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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Dans les annales des courses

Autres informations / 19.06.2010

Dans les annales des courses

OPINION

Par Mayeul CAIRE, Directeur de JDG

DANS LES ANNALES DES COURSES

Nous attendions tous avec impatience les débuts de Christophe

Soumillon dans un Gr1 en obstacle et nous avons été comblés. La Grande Course

de Haies restera dans les annales à plus d’un titre. Devant les yeux de son

papa, ancien jockey d’obstacle, Soumillon a joué un récital inattendu,

pratiquant une course en tête comme il n’en existe pas. « Loin » (comme

l’indique l’écart à l’arrivée) devant les autres, du premier au dernier des

5100 mètres de course.

 

Il y a d’abord eu ce départ étrange. Le nouveau starter, qui

a fait le choix de reprendre le départ dans le Prix des Drags quelques minutes

plus tôt, a-t-il ainsi créé un sentiment de doute chez les jockeys ? Toujours

est-il que lorsqu’il valide le lâcher des élastiques dans la Grande Course de

Haies, seul Christophe Soumillon semble y croire. Son partenaire Mandali lui

fait un peu les bras, prenant plusieurs longueurs d’avance dès les premiers

mètres… alors que les autres jockeys sont « pendus » sur leurs chevaux, comme

s’ils doutaient de la validité du départ. Résultat, Mandali se retrouve très

rapidement seul, très loin devant ses adversaires. La foule est incrédule, en

voyant Mandali aborder avec tant d’avance le tournant d’Auteuil. Que se

dit-elle ? Que Christophe Soumillon ne contrôle pas son cheval ? Impossible,

quand on connaît le talent du pilote.

Au premier passage en face, l’image est saisissante : il y a

deux courses en une. Alors, nous effectuons un premier pointage pour mesurer la

distance entre le fuyard et ses poursuivants. Nouveau choc : non seulement

l’écart grandit, mais de plus, Soumillon est pendu sur les rènes et Mandali est

plus détendu que jamais. Son avance ne cessera de croître jusqu’au poteau. On

voit ici, en vidéo, l’écart entre les deux groupes lors du passage devant les

tribunes :

Http://www.youtube.com/watch?V=sofjdr156qm

 

Un petit veinard a attrapé la cravache que Soumillon a

lancée à 100 mètres du poteau, pour fêter sa victoire. Et Mandali franchit la

ligne d’arrivée sous les applaudissements du public. A l’inverse, lorsque

Questarabad remporte la « course pour la 2e place », il se fait (injustement,

Car c’est un grand champion) siffler par le public.

La même scène se répète au retour aux balances. Pour les

battus du jour, c’est la bronca. Vous en aurez un aperçu en cliquant sur ce

lien vidéo : http://www.youtube.com/watch?V=51f8wzhfjzy

 

Et pour Mandali, c’est le triomphe, comme le montre cette

autre vidéo : http://www.youtube.com/watch?V=xjdto3s1neu

 

Il y aura encore un moment d’anthologie, lorsque Jean

d’Indy, vice-président de France Galop et Président du Conseil de l’Obstacle,

remet leur trophée à Bartabas et à Jean-Paul Gallorini. Le jour du Grand

Steeple, Bartabas avait hurlé sa colère dans le rond… face à un Jean d’Indy

qui, es qualités, était censé incarner toute l’injustice du départ où Remember

Rose était tombé. Et au cours de la semaine qui vient de s’écouler, Jean d’Indy

avait envoyé une lettre à Jean-Paul Gallorini pour critiquer ses attaques

contre les commissaires.

Samedi, une incroyable tension était palpable avant que les «

adversaires d’hier » ne se rejoignent sur le podium. En fait, il n’y eut qu’une

tension de joie, une explosion de bonheur. Ce fut un des podiums les plus

joyeux et les plus festifs de toute l’histoire d’Auteuil. Jean-Paul Gallorini

et Jean d’Indy se sont serré la main. La victoire a provisoirement effacé

déceptions et rancoeurs.