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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

L’amérique n’est plus ce qu’elle était...

Autres informations / 10.02.2010

L’amérique n’est plus ce qu’elle était...

 

COURRIER DES LECTEURS

La vitesse tue les chevaux, et l’autorisation éhontée – sans

respect pour l’animal –           de

déferrer (mais où est l’avantage comparatif quand tous le sont ?) a encore

annihilé ce qui faisait la spécificité du trot par rapport au plat :

l’excellence et la popularité dans la durée, alors que désormais, ceux qui défient

le poids des ans n’ont guère brillé à l’âge classique. Autres victimes, jusqu’à

il y a peu bien présentes fin janvier, les élites scandinaves, allemandes et

italiennes brillaient par leur absence, entachant la dimension internationale

du Prix d’Amérique. À cet égard, l’édition 2010 pourrait établir une césure

majeure dans la discipline, et va jusqu’à remettre en question le sens même de

l’épreuve. Les quatre préparatoires relèvent de la “surranéité”, contribuant à

émousser encore plus des concurrents parmi lesquels on cherche en vain – sur

les doigts d’une main – les “rescapés” des classiques de 3 à 5ans. Il devient

dès lors évident que le rendez-vous de janvier ne satisfait pas à sa vocation

de rencontre intergénérations au sommet, contrairement à l’”Arc” et au plat en

général, qui, si brèves soient les carrières de l’élite (mais tendant à

s’allonger semble-t-il, suivant une tendance inverse à celle du trot), permet

au moins l’affrontement du gratin au summun de sa condition. Quant au Prix de

France, naguère revanche officieuse de la course au sacre, il apparaît depuis

près de deux décennies comme une consolante pour les moins émoussés ; et ne

parlons pas du Prix de Paris... Le monde a changé, la concurrence s’est

exacerbée, les valeurs resserrées, les efforts demandés démultipliés. Autant de

paramètres qu’il s’agit de prendre en compte pour réaménager dans son ensemble

la configuration du meeting d’hiver, par allègement du programme, déplacement

d’épreuves ou modification de leurs modalités : pourquoi pas des éliminatoires

plutôt que les vétustes “4B” ?

Grégoire Gonin, correspondant de JDG en Suisse