Sur les traces de nijinsky…

Autres informations / 30.04.2010

Sur les traces de nijinsky…

samedi à Newmarket (16h, heure française) – 2.000 guinées

En 2008 et 2009, les courses européennes ont eu la chance

rare de voir deux champions se succéder : Zarkava et sea the stars. La première

avait remporté la Triple couronne française des femelles (Poule d’Essai "Diane"

"Vermeille") ; le second a      bouclé la Triple couronne anglaise (2.000 Guinées

Epsom Derby "Eclipse"), où le St Leger a cédé sa place aux Eclipse

Stakes. Et les deux ont conclu leur carrière en beauté dans le Qatar Prix de

l’Arc de Triomphe. Encouragés par ce doublé de phénomènes,   les amoureux  des

courses se prennent à rêver d’un incroyable "coup de trois". Trois cracks

absolus trois années de suite… Comme l’écrivait un célèbre philosophe, quand on

veut que Dieu existe, le mieux est encore d’aller à la messe et de prier chaque

jour. Selon le même principe, en Angleterre et en Irlande, chacun va communier

chez son bookmaker, en déposant une obole sur st Nicholas abbey (Montjeu). Et

voilà comment le protégé d’Aidan O’Brien est, depuis des mois, le grand favori

des 2.000 Guinées, qui ont lieu aujourd’hui samedi à Newmarket. Mieux : sa cote

continue à baisser à mesure que l’épreuve approche. Il devrait s’élancer autour

de l'égalité (gain net : 1£ pour 1£ jouée), alors que son plus proche rival au

betting, elusive pimpernel (Elusive Quality) est à 5/1.                  

 

ST NICHOLAS ABBEY : LES COURSES RÊVENT D’UNE NOUVELLE IDOLE

 

Nos sociétés ont besoin d’icônes. Maintenant que la religion

et la politique ne font plus recette, elles vont maintenant les chercher dans

le sport, la chanson et le cinéma. Et les courses, qui ne veulent pas être à la

traîne, aimeraient bien avoir un nouveau Sea the Stars tous les ans. Un nouveau

phénomène à exhiber en société. Mais pour cela, il faut d’abord un phénomène

sportif ; et ceux-ci sont rares. Pour s’en convaincre, il suffit de lire notre

tableau ci-dessous, qui rassemble tous les auteurs de la Triple couronne. On

constate qu’au XXe siècle, remporter les trois plus grandes courses anglaises

est devenu plus difficile que jamais. Depuis la fin de la première guerre

mondiale, ils ne sont que quatre à avoir réussi le triplé : bahram (1935),

Nashwan (1989), sea the stars (2009)… et Nijinsky (1970).

Mais le public anglo-irlandais veut y croire, et le moindre

indice positif est élevé au rang de théorie. Ainsi, Nijinsky, comme St Nicholas

Abbey, venait de Ballydoyle (époque Vincent O’Brien). Et comme son cadet, il

était le grand favori des 2.000 Guinées. Voici deux premiers points communs.

 

LE DOUBLÉ DANS LES 2.000 GUINÉES ANGLAISES ET IRLANDAISES

2008  henrythenavigator. Le trio à l'arrivée du

classique anglais est exactement semblable à celui des 2.000 Guinées

irlandaises.

2007  cockney rebel

2002  rock of gibraltar

1992  rodrigo de triano

1990  tirol

1987  don't Forget me

1969  right tack

 

Ainsi, Sea the Stars avait gagné les Beresford Stakes à 2ans,

et fait sa rentrée directement dans les 2.000 Guinées. Comme le

"Saint". Et puis son entraîneur, Aidan O’Brien, a remporté quatre des

huit dernières éditions des 2.000 Guinées.

Et enfin, tout de même, le palmarès de St Nicholas Abbey est

irréprochable. Gagnant de quatre longueurs de son maiden au Curragh, pour ses

débuts au mois d’août de ses 2ans. Puis lauréat des Beresford Stakes (Gr2),

toujours sur les 1.600m du Curragh. Et enfin, le 24 octobre, une victoire qui a

marqué les esprits dans le Racing Post Trophy (Gr1), à Doncaster. Ce jour-là,

St Nicholas Abbey laisse Elusive Pimpernel à près de quatre longueurs, et al

Zir (Medaglia d’Oro) a plus de six !

 

Sur son site internet, Aidan O’Brien n’avait besoin de

rassurer personne, mais il a quand même fait le job : « Mon cheval semble être

en bonne forme. Sa préparation s’est bien passée et il a bien progressé pendant

l’hiver. Bien entendu, ce sera sa première course de la saison et, comme tous

les chevaux, il va progresser sur cette rentrée. Mais il est naturellement fit

et musclé, et nous attendons avec impatience de le voir courir samedi. »

Ces aimables formules rappellent l’époque où, dans les

années 1960, un journaliste de Paris-Turf avait mis au point un code pour

transmettre aux sténos ses compte-rendus des courses : « Formule B2 (« Tous les

chevaux sont bien partis »), puis Formule A10 (« Sont entrés groupés dans la

ligne droite »). Pour le gagnant, vous mettrez la Formule C4 (« De peu, mais

sûrement ») et pour la deuxième, la Formule C9 (« A bien fini à l’extérieur »).

»

Après tout, l’univers tient en 26 lettres et 9 chiffres…