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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Aux origines de lope de vega

Autres informations / 07.06.2010

Aux origines de lope de vega

Le Grand Pedigree

 

•          La Poule d’essai comme dénominateur

commun

La ???JDG rising

star ??Lope de Vega est une machine à galoper, un cheval avec un grand abattage

qui a été capable de gagner un classique sur 1.600m (la Poule d’Essai), puis un

autre sur 2.100m (le "Jockey Club"). Le côté classique + vitesse

qu’incarne Lope de Vega se retrouve dans son pedigree. Son père, shamardal, a

lui aussi remporté la Poule d’Essai puis le premier "Jockey Club" sur

2.100m – et son père de mère, Vettori, a remporté la Poule d’Essai 1995, pour

sa troisième sortie seulement et son premier essai au niveau Groupe. Une fois

de plus, on se rend compte que la Poule d’essai est une épreuve, si ce n’est

l’épreuve référence

En France, pour

mettre en avant les futurs étalons.

 

L’autre course très

présente dans le pedigree de Lope de Vega, c’est le Prix du Calvados – célèbre

Gr3 estival pour pouliches de 2ans à Deauville.

Parmi les autres

nombreuses anecdotes que recèle le pedigree de Lope de Vega, on notera que

Shamardal et Vettori appartenaient tous les deux à Godolphin. Autre parallèle

entre le versant paternel et maternel : Lope de Vega est issu de la première

production de Shamardal, lui-même issu de la première production de Giant’s

Causeway ; et Lady Vettori, mère de Lope de Vega, fait également partie de la

première production de Vettori.

Enfin, nous

n’oublions pas le "Jockey Club" 2005, que Shamardal a remporté devant

Hurricane run, qui portait la casaque du Gestüt Ammerland, propriétaire et

éleveur de Lope de Vega. Une défaite amère dont nous avons eu l’occasion de

parler dans notre précédente édition.

 

 LE PÈRE : SHAMARDAL

•          l’incroyable destin d’un cheval que

rien ne destinait à gagner en France...

 

Invaincu à 2ans

avec comme point d’orgue une victoire dans les Dewhurst Stakes (Gr1), Shamardal

était dans les ratings européens le meilleur 2ans. Il était alors entraîné par

Mark Johnston avant de changer d’entourage, pour rejoindre Godolphin et Saeed

bin Suroor. Envoyé à Dubaï durant l’hiver, il y connaîtra un échec pour sa

seule sortie, terminant neuvième sur douze de l’uae Derby (Gr2). Cela remettra

alors en cause une tentative dans le Kentucky Derby (Gr1), qui avait été

longtemps envisagée pour lui.

Il fut alors envoyé

à Longchamp où, de bout en bout, il cueille la Poule d’Essai des Poulains

(Gr1), sponsorisée cette année par le haras d’un de ses propriétaires, Gainsborough.

Il confirmera ce

succès par deux autres Grs1, le pre mier encore de bout en bout dans le

"Jockey Club" couru pour la première fois sur 2.100m. Une victoire

très commentée à l’époque, certains estimant que le "meilleur" (Hurricane

run, 2e) n’aurait jamais été battu sur

2.400   m... Et André Fabre lui-même attribuant cet

échec à la monte peu inspirée ce jour-là de Christophe Soumillon. Beaucoup

disaient aussi que c’était surtout Lanfranco Dettori qui avait gagné le derby,

pas Sharmardal. Pas idéal en vue d’une carrière au haras...

 

Aujourd’hui, avec

un double gagnant classique dès sa première production, Shamardal prouve qu’il

était vraiment un bon cheval. Après son succès cantilien, il reviendra sur

1.600m pour remporter les St James’s Palace Stakes (Gr1) de Royal Ascot,

délocalisés à York cette année-là. Soit son troisième Gr1 en moins d’un mois.

Après cette course, Shamardal quittera la compétition, riche de quatre Grs1 et

de six victoires en sept sorties.

 

•          Courageux, comme son père

Une constante dans

les succès de Shamardal a été le courage. Qu’on se souvienne de ses lignes

droites de Longchamp et de Chantilly ! Cette grande qualité, il la tient de son

père, Giant’s Causeway, aussi appelé Iron Horse (cheval de fer). Étalon

reconnu, Giant’s Causeway transmet parfois le courage à ses fils, mais aussi

souvent du caractère, voire de l’émotivité.

 Traits de personnalité dont n’est pas exempt

Lope de Vega. Pour produire Shamardal, Helsinki (Machiavellian), qui courait

sous les couleurs Maktoum, a été croisée à un "étalon Coolmore".

C’était le temps où la rivalité coolmoregodolphin n’avait pas poussé les uns à

boycotter les étalons de l’autre, et vice-versa.

Shamardal

appartient à la première génération de Giant’s Causeway, qui a été un vrai

"carton". Outre Shamardal, on y retrouve également maids Causeway et

Footstepsinthesand, autre gagnant classique.

