Young poli, nouveau maître d’enghien

Autres informations / 23.04.2010

Young poli, nouveau maître d’enghien

ENGHIEN, Vendredi Prix du Cher (L)

Pour l’ensemble des spécialistes, la victoire de Young Poli

(Poliglote) était très attendue dans le Prix du Cher (L). Encore fallait-il

"faire le tour" sans encombre et c’est ce qu’a fait le pensionnaire

de Robert Collet. Young Poli reste invaincu sur la piste d’Enghien en trois

tentatives, à chaque fois dans de bonnes épreuves pour chevaux d’âge. Placé

comme à son habitude à l’arrière-garde, il s’est progressivement rapproché dans

la ligne d’en face puis s’est envolé dans la phase finale. « Il avait déjà

prouvé sa classe, rappelle Ervan Chazelle. J’ai calqué ma course sur le cheval

de monsieur Balanda et ça s’est bien passé. Je crois qu’il est bien meilleur en

bon terrain qu’il ne l’est dans les terrains profonds. » Le cheval de Jehan

Bertran de Balanda en question, c’est sleeping Blue (Sleeping Car), le top

weight de l’épreuve qui portait quatre kilos de plus que Young Poli. Il conclut

toutefois à la deuxième place après avoir fait un temps illusion pour une lutte

entre les deux dernières haies. « C’était un très mauvais engagement, nous a

expliqué son mentor, mais je voulais voir où on allait. Sa dernière performance

[huitième en steeple-chase, ndlr] n’était pas exacte. D’une part parce qu’il

n’est pas au même niveau en steeple-chase, qu’il est bien meilleur en terrain

lourd, mais aussi parce qu’il a eu un petit ennui de santé. Il m’a complètement

rassuré aujourd’hui et on va désormais s’arrêter là et attendre l’automne. »

Six longueurs plus loin, la lutte était intense entre les poursuivants et c’est

finalement Présidentiable (Anabaa), l’élève de François Bayrou, qui a pris la

troisième place devant Roc de sivola (Cadoudal) et Pibrac (Spadoun). « Il fait

une bonne performance, confie Thierry Civel, entraîneur de Présidentiable. Je m’attendais

à finir dans les cinq premiers et il me fait plaisir. Le terrain l’a un peu

gêné, c’est un vrai cheval de terrain lourd, ce qui ne fait qu’améliorer sa performance.

»             

 

Le destin atypique de Young Poli

Avant de défendre les couleurs de Joseph Hayoz et

l’entraînement de Robert Collet, Young Poli s’illustrait sous les couleurs de

la famille Papot et l’entraînement d’Alain Couétil. Bon cheval de plat, il a

remporté le Derby de l’Ouest (L) à Nantes, avant de prendre la quatrième place

du Prix de Lutèce (Gr3) à Longchamp. Il est ensuite rapidement devenu un cheval

de premier plan en obstacle, se classant quasiment à l’arrivée de toute les

courses de Groupe auxquelles il a pris part, mais ne parvenant pas à s’y

imposer. Il est alors allé chercher ce succès si mérité dans l’édition 2008 du

Prix du Cher à Enghien. Peu après, le cheval est passé

aux ventes Arqana de juillet à Saint-Cloud pour dissolution

d’association. Acheté 125.000€ par Robert Collet, il a longtemps patienté avant

de faire son retour à la compétition quelques dix-huit mois plus tard, à

Cagnes-sur-Mer, avant de retrouver la région parisienne avec brio. Quatre

courses, trois victoires et une deuxième place, le premier bilan est presque

parfait.      

 

Un papier classique de plat

Ce fils de Poliglote est issu d’une remarquable souche de

l’élevage Aga Khan. Sa troisième mère, Val Divine (Val de Loir), n’est autre

que la génitrice de deux lauréats de Gr1 : Vayrann (Brigadier Gérard) – propre

frère de Yasiyn, la deuxième mère de Young Poli – a remporté les Champions

Stakes (Gr1) au début des années 80 sur la distance de 2.000 mètres, tandis que

Yashgan (Hot Grove) a, lui, triomphé dans un Gr1 aux États-Unis sur la distance

de 2.400 mètres. Vearia (Mill Reef), la sœur utérine de ces deux champions,

elle-même lauréate d’une Listed sur 2.000 mètres à Maisons-Laffitte, n’est

autre que la mère de Valanour (Lomond) et Vereva (Kahyasi). Le premier nommé a

remporté le Grand Prix de Paris (Gr1), puis est devenu étalon, la seconde a été

lauréate du Prix de Diane (Gr1) en 1997. En outre, Young Poli est doté d’un

papier classique de plat qui lui apporte le sang de Northern Dancer par son

père, fils de sadler’s Wells et celui de Nijinski par sa mère, fille de Dancing

spree.