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Jour de Galop

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Jeux en ligne : l’affrontement se poursuit à l’assemblée nationale

Autres informations / 01.04.2010

Jeux en ligne : l’affrontement se poursuit à l’assemblée nationale

Lors de la première séance du mercredi 31 mars 2010, sous la

présidence de l’UMP Bernard Accoyer, le combat entre le majorité et la gauche

s’est poursuivi à partir de 15 heures. La première partie de la journée était

réservée aux questions au gouvernement qui ont donné lieu à vif échange sur la

loi d’ouverture du marché des jeux en ligne.

En voici l’intégralité :

« M. le Président. La parole est à M. Gaëtan Gorce, pour le

groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche.

M. Gaëtan Gorce. À l’évidence, Monsieur le Premier ministre,

nous ne tirons pas les mêmes conséquences du scrutin régional. La France qui a

voté le 21 mars est une France inquiète pour son avenir. C’est une France

troublée par l’incohérence de la politique du président de la République.

M. richard Mallié. Non, par l’incohérence de l’opposition

! Ce n’est pas pareil !

M. Gaëtan Gorce. C’est aussi une France choquée par une

pratique indécente du pouvoir. (Applaudissements sur les bancs du groupe SRC.)

Dix jours à peine après ce scrutin, n’avez-vous d’autre

réponse à apporter qu’un remaniement qui vise plus à répondre aux difficultés

de la majorité qu’à celles des Français ? N’avez-vous d’autre réponse à

apporter que le maintien du bouclier fiscal ? N’avez-vous d’autre réponse à

apporter qu’une loi sur les jeux en ligne, qui est une sorte de raccourci par

l’absurde de ce qu’est votre politique, puisqu’il s’agit de légaliser les

profits de sociétés de jeux qui prospèrent déjà en toute impunité ?

(Applaudissements sur les bancs du groupe SRC)

L’argent, toujours l’argent ! Oh, pas l’argent tiré de son

travail ou du mérite : non, l’argent facile pour ceux qui en ont déjà ! Voilà

le fil directeur de votre politique !

Pour ce qui nous concerne, nous considérons que la réponse

est ailleurs, dans une République forte où chacun serait respecté, à commencer

par l’opposition dans cet hémicycle. Elle est dans une France sociale qui

soutient et encourage tous les Français. Elle est dans une République décente

où le pouvoir ne se mesure pas aux avantages que l’on peut distribuer à ses

amis.

Monsieur le Premier ministre, face à la colère et à

l’angoisse d’une majorité de Français, allez-vous continuer à mettre en œuvre

une politique qui ne bénéficie qu’à une toute petite minorité, une minorité que

l’on peut compter sur un carnet d’adresses ? (Applaudissements sur les bancs du

groupe SRC)

M. le Président. La parole est à M. François Baroin,

ministre du Budget, des comptes publics et de la réforme de l’État.

M. François Baroin, ministre du Budget, des comptes publics

et de la réforme de l’État. Monsieur le député, vous avez hier tenté le coup

d’Hadopi : on se cache sous la moquette et on arrive au moment opportun pour

essayer de passer outre le fait majoritaire. (Exclamations sur les bancs du

groupe SRC)

M. Jean Glavany. Vous avez triché avec le règlement, avec la

complicité du président !

M. François Baroin, ministre du Budget. Vous avez tenté une

nouvelle opération sur ce projet de loi relatif aux jeux, dont l’objectif,

rappelons-le, est simple : lutter contre l’addiction, protéger les mineurs,

lutter contre le

 

blanchiment, fixer des règles avant la Coupe du monde. Ne

rien faire, ce qui est la ligne que vous avez défendue hier, et depuis

toujours, c’est favoriser la liberté du renard dans le poulailler. Nous, nous

considérons qu’il n’y a pas de liberté sans règles. (Applaudissements sur les

bancs du groupe UMP)

M. Jean Glavany. Le fils Balkany aura les poches pleines !

M. François Baroin, ministre du Budget. Au lendemain des

régionales, vous avez quelques fourmis dans les jambes.

M. Jean-claude Perez. D’autres en ont dans la tête !

M. François Baroin, ministre du Budget. Vous avez tenté de

jouer hier, et vous avez perdu. Vous avez été mauvais perdants. Le respect du

fait majoritaire, c’est que lorsque la majorité est unie sur un sujet, on ne

joue pas avec des artifices de règlement pour remporter une victoire à la

Pyrrhus, pour tenter un coup auprès de l’opinion. Permettez-moi ce conseil :

quand on veut jouer, il faut savoir accepter de perdre. (Applaudissements sur

les bancs du groupe UMP. – « Tricheurs ! Tricheurs ! » sur les bancs du groupe

SRC.) »

 

La discussion du projet de loi devait se poursuivre dans la

soirée de mercredi. Si le calendrier est respecté, la loi devrait être votée la

semaine prochaine, probablement mardi 6 avril, après un week-end pascal où les

esprits échauffés auront l’occasion de changer d’air dans leurs

circonscriptions respectives !

 

LES DÉPUTÉS SOCIALISTES DÉNONCENT UNE LOI D’“AMNISTIE”

Notre confrère l’AFP a suivi de près les débats. « Mardi,

dans un climat exacerbé par l'annonce d'une interruption de la séance, à 17H30,

afin que les députés UMP puissent se rendre à l'Élysée, le chef de file des

députés PS, Jean-Marc Ayrault, a interpellé les élus de la majorité : « Je vous

demande de renoncer à exiger cette interruption de nos travaux », motivée par «

la convocation » de la majorité « comme une vulgaire cour convoquée pour se

faire chapitrer et recevoir du chef de l'État, désavoué, sa nouvelle feuille de

route », a lancé M. Ayrault.

Évoquant les élections régionales, Jean-Marc Ayrault a

précisé : « Que vous répond le président? Vos fondamentaux, c'est l'abandon de

vos engagements écologiques, c'est la poursuite des cadeaux aux amis du

Fouquet's et une simple loi sur la burqa. Est-ce le message que vous avez

entendu ? Est-ce ce que vous ont demandé les Français? De consacrer M. Courbit

comme le grand gagnant des jeux en ligne ? Est-ce qu'il vous ont demandé de

voter sous influence cette loi qui légalise les activités illicites, qui

constitue une nouvelle loi d'amnistie ? »