 

•          Le neveu de street Cry

Shamardal est un

fils d’Helsinki, qui était entraînée par André Fabre. Lauréate en débutant

d’une "B" à Deauville, elle a ensuite obtenu son black type en

prenant la troisième place du Prix Mélisande (L). Revue en piste deux fois

ensuite, elle ne fera pas l’arrivée.

Helsinki est très

bien née, puisque sa mère est Helen street (Troy), gagnante des Oaks d’Irlande

(Gr1) en 1985 et du Prix du Calvados (Gr3) en 1984. Elle appartient donc à la

grande génération de pouliches nées en 1982, celle d’oh so sharp, triptych, Al bahatri

et silvermine notamment. Parmi sa production ressort en premier plan street

Cry, propre frère d’Helsinki. Cheval un peu fragile, il a remporté en 2002 le

Dubai World Cup à Nad Al Sheba et est aujourd’hui un étalon recherché chez

Godolphin. Waterway, qui appartenait à la même génération de three troikas, est

la troisième mère de Shamardal. Elle aussi a pris part au Prix du Calvados, y

terminant troisième.

 

•          une sœur de shamardal en France

Outre Street Cry et

Helsinki, Helen Street a aussi donné naissance à Helsinkia (Pennekamp), qui a

été achetée yearling à Deauville en 2001 et a gagné deux courses à 4ans.

Aujourd’hui poulinière, elle appartient à Thierry Grandsir, du Haras du Jao

Glaz.

Croisée trois fois

de suite à Giant’s Causeway, ses deux premiers produits – qui sont donc des

proches parents de Shamardal – ont été vendus yearling à Keeneland en 2007 et

2008 pour 500.000$ chacun.               

 

 

LA MÈRE : LADY

VETTORI

•          Lady Vettori, sous le signe du Calvados

Entraînée par

François Rohaut, Lady Vettori peut être qualifié de précoce. À 2ans, elle a

signé cinq succès de suite, commençant sa moisson le 19 avril 1999 à Toulouse,

dans une "F" sur 1.000m, face à des pouliches qui avaient déjà couru.

Revue ensuite de nouveau dans le Sud-Ouest, à Bordeaux, ce sera une nouvelle

victoire, toujours au niveau "F" et sur 1.000m, en rendant du poids

cette fois. Début juin, son entourage l’amène à Saint-Cloud et une encolure lui

permettra de préserver son invincibilité dans le Prix Dorina ("C" à

l’époque), sur1.200m. Elle y devançait alors Perugina (Highest Honor), future

lauréate du Prix Éclipse (Gr3). Pour son premier essai au niveau black type,

elle s’impose dans le Critérium du Bequet (L), devant deux pouliches anglaises.

Signe qu’en plus d’être précoce, Lady Vettori était aussi une pouliche assez

dure.

Suite à cela, Lady

Vettori continue de monter les échelons et s’attaque au Prix du Calvados (Gr3),

premier Groupe pour pouliches de 2ans sur 1.400m dans le calendrier. C’est une

épreuve qui met en avant les pouliches leaders de leur génération, comme on a

pu le voir encore ces dernières années avec elusive Wave, Proviso et

Confidential Lady. L’édition 1999 du Prix du Calvados n’avait réuni que six

partantes et Lady Vettori, bien qu’invaincue et expérimentée, n’était que la

cinquième favorite. Ce rôle revenait à sand Pigeon (Lammtarra), entraînée par

David Loder, et qui restait sur sa facile victoire en débutant dans le Prix de

Lisieux (F) à Deauville. La deuxième favorite était Cap Coz (Indian Ridge),

lauréate du Prix Roland de Chambure (L), épreuve qu’aurait dû courir Lady

Vettori, mais elle n’y avait pas pris part en raison d’une toux. Attentiste,

Lady Vettori, montée par Thierry Gillet, finira le plus vite pour venir coiffer

Cap Coz dans ce Prix du Calvados, signant ainsi sa cinquième victoire de suite.

Après cette

première victoire de Groupe, Lady Vettori suit le programme et prend part au

Prix Marcel Boussac (Gr1).

 Dans cette édition courue en terrain lourd, où

Lady of Chad (Last Tycoon) sera intouchable, Lady Vettori se montre très

courageuse, prenant la troisième place à la lutte, d’un nez.

Sa saison

s’arrêtera là-dessus, avec cinq victoires, une troisième place et six sorties.

À 3ans, elle ne sera revue qu’une fois en piste, dans le Prix Imprudence (L à

l’époque). Dans une arrivée serrée, une courte tête la sépare de la première

place et l’avenir montrera que c’était un grand Prix Imprudence. En effet,

Peony (Lion Cavern), la gagnante, se classera ensuite deuxième de la Poule

d’Essai des Pouliches (Gr1) remportée par bluemamba (Kingmambo), troisième du

Prix Imprudence.

