire : Steve était l’entraîneur de

Curlin l’an dernier, et il est celui de Rachel Alexandra cette année ; le monde

hippique international connaît la réussite sportive et financière du super

jockey qu’était Cash, un homme doté d’un sens aigu des affaires. C’est pourquoi

les milieux bien informés se montrent moins inquiets pour les déboires de Cash

Asmussen, moins problématiques que ceux d’Ahmed Zayat. Cash Asmussen saura

compter sur ses relations et ressources pour trouver des solutions à l’amiable

avec la banque.

 

La banque se coupe un bras et quitte le secteur

Cependant, l’attitude peu compréhensible de la Fifth Third

Bank, dont la brutalité des actions dessert toute perspective de négociations

entre les parties, obéit en fait à d’autres mobiles que les socioprofessionnels

du monde entier ont intérêt à méditer. Que s’est-il passé à Cincinnati, au

siège de cette banque importante ? Confronté à la tourmente de la crise, son

conseil d’administration a décidé d’abandonner sur le champ ses engagements dans

le monde de l’élevage et des courses, aux vues des difficultés que les

opérateurs de ce secteur rencontraient par ces temps de crise économique. Au lieu

d’aménager une sortie sélective et négociée, cas par cas, les instructions

données sont dépourvues de toute souplesse, quelles qu’en soient les

conséquences, tant pour les clients que pour la banque elle-même. L’ordre est

de se couper du bras hippique, le solde sera ce qu’il est.

Cette réalité abrupte traduit un certain désarroi du système

financier américain qui a peu d’états d’âme et de prévenance commerciale. Les

mauvaises affaires sont mauvaises et on les passe par pertes et profits ratés.

Le libéralisme économique est dynamique et attirant quand le business a belle

allure, et il se révèle froid et cynique quand le vent tourne. Autant de

revirements qui font mauvais ménage avec 

le  long  terme  que  requiert 

l’élevage.