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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

ça s’est passé cette semaine…

Autres informations / 21.03.2010

ça s’est passé cette semaine…

L’ÉDITORIAL         

ÇA S’EST PASSÉ CETTE

SEMAINE…

Par Mayeul CAIRE

Dimanche dernier, en « régions ». ?

Abstention record aux élections régionales. Cela me

rappelle, quand j’étais petit, ces dimanches à Auteuil ou Longchamp qui

entraient forcément en concurrence avec d’autres événements dominicaux : match

de football, messe, élection, etc. Le foot a « compris », en étalant ses

journées de championnat du vendredi soir au dimanche soir, avec des étapes le

samedi et le dimanche après-midi ; l’Eglise a compris, en instaurant une messe

supplémentaire le samedi soir et même le dimanche soir parfois ; seul le monde

politique n’a pas su évoluer, en maintenant ce principe d’un vote limité à une

journée – le dimanche – où la concurrence d’occupations est forte. Aux courses,

nous n’avons pas ce problème puisque cela fait bien longtemps que le dimanche

n’est plus un jour sacré. Et ne le redeviendra jamais. Par certains côtés, on

peut le regretter – surtout en se tournant vers l’Asie, où les courses sont si

populaires bien que limitées à deux ou trois jours par semaine (la rareté crée

le désir). Par d’autres côtés, on peut s’en réjouir, car la force des courses

réside aujourd’hui dans une occupation du terrain maximale : 7 jours sur 7 de

la fin de matinée jusqu’à la soirée.

 

Lundi, en ligne. ?

Les partenariats se multiplient dans le sport. Dernier gros

deal en date : Orange et la FDJ. Félicitons-nous de voir que le PMU a tiré le

premier, en multipliant les accords à hue (avec les organisateurs de

compétitions) à et à dia (avec les médias). Gouverner, c’est prévoir. Et

l’anticipation est là, à la tête du PMU. Rassurant.

 

Mardi, Saint-Cloud. ?

Comme chaque année, la société de courses de Frauenfeld

vient faire la promotion du Derby suisse en sponsorisant un maiden pour 3ans à

SaintCloud. Son président, l’infatigable Christoph Müller, est francophile. Il

se bat comme un chien (un saint-bernard !) pour donner envie aux propriétaires

et aux entraîneurs français de venir courir le Derby suisse le 20 juin. Son

meilleur argument est : « Ce n’est peut-être que le Derby suisse, mais c’est un

Derby quand même ! Et, en plus, c’est un Derby que vous avez une chance de

gagner... Alors venez courir chez nous, pour savoir ce que cela fait de gagner

un Derby. » On repense à l’immense Tesio, qui disait que le travail de toute

une vie d’éleveur, d’entraîneur, de propriétaire ne valait que pour un « bout

de bois », le poteau d’arrivée du Derby d’Epsom.

 

Mercredi, Sillicon Valley.

Sur Facebook, on donne son avis, on raconte sa vie. Alors

que sur Google, on cherche des informations brutes ou commentées délivrées par

d’autres personnes. Traditionnellement, Google était le site web le plus

utilisé dans le monde. Depuis mercredi, ce n’est plus le cas : Facebook a

dépassé Google en audience. Voilà une information qui en dit long sur les

nouveaux modes de consommation et de production de l’information.

On peut s’amuser à transposer ce match entre Facebook et

Google au petit monde des médias hippiques. Pour constater que cela fait

longtemps que les parieurs préfèrent « faire le papier » plutôt que de se fier

aux pronostiqueurs. Ou, dit en d’autres termes, que le principe de Facebook l’a

depuis longtemps emporté sur celui de Google. D’ailleurs, les chiffres de la

presse  hippique  à   pronostics (« Google ») n’ont jamais été aussi

faibles, alors qu’il n’y a jamais eu autant de parieurs en France (« Facebook

»). Ainsi, je crains que le métier de pronostiqueur n’ait pas vraiment d’avenir

s’il ne se réinvente pas complètement. Je crois beaucoup plus à celui de

consultant. C’est pourquoi je pense que nous devrions aller vers une

information hippique où 100% des pronostics seront donnés par les entraîneurs

et par les jockeys, et 0% par des journalistes.

Ne versons pas de larmes et restons positifs : il restera

alors aux pronostiqueurs la plus belle part de notre métier : aller chercher de

l’information à la source, analyser, étudier, transmettre le fruit d’une

réflexion... Comme cela aurait toujours dû être le cas.

 

Jeudi, un peu partout. ®

Mamma mia ! Une chatte n’y retrouverait pas ses petits !

Il ne faudra pas oublier ce jeudi à quatre réunions.

Pourquoi ? Parce que l’accumulation de courses à travers la France

(Lyon-Parilly, Deauville et Amiens) et jusqu’en Angleterre (Cheltenham) a

conduit à un grand cafouillage. Que ce fut difficile de suivre les courses cet

après-midi là, d’autant qu’Equidia ne proposait pas de plateau central. Le

samedi, les choses sont mieux faites car la centralisation de l’animation sur

un plateau unique au siège d’Equidia permet de savoir sur quel hippodrome on était

et sur quel hippodrome on va.

Pour ne rien arranger, on nous a annoncé dans la matinée que

toutes les courses d’Amiens étaient avancées – la faute à un problème

d’éclairage dotn on se demande pourquoi il n’avait été diagnostiqué plus tôt.

Puis, finalement, au cours de cette même réunion semi-nocturne d’Amiens, il a

été décidé en fin d’après-midi que la dernière course se courrait encore un peu

plus tôt, parce que « les nuages dans le ciel font tomber la nuit plus tôt que

prévu » (dixit un commentaire officiel). Et enfin, le décalage fortuit des

courses nous a privés de la victoire de Big Buck’s en direct.

 

Vendredi, Paris. ?

Je participe ce jour-là à un séminaire sur le sport

business. Et j’y entends cette remarque surprenante, émanant de l’un des jeunes

papes du marketing sportif : « Avec l’ouverture du marché des jeux en ligne,

les courses vont bouffer les autres sports. Parce que jamais un turfiste ne

lâchera les courses pour parier sur le sport, alors que les parieurs sportifs

vont se précipiter sur les paris hippiques. » Je reste bouche bée. Tellement de

gens, dans les courses, pensent le contraire. Que Dieu entende ce prophète des

ballons ronds et ovales !