 

•          Élevage et pedigree

Lady Vettori a été

élevée par son propriétaire, Andrew Crichton, et fait partie de la première

production de Vettori (Machiavellian), lauréat de la Poule d’Essai en 1995 pour

Godolphin et Maktoum al Maktoum. Lors de la conception de Lady Vettori, Vettori

était stationné à Fresnay-le-Buffard et officiait à 40.000 F la saillie. Plus

tard, il sera stationné en Angleterre et fera la monte dans les deux

hémisphères avant de rejoindre le Brésil par la suite, où il produit de

nombreux gagnants, comme nous avons pu le constater en nous rendant sur place

l’an dernier.

Lady Golconda, mère

de Lady Vettori, a été achetée yearling 255.000 F à Deauville et a été élevée

par Horse Breeding Corporation. Issue de la deuxième production de kendor

(encore un gagnant de Poule d’Essai), elle ne sera jamais vue en compétition.

Malgré cela, elle se révélera être une bonne reproductrice, car elle donnera

naissance à cinq gagnants, dont Lady Vettori, son deuxième produit. Ainsi, l’an

dernier, on a pu voir à l’œuvre rosey de megève (Efisio), née en 2006, qui

terminera cinq fois deuxième de Listed. Des autres produits de Lady Golconda

ayant gagné, on peut citer Celtie Rod (Dansili), lauréat le mois dernier sur

1.400m à Longchamp pour sa rentrée, et Dottore Vettori (Vettori), double

gagnant en plat et qui a également passé cinq fois le poteau en tête en

obstacle. En août 2008, une femelle yearling de Lady Golconda, sunday rose, par

red ransom, a été rachetée à Arqana 200.000€. À l’entraînement chez François

Rohaut, elle a couru quatre fois cette année sans s’imposer.

La troisième mère

de Lope de Vega, Lady Sharp, est également issue de la première production d’un

étalon, celle de sharpman, qui était le grand rival de top Ville dans la même

génération d’irish river. Sharpman, mort prématurément, ne put poursuivre la

lignée de sharpen up, aujourd’hui surtout représentée par trempolino,

muhtathir, Halling et selkirk. Élevée par Madame Andrée Lhote et Serge Mastey,

Lady Sharp a gagné une course en France et n’a pu se placer lors de ses deux

tentatives au niveau Listed. Plusieurs black type ont pour mère Lady Sharp,

dont Lady blessington, gagnante de onze courses en France et aux États-Unis,

dont le Prix Minerve (Gr3) et les All Along Stakes (Gr2) ; et Lowell, gagnant

du Prix André Baboin (Gr3), placé de Gr1 aux États-Unis et devenu étalon

ensuite. Lady Sharp a donné naissance à huit vainqueurs et se retrouve comme

aïeule de nombreux black type.                                

 

•          La production de Lady Vettori

Lady Vettori a

donné naissance à sept produits et est retournée à shamardal cette année. Les

cinq qui ont été vus en piste ont tous gagné. On rappellera que c’est Crispin de

Moubray qui a acheté Lady Vettori en décembre 2005 à Arqana, pour 500.000€,

alors qu’elle était pleine de montjeu. Celle-ci désormais appartient au Gestüt

Ammerland. Auparavant, Lady Vettori appartenait à Berend van Dalfsen.

Née en 2002, Flower

bowl (Anabaa) a gagné une petite course à Vic-Fezensac pour sa onzième sortie.

Le deuxième produit de Lady Vettori a été bien meilleur. Il s’agit de Bal de la

Rose (Cadeaux Généreux), lauréate du Prix La Sorellina (L), puis du Prix André

Baboin (Gr3) à 3ans face aux "vieux". Désormais poulinière, Bal de la

Rose a eu une femelle en 2009 par Green Desert.

Les deux produits

suivant de Lady Vettori courent toujours, mais à faible niveau. Leap Ahead

(Desert Prince 2005) a gagné un gros handicap alors qu’il était entraîné par

François Rohaut, avant de s’essayer sans succès au niveau Gr3. Il est désormais

entraîné par Cédric Boutin et évolue en valeur 32,5. Entraîné en début de

carrière par André Fabre, Le roc (Montjeu 2006) a gagné une course D pour sa

deuxième sortie, en cheval très froid. Vendu à la vente de l’"Arc" en

2009, il est maintenant entraîné par Valérie Dissaux et sa valeur handicap est

29. Soit quasiment trente livres de moins que son frère, Lope de Vega, né en

2007.

En 2008, Lady

Vettori a donné naissance à une femelle par Hurricane run, placée chez André

Fabre et elle a un yearling mâle par monsun.

 

•          l’imbreeding 3x3 sur machiavellian

Crispin de Moubray,

à l’origine du croisement de Lope de Vega, nous avait expliqué qu’il avait

choisi Shamardal pour faire un imbreeding 3x3 sur machiavellian. Lope de Vega

n’est pas un cheval très droit et le courtier nous avait expliqué que son père,

Shamardal, était un peu comme cela également.

On notera également

que Lady Vettori n’était pas une pouliche de grande taille, comme Shamardal

d’ailleurs.

Retrouvez le

pedigree de Lope de Vega en cliquant sur ce lien :

http://www.pedigreequery.com/lope+de+vega