Stéphane milaveau : « louping d’ainay n’a jamais été aussi fort qu'à 11ans »

Autres informations / 27.05.2010

Stéphane milaveau : « louping d’ainay n’a jamais été aussi fort qu'à 11ans »

LE MAGAZINE      

Louping d’ainay (Saint Preuil), Étoile d’ainay (Dom Alco),

Flower des Champs (Robin des Champs) ou encore Crystal d’ainay (Saint Preuil),

sont autant de champions que l’éleveur de l’Allier, Stéphane Milaveau, a

façonnés. Dimanche à Auteuil, le premier nommé va s’engager dans son troisième

Grand Steeple-Chase de Paris (Gr1). Nous sommes allés à la rencontre de son

éleveur

 

 

Jour de Galop. – Comment êtesvous devenu éleveur de chevaux

d’obstacle ?

Stéphane Milaveau. – c’est grâce à mon père que j’ai

découvert les courses hippiques. Il était turfiste et m’emmenait souvent sur

les champs de course de notre région, à Moulins ou Vichy. Je n’étais pas

passionné par le jeu, mais beaucoup plus par l’élevage. Au fur et à mesure du

temps, j’ai fait des rencontres déterminantes qui m’ont permis de me lancer. Je

pense particulièrement à Nicolas de Lageneste qui m’a aiguillé au départ ; il a

toujours été très à l’écoute et de très bon conseil. Nicolas a fait beaucoup de

bien aux petits éleveurs de la région, il a toujours été présent pour nous

aider. En 1995, j’ai acheté mes trois premières juments, il y avait diva noire

(Royal Charter), qui ne s’est pas révélée bonne reproductrice, Guendale

(Cadoudal), la mère d’Étoile d’Ainay, Flower des Champs et Crystal d’Ainay, et

evermine (Perrault), celle de Louping d’Ainay.

 

Où êtes-vous installé et combien de poulinières avez-vous

actuellement ?

Je suis installé à Ainay-le-Château, une petite commune de

l’Allier dont je suis le maire. J’ai neuf poulinières sur une propriété de 260

hectares. Je garde les pouliches qui m’intéressent le plus et je vends beaucoup

à l’amiable. Il m’est arrivé de présenter un poulain aux ventes de Deauville,

mais je l’ai finalement défendu. Lorsque l’on veut vendre des poulains, il faut

utiliser des bons croisements mais aussi des étalons commerciaux. Cette année,

mes juments vont aller à la saillie de Martaline (Linamix), Poliglote (Sadler’s

Wells), enrique (Barathea) et Fragrant Mix (Linamix). Je ne travaille pas en

exclusivité avec certaines personnes mais j’aime travailler avec des hommes

simples et compétents, avec qui il le courant passe bien. Je travaille beaucoup

avec Emmanuel Clayeux, François-Marie Cottin et Guillaume Macaire. Une fois que

les chevaux entrent dans les circuits de compétition, je laisse faire les

entraîneurs, chacun son métier. Ils ont assez de pression comme ça, je préfère

ne pas en rajouter. L’humilité est bien souvent le secret de la réussite, mais

il faut aussi avoir la foi en ce que l’on fait.

 

Dimanche, Louping d’ainay va s’élancer dans son troisième

Grand Steeple-Chase de Paris, une épreuve dans laquelle il a été très

malheureux… Comment abordezvous cet événement ?

Très sereinement. Le travail a été fait et je crois qu’à

11ans, "Louping" n’a jamais été aussi fort. C’est un cheval qui est

très aimé à l’écurie et qui a déjà eu une magnifique carrière. En 2008, il

concluait à une superbe deuxième place mais a été disqualifié pour quelques

grammes en moins au retour aux balances. J’ai été très frustré par cette

disqualification. Le cheval avait réalisé une superbe performance ; son premier

poursuivant avait terminé très loin de lui et il méritait de conserver cet

accessit. Dimanche je serai à Auteuil avec mes enfants, on va passer un bon

moment et on encouragera de toute une voix notre champion. Le cheval n’a plus

rien à prouver et surtout plus rien à perdre.

 

Louping d’ainay a une histoire hors du commun, pouvez-vous

nous la raconter ?

Tout le monde croit que c’est un cheval naturellement

ensellé mais c’est faux. Lorsqu’il était encore un poulain, il s’est fait

mordre par une jument au Haras de Cercy-la-Tour et elle lui a arraché un gros

morceau de chair dans le dos, ce qui, en grandissant, l’a beaucoup marqué

physiquement. Ensuite, je l’ai présenté au concours de modèle et allure de

Decize, il a fini bon dernier et personne n’en voulait. C’est Nicolas de

Lageneste et Patrick Joubert qui s’en sont portés acquéreurs et il est parti à

l’entraînement chez Guillaume Macaire. Je crois qu’il n’était pas trop apprécié

là-bas, mais passer à côté d’un potentiel est une chose commune dans ce milieu.

Il a tout de même gagné en débutant à Fontainebleau puis a pris de bons

accessits à Auteuil, terminant deuxième de Massac (Garde Royale), un gagnant de

Gr2 en Angleterre. Lorsqu’il a couru à réclamer sur l’hippodrome d’Angers, je

crois que c’est Serge Foucher qui a conseillé à François Cottin d’acheter le

cheval. Il est alors parti à Chantilly et est devenu le champion que vous

connaissez sous les couleurs de Jean-Paul Sénéchal.