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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

à la rencontre de jacques ortet

Autres informations / 01.03.2010

à la rencontre de jacques ortet

LE MAGAZINE      

Au lendemain de la clôture du meeting palois et à quelques

heures des plages marocaines, où il compte profiter du soleil en compagnie de

son épouse Fathi, Jacques Ortet nous a reçus pour faire le point sur son

meeting.

Tête de liste à Pau depuis des années, même des décennies – le

décompte exact de cette supériorité nous échappe, tellement elle est devenue

habituelle, Jacques Ortet a dû batailler cette année pour conserver son titre :

« Ç’a été juste, cette année ; il était temps que le poteau arrive. Je n’ai pas

fait le meeting que j’espérais, même si j’ai pris les gros morceaux avec Rubi

Ball et le fidèle Alarm Call »

La faute à une sécheresse qui a duré dans le sud-ouest, de

juillet à fin novembre, et des pistes d’obstacle trop fermes qui ont retardé la

préparation des chevaux. À ce sujet, avoir sur le centre d’entraînement de Sers

une piste de sauteurs tous temps résoudrait ce type de problème et serait un

avantage pour les chevaux locaux. Pour exemple, tous ses sauteurs sont dressés

habituellement sur le steeple dès la mi-décembre mais, en 2009, il a fallu

attendre que les températures s’abaissent et que quelques averses humidifient

la terre. Résultat : plusieurs semaines de retard pour la mise en condition des

athlètes et des conséquences sur les résultats en courses inévitables.

L’avenir des guerriers palois

Jacques Ortet a pour habitude de mettre ses pensionnaires au

repos avant les grandes échéances et se doit donc de remettre chacun en condition

pour assurer sa politique de courir pour gagner. De ce fait, les 4ans,

décevants en début de meeting, devraient se distinguer dès la reprise

d’Auteuil. Rubi Ball (Network), vainqueur du seul Gr3 au Pont Long, le 123ème

Grand Prix de Pau, a mérité de partir un mois et demi au pré. Son travail

reprendra par du pré-entraînement avant de retrouver son boxe dans la grande

cour de l’écurie paloise. Il y préparera les courses de Groupe de l’automne.

Alarm Call (Solar One), dix-huit victoires à son actif, lauréat

de la Grande Course de Haies (L), va continuer – sur sa forme – de se

distinguer sur les hippodromes parisiens. Également, pour briller à  Auteuil, Jacques Ortet compte sur Sherpa du Dollar (Cadoudal), qui a couru en

demi-teinte à Pau, mais qui garde toute l’estime de son mentor ; Nadiya de la

Vega (Lost World), une pouliche à grande action qui devrait bien faire Auteuil

; Stardom (Lavirco), gagnante le 22 décembre, puis accidentée, doit faire

impression de sa qualité ; Sagarou

(Ungaro) a couru 5 fois en deux mois (1er, 2e, 3e, 4e et arrêté)

et est un gros espoir en retard de gains ; Quick Fire (Double Bed), la

révélation du meeting, deuxième du Grand Prix de Pau, a énormément progressé et

doit courir le “Clermont-Tonnerre” (Gr3), mais reste à savoir comment il va

s’adapter au parcours de la butte Mortemart. Quoquo de Chalon (Robin des

Champs), auteur de trois succès sur le cross de Pau et troisième du “Gaston de

Bataille” (L), a fait plaisir à Jacques Ortet, content de retrouver un cheval

fait pour cette spécialité. Sur sa forme il va courir le grand cross de

Mont-de-Marsan et partir se reposer plusieurs mois. Car courir sur un autre

hippodrome que Pau rebute cet entraîneur qui a sellé de nombreux vainqueurs sur

ces parcours si particuliers.

 

Une nette domination dans les Grands Prix palois

16 Prix Antoine de Palaminy

12 Grands Prix de Pau. Le premier avec Oblat (Bourbon) en

1986. De 1994 à 1997 il l’emporte sans interruption avec, dans l’ordre, Vaquero

(Air du Nord), Line Saj (Dhaudevi) et Or Jack (Noir et Or), gagnant par deux

fois. En 2000, Grey Jack (Bikala) l’emporte, puis de nouveau Or Jack en 2001,

puis Royal Tir (Royal Charter) en 2002.

 

Sleeping Jack (Sleeping Car) décroche le graal en 2005.

Berryville (Poliglote) en 2009 donne à David Cottin son premier Grand Steeple

de Pau ainsi qu’à Mme Papot, qui enlève un second trophée avec Rubi Ball en

2010. La famille Papot est : « sur un petit nuage » ; ils sont propriétaires

depuis plus de 20 ans et investissent beaucoup dans les courses. « Ils ont le mérite

de la réussite », déclare Jacques Ortet.

 

Centres d’entraînements

Jacques Ortet a passé sa licence d’entraîneur en 1981 et

s’est directement installé à Sers.

Un centre qu’il n’a jamais quitté et, selon lui, il y a

matière à réflexion sur les centres d’entraînement : « Il faut que les sociétés

mères s’investissent, car les courses ont besoin de ces apports de chevaux qui

font vivre les courses. Le problème le plus récurent est la gestion qui semble

inadaptée à la bonne tenue du système. Ce sont les centres qui font les

partants dans les courses. Les sociétés qui bénéficient de cette quote-part

doivent s’intéresser aux problèmes rencontrés. »

 

Ses jockeys

Davy Lesot : auteur d’un bon meeting (5e au classement

du meeting avec huit succès) malgré un arrêt d’un mois,

tient toujours sa place au sein de l’écurie et devrait être associé aux

partants.

Christophe Pieux : la priorité pour les grandes épreuves.

 

Hippolyte Huet : un jeune motivé qui en veut et, après un

essai concluant, il devient salarié de Jacques Ortet.

José-Bruno Gonzalez-Sanchez : son jockey de cross, qui

devrait repartir sur Pompadour.

Jonathan Plouganou : monte en priorité pour l’écurie et

vient sauter les chevaux tous les mercredis et samedis.

À 55 ans Jacques, détenteur de plus de 2.600 victoires, aime

superviser ses lots à cheval. Un mois sans monter suite à une chute ne lui ôte

pas l’envie de monter ses protégés.