Télécharger l'édition du jour
Jour de Galop

JOUR DE GALOP

François bayrou : « je suis un passionne de genetique.

Autres informations / 13.03.2010

François bayrou : « je suis un passionne de genetique.

LE MAGAZINE      

FRANÇOIS BAYROU : «

JE SUIS UN PASSIONNE DE GENETIQUE.

JE M’INTERESSE BEAUCOUP AUX PEDIGREES, NOTAMMENT CEUX DE JDG

! »

Vendredi a été une belle journée pour François Bayrou. Avec

la casquette d’éleveur, il a remporté le Prix de la Mayenne (B) avec Lunacat

(One Cool Cat) et pris la troisième place du Prix de la Pillière avec Talissa

(Footstepsinthesand). Deux 3ans qui ont encore tout l’avenir devant elles.

 

Eleveur depuis 1995, François Bayrou détient une statistique

assez rare avec ses élèves. En effet, sur la quarantaine de chevaux provenant

de son élevage, tous – sauf un – ont vu un champ de course et seul deux n’ont

jamais été dans l’argent. Une réussite qui

tient peut-être dans la localisation du haras. « Mon

grand-père racontait que Daniel Wildenstein disait que les meilleures terres

d’élevage se situaient entre Pau et Tarbes, nous a dit François Bayrou vendredi

après-midi. Et mon élevage est situé à Bordères, un petit village de 500

habitants entre ces deux villes. »

Là-bas, François Bayrou possède une douzaine de poulinières.

« Une passion qui m’a saisi assez tôt, explique-t-il. Mon

père élevait là où j’élève actuellement. Je suis né dans les jambes des

chevaux. On avait une petite ferme et, comme c’est la tradition dans les

Pyrénées, on avait une ou deux juments de courses. Les bonnes années, on les

envoyait à un étalon pur-sang, et quand cela allait moins bien, on les faisait

saillir par des étalons de race arabe pour avoir des anglo-arabes. »

A Bordères, François Bayrou emploie un salarié et demi pour

son élevage. Pour l’instant, son activité n’a pas vocation à s’étendre car, «

financièrement, il faut des moyens pour prévoir une extension en matière

d’élevage. Et la politique n’enrichit pas ceux qui en font. Si c’est le cas,

vous devez vous poser des questions ! L’élevage reste une passion qui est

difficile à équilibrer financièrement. » Néanmoins, avec des belles journées

comme celle de vendredi, l’éleveur peut continuer à rêver grâce à ces deux

pouliches qui étaient d’ailleurs camarades de pré. D’autant que Lunacat a tout

pour devenir black-type…

 

« Une passion qui m’a saisi assez tôt. Mon père élevait là

où j’élève actuellement. Je suis né dans les jambes des chevaux. »

 

Bayrou-Rouget, une histoire d’amitié à l’origine de Lunacat

Bientôt vingt ans que François Bayrou et JeanClaude Rouget

se sont liés d’amitié. Dans les familles maternelles des poulinières de

François Bayrou, beaucoup de produits ont d’ailleurs été valorisés sous

l’entraînement de Jean-Claude Rouget. Cette amitié a permis également à

François Bayrou de récupérer de bonnes poulinières, comme Lunatoria (Vettori),

la mère de Lunacat. « Elle possède un très beau papier, puisqu’elle est de la

famille de Linamix et est une fille de Lunafairy, raconte François Bayrou. Un

très beau papier Lagardère que j’ai récupéré chez Jean-Claude Rouget. Lunatoria

faisait myosite sur myosite, alors on l’a retapée à la maison et on a réussi à

la faire gagner. Désormais, cette famille est l’une des plus marquantes de mon

élevage, avec Lunatoria qui a produit Lunacat et également Alta Luna, qui a

gagné en région parisienne une course “D”. » 

 

Les familles “piliers” de François Bayrou

François Bayrou se décrit comme un « passionné de génétique.

Je m’intéresse beaucoup aux croisements et je lis souvent les pedigrees,

notamment ceux que l’on trouve dans Jour de Galop !

Ce que j’aime, ce sont les souches maternelles qui ont du

sens, avec du papier derrière. »

François Bayrou possède quelques belles familles. Notamment

celle remontant à Life on the Road (Persian Height), une jument qu’il a achetée

lorsqu’il a voulu se relancer dans l’élevage. Croisée à Kaldoun, Life on The

Road a eu comme premier produit Princesse de Viane, qui a gagné sa course et

est devenue la mère de Viane Rose. Viane Rose a remporté en 2005 le Darley Prix

de la Nonette (Gr3) et a pour père Sèvres Rose. Un choix audacieux, puisque

Sèvres Rose n’a jamais couru. « Mais son papier a du sens, détaille François

Bayrou. Et je connais plusieurs très bons étalons qui n’ont pas ou peu de

performances, comme Mr. Prospector ou Danzig par exemple. » Ensuite, Life on

The Road aura pour second produit Fils de Viane (Kadounor), gagnant du Prix de

Courcelles (L) et deuxième battu d’un nez par Val Royal (Royal Academy) dans le

Prix de Guiche (Gr3). En 2003, Life on The Road mettra au monde la bien connue

Alix Road (Linamix), à laquelle il a manqué la victoire de prestige qu’elle

méritait.

Elevée par François Bayrou, Nefouda (Neverneyev) est

également l’une des bonnes poulinières de François Bayrou. Elle a produit Red

and White (Sinndar), gagnant cet hiver à Cagnes-sur-Mer. « J’avais choisi

Neverneyev comme étalon pour Nefouda, car j’aimais bien son croisement Nureyev

sur Riverman. Nefouda appartient à la famille maternelle de Green Desert et

remonte à la poulinière Courtly Dee, qui a treize étalons sous elle. »

Enfin, Seule A Paris (Pistolet Bleu) est une poulinière dont

le papier prend du relief au fil des mois. Elle a déjà produit la black-type

Here She Comes (Take Risks) et est une fille de Mare aux Fées. « Un vieux

pedigree endormi qui s’est réveillé ces dernières années », comme le décrit

François Bayrou. En effet, Mare aux Fées est la mère de Belle Allure

(Numerous), Prix Vanteaux (Gr3), et Jukebox Jury (Montjeu), Preis von Europa

(Gr1). François Bayrou nous expliquait également prendre son temps pour

réfléchir aux choix de ses étalons. « J’en parle notamment avec Jean-Claude

Rouget et Mathieu DaguzanGarros. » Parmi les sires auxquels il fera confiance

en 2010, François Bayrou a cité : King’s Best, Creachadoir, Artiste Royal,

Sèvres Rose, Chineur, Rashbag et Walk in the Park.

 

« Je m’intéresse beaucoup aux croisements et je lis souvent

les pedigrees, notamment ceux que l’on trouve dans Jour de Galop ! Ce que

j’aime, ce sont les souches maternelles qui ont du sens, avec du papier

derrière. »

 

 « je connais

plusieurs très bons étalons qui n’ont pas ou peu de performances, comme Mr.

Prospector ou Danzig par exemple. »

 

 

Le mot de la fin

Quand on demande à François Bayrou sa plus grande

satisfaction en tant qu’éleveur, il nous répond : « JeanLuc Lagardère disait :

“Même si on gagne un “réclamer” en province, c’est toujours un grand plaisir”.

C’est ma philosophie également. L’élevage, ce n’est pas seulement les

champions. D’ailleurs, en parlant de champions, nous en aurons peut-être

l’année prochaine… Mais il ne faut pas trop en parler. Il faut rester superstitieux…

»